Annoncée par le commissaire européen Thierry Breton, cette Alliance devrait voir le jour en fin d’année. Elle rassemblera l’ensemble des acteurs du futur écosystème de l’avion zéro émission.
Elle aura pour nom « Clean Aviation ». L’objectif est d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050 et la réduction de 45 % des émissions de CO2 de tous les vols domestiques et au départ de l’UE d’ici à 2030. Cette initiative, qui vise à réunir les acteurs du secteur aérien, a été annoncée par Thierry Breton lors du Paris Air Forum organisé par la Tribune. « L'Alliance rassemblera l'ensemble des acteurs du futur écosystème de l'avion propre pour identifier très en amont toutes barrières, émettre des recommandations sur la manière de les surmonter et promouvoir les investissements nécessaires », a-t-il précisé. « La Commission soutiendra ces efforts à travers le programme Horizon Europe, les Etats membres également, comme les entreprises. C’est un partenariat public-privé " a ajouté Thierry Breton. Si des acteurs comme Airbus et Boeing prévoient de tester des carburants alternatifs, l’hydrogène fait partie des options. Thierry Breton appelle de ses vœux des technologies en rupture et a fait référence au plan de relance français de l’aéronautique qui se fixe pour ambition d’arriver à un avion décarboné. On sait qu’Airbus travaille sur le sujet et que le même avionneur est impliqué dans une coopération avec Air Liquide et le Groupe ADP pour préparer l’arrivée de l’hydrogène dans les aéroports en 2035. Toutefois, ce virage n’est pas du goût de tout le monde. Michel Wachenheim, ancien directeur de l'aviation civile française, et ex-ambassadeur de la France à l'OACI (l'organisation internationale de l'aviation civile), recommande dans une interview à La Tribune, "de réexaminer la pertinence de l’effort à faire sur l’hydrogène embarqué pour l’aviation". Celui qui est aujourd'hui président de la prestigieuse Académie de l'Air et de l'Espace explique que « ce type de propulsion ne pourra être envisagé à court et moyen terme que sur des avions à rayon d'action de 500 à 1000 km pour l'hydrogène gazeux, et environ jusqu'à 2000 km pour l'hydrogène liquide ». Il considère cependant que des carburants synthétiques pourraient être produits à partir d'hydrogène provenant de l'électrolyse de l'eau et de gaz carbonique prélevé dans l'air. « Il ne s'agit pas de nier la faisabilité de la solution hydrogène, mais plutôt d'engager les décideurs publics ou privés à une gestion des priorités qui soit plus universelle et orientée vers l'urgence des décisions à prendre » déclare encore M. Wachenheim. Quoi qu’il en soit, l’hydrogène ne pourra pas tout régler à lui seul. D’ailleurs, Thierry Breton le dit lui-même. « L'entreprise commune « Clean Aviation » devrait permettre la démonstration de différentes solutions », annonce-t-il, avant d'affirmer que l'institution proposera des mesures coordonnées pour décarboner l'avion : « mesures économiques, amélioration de la gestion du trafic aérien et renforcement des développements technologiques ».
