Après Paris... Madrid ! La principale fédération professionnelle de taxis de Madrid, la FPTM, souhaite convertir au moins 1 000 véhicules à la pile à combustible dans la capitale espagnole d'ici 2026. Avec l'aide de partenaires, elle appelle à un investissement de 100 millions d'euros pour financer l'acquisition de véhicules et la construction de stations à hydrogène. L'idée est de proposer du "taxi as a service", sur le modèle de ce que fait Hysetco à Paris avec Hype. Et cela ne surprendra personne : c'est sur Toyota que le choix s'est porté. C'est la Mirai qui viendra purifier l'air de Madrid à partir de 2022. En dehors de Toyota Espagne, la FPTM a décidé de s'allier avec Madrileña Red de Gas (opérateur de gaz naturel), Fotowatio Renewable Ventures (FRV), le Groupe Ruiz (transport de passagers) et la firme de consulting PwC. C'est Madrileña Red de Gas et FRV qui se chargeront de déployer les stations et de les alimenter en hydrogène renouvelable. Il est question d'un électrolyseur de 10 MW, dont le courant électrique serait fourni par une ferme solaire de 20 MW, ces équipements étant financés par la communauté urbaine de Madrid.
A travers sa filiale KINTO, dédiée aux services de mobilité, Toyota a lancé en Suède une flotte de Mirai en autopartage. Elle va s’ajouter à un parc de près de 1 000 véhicules en libre-service. Les voitures à hydrogène sont disponibles dans une nouvelle station de mobilité KINTO située au KTH Royal Institute of Technology à Stockholm. Comme tous les autres modèles du service, les Mirai peuvent être réservées via l'application KINTO-mobile.
Land Rover confirme donc l'arrivée d'un prototype sur les routes anglaises avant la fin de l'année. C'est la concrétisation du projet ZEUS mené par le constructeur. En partie financé par l’organisme gouvernemental Advanced Propulsion Centre, il bénéficie de partenaires tels que Delta Motorsport, AVL, Marelli Automotive Systems ainsi que le UK Battery Industrialisation Centre (UKBIC). Les tests permettront de vérifier des qualités clés comme les capacités hors-piste et la consommation d’énergie. "Nous savons que l’hydrogène a un rôle à jouer dans la future gamme de motorisations dans l’ensemble de l’industrie du transport, et aux côtés des véhicules électriques à batteries", commente Ralphe Clague, l'expert du domaine chez le constructeur d'origine britannique. "Il propose une autre solution “zéro émission à l’échappement” adaptée aux capacités et aux besoins de la gamme de classe mondiale des véhicules Jaguar Land Rover. Le travail réalisé au côté de nos partenaires sur le « Project Zeus » va nous aider dans notre transformation progressive qui vise à nous permettre de devenir une compagnie zéro émission en 2039". L'annonce confirme que l'hydrogène a sa place, en complément de la batterie, au sein du groupe Jaguar Land Rover qui a récemment dévoilé sa stratégie d'électrification sous le nom Reimagine.
Dans un article, les Echos annoncent que la marque japonaise va arrêter de produire la Clarity, son seul modèle à hydrogène dont il n'a écoulé que 2 000 exemplaires en 5 ans. Pour le moment, cette infirmation n'a pas été officialisée sur le site média du constructeur. Le quotidien économique titre "Honda remise sa berline hydrogène pour laisser place aux voitures électriques" et écrit que le constructeur "ne renonce pas totalement à la filière pile à combustible" (en citant un analyste). On ne voit pas d'ailleurs pourquoi il y renoncerait. Lors d'une conférence de presse tenue le 23 avril dernier, le Président Toshihiro Mibe faisait clairement référence à l'hydrogène. Il disait vouloir voir sa compagnie jouer un "rôle proactif". Comme d'autres, le constructeur japonais entend jouer la carte de plusieurs énergies, dont celle des carburants neutres en carbone et utilisant justement l'hydrogène. Pour enfoncer le clou, rappelons que Honda vise 100 % de véhicules zéro émission à l'horizon 2040 (avec des seuils à 40 % en 2030 et 80 % en 2035). Et pour atteindre cet objectif, la marque compte à la fois sur l'électrique à batterie et la pile à combustible. C'est précisé clairement dans la feuille de route. On peut simplement souligner que la marque n'a pas rencontré le même succès que Toyota. Cela a été vrai dans l'hybride (l'Insight est sortie peu de temps après la Prius mais n'a pas eu le même impact) et aussi dans l'hydrogène. Pour ceux qui l'ignoreraient, Honda a une coentreprise avec General Motors dans la pile à combustible. Et indépendamment de cette JV, la marque entend appliquer son savoir-faire en matière d'hydrogène dans le poids-lourd et pour des applications stationnaires.
