Alors que le projet de loi sur la réforme ferroviaire comportait initialement 8 articles, la version adoptée le 17 avril en première lecture à l'Assemblée Nationale en comporte deux de plus. La filière hydrogène a notamment repéré l'Article 10. Celui-ci stipule que : "Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de cinq mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport évaluant les coûts de mise en œuvre d’un plan national d’investissement visant à diminuer les émissions de carbone du secteur du transport ferroviaire par le remplacement total des locomotives diesel par d’autres motorisations à faible émission d’ici 2040". Difficile de ne pas y voir une allusion au train à hydrogène, porté notamment par Alstom et qui est aussi considéré par d'autres acteurs à travers le monde.
Député (LREM) de la Gironde, Benoit Simian veut que «le Médoc devienne le laboratoire du train à hydrogène». Son ambition est que la ligne Bordeaux-Soulac accueille les premiers trains de ce type. Il a rencontré les dirigeants d’Alstom à ce propos, dans le prolongement du rapport Duron. « Nous nous sommes dit que sur les lignes où l’on demande l’électrification, il était finalement plus judicieux de partir sur cette solution, c’est-à-dire une pile à combustible que l’on installe dans les trains, car c’est beaucoup moins cher. Et surtout c’est répondre à ce défi des petites lignes », affirme M. Simian.
Le Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics (BOAMP) fait état d’appels d’offres lancés par la Centrale d'Achat des Transports Publics (CATP). La centrale a mis en jeun des lots concernant des bus avec pile à combustible de longueurs différentes (10,5 m, 12 m et 18 m). D'une durée de 24 mois, et reconductible, les contrats s'inscrivent dans un projet/programme financé par des fonds de l'Union européenne. L'avis concerne aussi des bus micro-hybrides et au gaz fonctionnant de concert avec une technologie d'hybridation légère.
Pour accompagner son développement, Symbio recrutera en 2018 une dizaine de personnes sur Grenoble, aux profils ingénieur, technicien, technicien de maintenance, a fait savoir la PME. La société s’apprête également à déménager son usine. Installée depuis 2015 sur 900 m² sur la commune de Fontaine, Symbio cherche des locaux plus grands, entre 1500 m² et 2000 m², dans les environs. Les perspectives sont encourageantes, avec le projet Zero Emission Valley, porté par la Région Auvergne-Rhône-Alpes et prévoyant le déploiement de 1 000 véhicules utilitaires et 20 stations de recharge, et EasHyMob avec 250 véhicules et 15 stations à hydrogène en Normandie. La société, qui a travaillé aussi sur le bateau Navibus H2 à Nantes et le bolide H2 Speed de Pininfarina, annonce avant la fin de l’année une benne à ordures ménagères à hydrogène.
Réalisé par le député Damien Pichereau suite à une mission confiée par le Premier ministre début janvier, le rapport « Mission VUL » identifie plusieurs leviers pour accélérer le développement des filières alternatives dans les utilitaires. Il entend jouer notamment sur le suramortissement pour les véhicules propres. Par une déduction fiscale de 40 %, il serait ainsi possible de compenser le surcoût à l’achat lié aux énergies alternatives, et qui atteint justement entre 30 et 50 %. Déjà active pour les camions roulant au gaz naturel et dont le PTAC est supérieur ou égal à 3.5 tonnes, la mesure pourrait être étendue aux VUL propres. Le rapport cite trois énergies : le GNV, l’électrique et l’hydrogène. « En l’absence de mesures incitatives suffisantes, le renouvellement du parc de VUL n’amorce pas une conversion significative vers une motorisation électrique ou à l’utilisation de carburants alternatifs » alerte Damien Pichereau. Le député plaide aussi pour l’adoption par la France de la Directive européenne AFI pour le déploiement de solutions d’avitaillement pour les carburants alternatifs.