Après la branche camions, c'est au tour de Volvo Cars de vouloir utiliser l'hydrogène pour verdir la production d'acier et réduire l'empreinte carbone de ses voitures. La marque d'origine suédoise affirme être "le premier constructeur automobile" à explorer avec SSAB - un producteur d’acier suédois - la solution de l’acier produit sans énergie fossile. Son partenaire travaille effectivement sur l’initiative HYBRIT, qui associe également le producteur de minerai de fer LKAB et par la société d’énergie Vattenfall. L'ambition est de remplacer le charbon à coke entrant traditionnellement dans la fabrication de l’acier à base de minerai de fer par de l’électricité et de l’hydrogène décarbonés sur un site-pilote à Luleå en Suède. Dans le cadre de la collaboration, Volvo Cars utilisera cet acier fabriqué à partir de fer réduit à l’hydrogène. Il servira à des fins d’essai et pourra être utilisé dans un concept car. Le constructeur souhaite ensuite l'appliquer pour ses véhicules de production. L'échéance est fixée en 2026, quand SSAB sera en mesure d’approvisionner le marché en acier sans fossile à une échelle commerciale. Volvo Cars n'est toutefois pas le seul. Si l'on met de côté la branche camions qui testera de premiers prototypes en 2022 (également avec SSAB), Mercedes-Benz affiche la même ambition. Le constructeur allemand a décidé d'investir dans la start-up suédoise H2 Green Steel. Il annonce vouloir intégrer de l'acier vert à partir de 2025. Cela lui permettra de concrétiser son ambition d'être neutre sur un plan carbone d'ici 2039.
La filiale de Faurecia et de Michelin intégre le projet européen SH2E (Sustainability Assessment of Harmonised Hydrogen Energy Systems) qui vise la mise en place d'une filière hydrogène toujours plus durable. Il rejoint d'autres partenaires comme GreenDelta, (Allemagne), le CEA (France), Aragon Hydrogen Foundation (Espagne) et l’Institut de l’Energie Appliquée (Japon). Le projet vise à définir une méthodologie permettant à l’ensemble des acteurs – des producteurs d’hydrogène, aux fabricants de piles à combustible et aux constructeurs automobiles – d’évaluer de façon holistique l’impact environnemental et sociétal des systèmes hydrogène. Cet impact est mesuré à chaque étape, avec notamment une prise en compte des coûts associés (comme celui du recyclage). Le projet SH2E vise également à développer un logiciel en open source qui permettra la mise en œuvre de ces méthodologies. "Participer à ce projet a été pour nous une évidence", explique Philippe Rosier, CEO de Symbio. Et de préciser : "non seulement parce que nous concevons le caractère durable de nos produits comme un facteur clef de compétitivité à long terme, mais aussi parce qu’en tant qu’acteur majeur de la filière hydrogène soutenue par l’Europe, nous nous devons de contribuer à l’atteinte des objectifs européens en matière de durabilité". Ce projet européen est financé par le Fuel Cells and Hydrogen Joint Undertaking (FCH JU) et est coordonné par l’institut de recherche espagnol IMDEA Energy.
L'équipementier français annonce un nouveau contrat dans l'hydrogène. Il a été sélectionné par EFA-S (Elektro-Fahrzeuge Stuttgart GmbH), une société allemande qui convertit des véhicules à l'électrique, dont des VUL du constructeur russe GAZ et qu'elle propose sous le nom GAZelle. Comme l'explique Ewald Wahlmueller, directeur général de Plastic Omnium en Autriche, "il n'est pas possible d'atteindre 500 km d'autonomie sur des gros véhicules sans passer par l'hydrogène". Plastic Omnium va fournir des packs de piles à combustible. Ils seront produits par Ekpo Fuel Cell Technologies, la joint-venture constituée avec ElringKlinger. L'équipementier assure également l'intégration de l'électronique de puissance, l'alimentation en air, le refroidissement et la gestion de l'ensemble. L’ambition de l’EFA-S est de mettre en place une flotte de plus de 100 VUL de type GAZelle à hydrogène d’ici 2023 et dans un premier temps, les véhicules seront utilisés par la ville d’Esslingen, en Allemagne, pour l’entretien des routes.
L'annonce vient de chez Bosch. Le groupe allemand affirme avoir conclu un accord de long terme avec la joint-venture de Daimler et Volvo. Il va leur fournir des compresseurs à air électriques : un composant de pointe qu'il va associer avec l'électronique de puissance. Prévu dans des gammes de 20 à 30 kW, ce produit va entrer dans la composition des piles à combustible qui se destinent au transport routier mais aussi à des applications stationnaires. La production en grande série est planifiée pour le milieu de la décennie. Le compresseur de Bosch tourne à 100 000 tours/mn. La difficulté va être de fabriquer à large échelle ce produit, sachant que la complexité est comparable à celle d'une injection directe pour les moteurs Diesel. Pas moins de 15 équipes venant de tous les secteurs de Bosch ont collaboré pour développer ce produit. L'équipementier allemand est convaincu par l'hydrogène. Il a d'ailleurs décidé d'investir 1 milliard d'euros sur la période 2021/2024.
Alors que les fabricants de camions ne proposeront des véhicules qu'en 2023 dans le meilleur des cas (CNH/Iveco avec Nikola), voire 2025 et au-delà (Daimler et Volvo), exception faite de Hyundai (qui commence à livrer en Europe) et de Toyota (qui vise plutôt pour l'instant les USA et le Japon), Hyzon Motors profite du vide actuel pour placer ses produits. La dernière annonce en date concerne l'Autriche, où 70 camions H2 seront livrés à l'enseigne d'épicerie MPREIS (via sa filiale JuVe Automotion). Cet acteur est engagé dans l'hydrogène et construit ses propres stations. Les deux sociétés vont d'ailleurs étudier l'hypothèse d'une collaboration dans le cadre du projet H2Alpin. Un peu plus tôt, Hyzon avait déjà annoncé la commande de 20 camions de 50 tonnes aux Pays-Bas pour les transporteurs Jan Bakker et Millenaar & van Schaik. Ils seront assemblés dans son usine européenne et livrés à partir du dernier trimestre. Par ailleurs, la start-up a décidé de rejoindre une initiative lancée par la ville d'Utrecht et baptisée Covenant. Elle consiste à déployer 1 800 véhicules et 10 stations de remplissage à l'horizon 2025. Elle a aussi des liens avec la ville de Groningue, pour laquelle 15 véhicules vont être livrés (10 camions dont des bennes à ordures et 5 vans). C'est une reconnaissance, car elle est considérée comme la cité de l'énergie aux Pays-Bas. Et en Angleterre, un camion à hydrogène autonome va prendre la route dès cette année, dans le cadre d'un partenariat avec la société Airdrivers. C'est l'Europe entière qui est le terrain de jeu de Hyzon Motors. La société a d'ailleurs annoncé son intention d'être la première à offrir une parité avec le Diesel en matière de TCO (coût total de possession) sur le continent, grâce à ses offres de leasing pour des bus et des camions à l'hydrogène. Et elle fait partie de la coalition d'industriels qui a pour ambition de déployer 100 000 camions H2 en Europe d'ici 2030.