Deux députés (LREM) de la Touraine, Philippe Chalumeau et Daniel Labaronne, souhaitent faire aboutir localement cette forme d'énergie. L'objectif est de constituer ainsi un pôle d'excellence. Il faut dire qu'en Indre-et-Loire, l’hydrogène n’est pas un sujet totalement inconnu. C'est l'un des thèmes de recherche du site du CEA du Ripault à Monts (37), qui travaille notamment sur le stockage à bord d'un réservoir, l’assemblage des membranes électrodes et les plaques bipolaires. Le dossier le plus avancé se situe à Sorigny (voir l’édito), où la communauté de communes Touraine Vallée de l’Indre prévoit d’aménager d’ici quelques mois sur la zone Isoparc (où se situe son siège) une station de distribution d’hydrogène dans le cadre d’un projet plus vaste de centre routier, en connexion avec l’autoroute A 10. Un autre projet est suivi de près par le ministère de la Transition écologique : celui d’un éco-quartier à énergie partagée, à une dizaine de km de Tours. Produit à partir de panneaux solaires installés sur les toits des maisons, l’hydrogène pourrait alimenter les logements d'un lotissement en électricité. Cette énergie renouvelable pourrait être utilisée pour le chauffage, sachant qu'une partie de l'hydrogène vert pourrait aussi servir pour les véhicules des habitants (voitures et vélos). Reste à valider le dossier de faisabilité et boucler le financement dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP).
Les 15 et 16 mai, la France va accueillir pour la première fois la convention PHASE (Pressurized Hydrogen And Storage Equipment). Cet événement est organisé par le CEA (site du Ripault) et Plastic Omnium, avec le concours de la région Centre-Val de Loire, au lycée Descartes de Tours. Pendant deux jours, des experts de France (Air Liquide, CEA, CETIM, Ecole des Mines de Paris, INSA, MF Tech, Plastic Omnium, Raigi) et venant de plusieurs pays (Allemagne, Espagne, Etats-Unis, Pologne, Suisse) vont échanger sur la sécurité des réservoirs.
Toujours sur le même site, et en prolongement de la convention PHASE, le colloque « Hydrogène au Centre » va permettre à la région Centre-Val de Loire d’afficher ses ambitions dans ce domaine. Celle-ci souhaite passer « de l’écosystème de projets à la structuration d’une filière hydrogène régionale ». L’événement est organisé en partenariat avec le pôle S2E2, le CEA et l’AFHYPAC. La journée sera l’occasion de parler de projets fédérateurs, dont METHYCENTRE (projet de Power-to-Gas à Céré-la-Ronde (37), porté par Storengy), HYSOPARC (station d’hydrogène à Sorigny (37) avec Touraine Vallée de l’Indre) et HYBER (valorisation des énergies renouvelables par les solutions et applications hydrogène à Châteauroux (36), avec une partie destinée à la mobilité, l’autre au Power-to-Gas).
La PME française a signé un contrat tripartite avec la CNR (Compagnie Nationale du Rhône) et ENGIE GNVERT pour l'installation sur le port Edouard Herriot à Lyon d'une station à hydrogène. La seconde pour McPhy dans la capitale des Gaules et la 10ème en France. La particularité vient du fait qu'elle sera connectée à un électrolyseur produisant de l'hydrogène vert sur site, à la demande. La CNR fournira l'électricité d'origine renouvelable et exploitera l'électrolyseur, tandis. GNVERT exploitera la station de recharge et distribuera l'hydrogène vert aux véhicules. Pour Pascal Mauberger, PDG de McPhy, "ce nouveau succès montre la pertinence de nos technologies à répondre aux besoins croissants de nos clients et aux enjeux de la transition vers une énergie décarbonée". S'inscrivant dans le cadre du projet européen H2ME 2, financé par le programme européen « Joint Undertaking on Fuel Cell and Hydrogen » (FCH JU), cette station offrira en effet une capacité 4 fois supérieure à celle déjà déployée sur le Port de Lyon en 2016. Elle permettra à la CNR et ENGIE GNVERT de délivrer 80 kg d'hydrogène propre par jour, soit un potentiel journalier de 8 000 km de mobilité zéro émission.