La SEC (Securities and Exchange Commission), le gendarme de la bourse américaine, a donné son feu vert. Elle a envoyé à Decarbonization Plus Acquisition Corporation (DCRB), une firme financière, la procuration qui permet d'informer les actionnaires en vue du projet de fusion avec Hyzon Motors. Ils se prononceront le 15 juillet lors d'une réunion qui sera organisée en mode virtuel. L'objectif est d'approuver ce rapprochement et de côter rapidement la nouvelle entité issue de la fusion sur le NASDAQ. Les dirigeants de DCRB pensent que la fusion va dans l'intérêt des actionnaires et appellent à voter oui. La firme soutient les projets de décarbonation dans plusieurs secteurs industriels (agriculture, transport, industrie, bâtiment...). Pour sa part, Hyzon Motors, qui a son siège dans l'Etat de New-York et des antennes en Europe, à Singapour, En Chine et en Australie, veut développer dans le monde entier sa technologie de pile à combustible dans la mobilité lourde. Nikola avait également utilisé une firme financière spécialisée dans les fusions - VectoIQ Acquisition Corp - pour entrer en bourse.
La direction de Great Wall Motor est persuadée que l’hydrogène est parfaitement taillé pour les usages de transport des véhicules lourds (VU, PL) et elle annonce la production de 100 camions à hydrogène dès 2021. « Ce sera difficile pour les solutions électriques à batteries de relever les défis proposés par les véhicules lourds et l’hydrogène a toutes les chances de s’imposer dans ce périmètre », lance un porte-parole du groupe. En plus de ses premiers investissements déjà significatifs, Great Wall Motor vient donc de débloquer une nouvelle enveloppe budgétaire de plus de 390 millions d’euros pour accélérer ses programmes dédiés à l’hydrogène. Avec l’ambition non dissimulée de faire partie des trois leaders mondiaux du secteur.
En Bavière, dans le sud-est de l’Allemagne, le constructeur coréen a remis les clés d’un premier modèle d’essai Elec City Fuel Cell de son bus à deux opérateurs de transport munichois qui pourront l’expérimenter en conditions réelles d’exploitation. Outre-Rhin, Hyundai prévoit d’organiser des démonstrations avec quatre autres opérateurs de bus cette année, l’idée étant de faire découvrir la technologie et ses avantages mais aussi de recueillir les avis des conducteurs et des passagers. Equipé de deux piles à combustible totalisant 180 kW de puissance et équipé de cinq réservoirs d’hydrogène, ce bus H2 revendique jusqu’à 500 kilomètres d’autonomie avec un plein.
A Groningue (Pays-Bas) Qbuzz, opérateur néerlandais de transport, vient d’inaugurer une station-service hydrogène construte par Shell dans son dépôt. De plus, 20 bus construits par Van Hool commandés en 2019 ont été livrés le jour de l'inauguration. La nouvelle station-service hydrogène est l'une des plus grandes d'Europe et fait partie d'un développement plus vaste, la réalisation d'un nouvel écosystème hydrogène dans le nord des Pays-Bas. La station-service a été construite par Shell, qui fournit également l'hydrogène vert qui peut y être rechargé. L'hydrogène est livré par remorque. Le lieu est aussi symbolique, puisque le gouvernement néerlandais avait déjà annoncé la fin des extractions de gaz à Groningue, où se trouve le plus grand gisement de gaz naturel de l'Union européenne, avec un arrêt total prévu désormais en 2022.
Le plus grand électrolyseur d'hydrogène vert PEM d'Europe a commencé à fonctionner dans l’usine Shell de Rheinland (Allemagne). D’une capacité de 10 MW à son démarrage, il devrait produire à terme 100 MW. Bénéficiant d'un financement de la Commission européenne, par le biais de « l'entreprise commune Piles à combustible et Hydrogène » (EC PCH), le pétrolier est le premier à utiliser cette technologie à une si grande échelle dans une raffinerie. Ce nouvel équipement inscrit définitivement le pétrolier dans son nouveau positionnement qui doit se traduire par la réduction de production de 55 % de carburants traditionnels d’ici 2030.