La start-up d'Aix-en-Provence a réalisé un tour de table de 2 millions d'euros. Une belle opération à laquelle ont participé le fonds interrégional R2V, l'accélérateur InnoEnergy, Cap Création, Paca Investissement et bpifrance, et qui laisse les cofondateurs majoritaires au capital. Cet apport va permettre à HySiLabs de lever les derniers verrous techniques pour finaliser sa solution de transport d'hydrogène sous forme liquide. Sa technologie « Power to Liquid » repose sur de l’hydrure de silicium, que l’on obtient en associant de la silice et de l’eau. Grâce à un catalyseur, la start-up arrive à libérer à la demande en moins de 10 secondes de l'hydrogène à partir de ce liquide, à pression atmosphérique et à température ambiantes. Le procédé rend ainsi réactive la silice, qui devient porteuse d’atomes hydrogène, ce qui n’est pas le cas à l’état naturel. Il devient ainsi possible de générer à la demande de l’hydrogène sur tous types de site, de type industriel ou une station-service. Hysilabs envisage de déployer sa solution, sous forme de licences et de royalties, auprès des grands acteurs de la transition énergétique.
Ce n'est pas vraiment un scoop, puisque la rumeur court depuis déjà un certain temps. Mais dans une récente interview accordée au site Motorsport, le patron de la compétition chez BMW, Jens Marquardt, a déclaré qu'il n'était pas fermé à l'idée de faire courir une voiture à hydrogène aux 24 h du Mans. Il précise que c'est théoriquement possible à la suite d'une étude menée en interne. Le constructeur allemand en a parlé aux instances du WEC (le championnat du monde d'endurance) et de l'ACO (Automobile Club de l'Ouest, organisateur des 24 h). Pour autant, si la marque devait concrétiser ce projet, ce serait sous la forme d'un prototype engagé hors classement, dans le garage 56 qui est réservé aux véhicules innovants. Et quand ? Sans doute pas avant 2021. C'est à cette date que la marque de Munich prévoit de produire un premier véhicule à pile à combustible en petite série. Le responsable de la compétition avance dans cet entretien que l'engagement en piste doit aussi refléter ce que l'on peut voir sur les routes. Ce que révèle BMW, dans cette interview, est que les contraintes qui pourraient freiner l'utilisation d'une voiture de course à hydrogène seront levées d'ici 2024. C'est justement la date que vise l'ACO pour ouvrir la catégorie LMP1 des prototypes aux énergies alternatives, dont l'hydrogène.
Au sein du village Formule E, qui est accessible sans billet pour le e-Prix de Paris, les visiteurs ont pu découvrir le vélo à hydrogène de Pragma Industries. La start-up basque a été invitée à exposer. Son vélo à assistance électrique et équipé d'une pile à combustible partageait un espace commun où l'on pouvait voir aussi un Vélib' de nouvelle génération et un drôle de vélo alimenté par des cellules photovoltaïques installées au-dessus d'une pergola. C'était l'occasion pour Pragma de faire connaître son vélo et de montrer aussi qu'il existe aussi des alternatives à la seule batterie.
Enfin ! Présenté l'été dernier, à l'occasion des journées de l'hydrogène dans les territoires, le Navibus H2 a été mis en service hier à Nantes par la SEMITAN (société d'économie mixte qui opère le réseau de transports en commun pour Nantes Métropole). Il s'agit d'une navette fluviale, qui assure la traversée de l'Erdre en mode zéro émission. Elle tire son énergie de deux piles à combustible (2 x 5 kW) fournies par Symbio et qui sont alimentées par deux réservoirs de 205 litres stockant de l'hydrogène sous forme gazeuse à 350 bars. Les piles convertissent cet hydrogène en courant électrique qui vient ensuite faire tourner les moteurs électriques du navire. Des batteries sont aussi intégrées pour faire face aux appels de puissance. D'une longueur de 10,40 m, pour une largeur de 3,80 m et un tirant d'eau de 0,53 m, le Navibus H2 pourra transporter 25 personnes et 10 vélos. Il sera mis en exploitation sur l'Erdre, sur une période de 18 à 24 mois. Une station de remplissage sera mise en place à Port-Boyer. La ville de La Rochelle dispose également d'un bateau-passeur à l'hydrogène.
Par deux fois en 2017, lors du salon salon Vivatech à Paris et lors de la COP23 à Bonn (Allemagne), le Président de la République avait eu l'occasion de manifester son intérêt pour le projet. Il a donc décidé d'accorder son haut patronage à l’expédition, saluant au passage l’initiative et rappelant "le nécessaire effort de chacun dans la lutte contre le changement climatique". Ce patronage a été annoncé lors d'une réunion qui s'est déroulée le 24 avril au Ministère de la transition écologique et solidaire. Il s'agissait du premier comité de pilotage de haut niveau des objectifs du développement durable, organisé par les secrétaires d’État Brune Poirson et Jean-Baptiste Lemoyne, et la déléguée interministérielle Laurence Monnoyer-Smith. Victorien Erussard, fondateur et capitaine d’Energy Observer, y était invité en tant que premier ambassadeur des objectifs du développement durable pour la France. Il a rappelé la mission de cette expédition à bord du premier navire électrique propulsé aux énergies renouvelables et à l’hydrogène : détecter et rencontrer des solutions concrètes de mise en œuvre des 17 ODD, et porter le message de la France en faveur du développement durable à travers le monde. La mission sera menée en partenariat avec le Ministère de la Transition écologique et solidaire, grâce à la réalisation de contenus pédagogiques, pour devenir une vitrine des innovations en matière de transition écologique.
Non, vous ne rêvez pas : l'ADEME propose sur sa chaîne YouTube une vidéo de décryptage de l'hydrogène animée par le collectif Le Tatou. Celui-ci réunit plusieurs Youtubers, dont Hugo des Questions Cons, Jonathan de Maintenant Tu Le Sais, Ludovic de Philm et Franck de la chaîne Salut Franck. La vidéo, d'une durée de 3 mn 30, ressemble à une série de sketchs. Pourtant, elle est destinée à faire passer des infos utiles. Et au passage, à évacuer de façon humoristique les points négatifs comme le nom qui fait peur et le fait que l'hydrogène est aussi extrait du pétrole et du gaz. Mais la vidéo parle aussi du renouvelable et arrive à faire comprendre que le futur c'est la mixité énergétique. Le bateau Energy Observer est d'ailleurs cité et présenté dans cette vidéo, à travers une interview de Victorien Erussard.
Lien : https://www.youtube.com/watch?v=9Rz-6A1e2wA
Pour la première fois, des chercheurs du CNRS, du CEA et de l'Université Grenoble Alpes ont réussi à reproduire la photosynthèse des plantes pour convertir, grâce à la lumière, des molécules en hydrogène. Et ce, sans recourir à des composés à base de métaux coûteux (ruthénium, iridium) et toxiques (cadmium). En alternative, ils proposent d’utiliser des nanocristaux semi-conducteurs (ou "quantum dots"), à base de cuivre, d'indium et de soufre. Protégés d'une coquille de zinc et de soufre, ils peuvent interagir avec un catalyseur moléculaire à base de cobalt. Les performances de ce système sont bien supérieures à celles obtenues avec un photosensibilisateur à base de ruthénium, grâce à la très grande stabilité de ses matériaux inorganiques, qui peuvent être recyclés plusieurs fois sans perte notable d'activité. De tels systèmes pourraient notamment servir pour la production d'hydrogène issue de l'énergie solaire. Ces travaux, développés au travers d’un projet collaboratif, financé par le réseau des laboratoires d’excellence Labex Arcane de Grenoble, ont été publiés dans la revue Energy & Environmental Science.
© Damien Jouvenot, Département de chimie moléculaire (CNRS/Université Grenoble Alpes).