L'avionneur européen poursuit ses efforts dans le domaine de l'avion à hydrogène. Il a décidé de créer deux Centres de Développement Zéro-Emission (ZEDC) qui travailleront sur les réservoirs. Un sera installé à Brême (Allemagne) et l'autre à Nantes (France). L'objectif des ZEDC est de fabriquer des réservoirs cryogéniques à des coûts compétitifs afin de réussir le lancement de l’avion ZEROe sur le marché. C'est en effet un composant essentiel, dont la conception et l'intégration sont cruciales pour les performances d'un futur avion à hydrogène. Les développements technologiques couvriront l'ensemble du produit et des équipements industriels, des pièces élémentaires à l'assemblage, en passant par l'intégration des systèmes et les essais cryogéniques sur les réservoirs d'hydrogène liquide (LH2). Les deux ZEDC seront pleinement opérationnels d'ici 2023 pour construire ses réservoirs LH2, le premier essai en vol étant prévu pour 2025. Airbus a choisi le site de Brême en raison de sa configuration diversifiée et de ses décennies d'expérience en matière d'hydrogène liquide au sein du département Defence and Space et d'ArianeGroup. Le ZEDC se concentrera dans un premier temps sur l'installation système ainsi que sur l'ensemble des tests cryogéniques des réservoirs. En outre, le centre bénéficiera de l'écosystème plus large de la recherche sur l'hydrogène, tel que le Centre pour les Matériaux et les Technologies Éco-efficaces (ECOMAT), et d'autres synergies provenant des activités spatiales et aérospatiales. Quant au site d’Airbus à Nantes, il a été sélectionné en raison de ses compétences approfondies en matière d’intégration de structures métalliques liées au caisson central de voilure, ce dernier servant parfois de réservoir central, critique pour la sécurité des avions commerciaux. Ce site apportera sa maîtrise dans un large éventail de technologies métalliques et composites et d’intégration. Son expérience en co-design sur les entrées d'air de nacelles, les radômes et les ensembles structuraux complexes du fuselage central est un réel atout. Le ZEDC bénéficiera par ailleurs des compétences et des infrastructures du Technocentre de Nantes, soutenu par un écosystème local innovant tel que l'IRT Jules Verne. A travers ces implantations, Airbus s'associe aux ambitions des régions d'Allemagne du Nord et des Pays de Loire, tout en encourageant la collaboration industrielle avec les filières associées dans ces régions.
Après le camion et le train, l'avion était la suite logique pour le géant américain qui vient de nouer un partenariat avec l'allemand Liebherr-Aerospace. Les deux compagnies vont travailler ensemble sur un démonstrateur utilisant la technologie de pile à combustible Hydrotec (du nom de la coentreprise entre GM et Honda). Et l'intégration se fera en France à Toulouse, dans un laboratoire de Liebherr-Aerospace. "Notre technologie couvre un large éventail de besoins, sur terre, comme sur mer et dans les airs, et cette collaboration pourrait ouvrir de nouvelles opportunités pour assurer la transition énergétique dans l'aviation", affirme Charlie Freese, Directeur Exécutif chez GM. "Passer des moteurs conventionnels à une propulsion hydrogène implique des modifications majeures à bord d'un avion, mais avec pour résultat une plus grande efficience", commente Francis Carla, le responsable technique de Liebherr-Aerospace & Transportation SAS. Et il souligne la fiabilité de la technologie Hydrotec, éprouvée dans l'automobile et dans le domaine militaire.
Appliquer au secteur de l'hydrogène les recettes qui ont permis d'imposer le protocole CCS (Combined Charging System, ou Combo) dans la recharge électrique : tel est le pari de l'association HeavHy. Elle ne veut pas "réinventer la roue", mais transférer des méthodes qui ont fonctionné comme le standard ISO 15118 dans l'automobile. Cette norme internationale définit une interface de communication entre le véhicule et le réseau pour la charge bidirectionnelle. Le mode de recharge CCS, né en Europe, est aujourd'hui porté à l'international par une association qui s'appelle CharIN et qui compte 200 membres. Elle a été fondée en 2015 par Audi, BMW, Daimler, Mennekes, Opel, Phoenix Contact, Porsche, TÜV SÜD and Volkswagen. L'idée est donc de créer un standard utilisable par le plus grand nombre d'acteurs, et tous secteurs de la mobilité confondus. L'initiative est pilotée par la société Innos, basée à Berlin en Allemagne spécialisée dans le conseil de l'innovation et qui a justement CharIN comme client. Sans révéler de noms, le site affirme que HeavHy regroupe des constructeurs de camions, de navires, de trains et d'avions. On comprend bien que le nom (qui veut dire lourd en anglais) désigne la mobilité lourde à l'hydrogène. HeavHy veut agir en mode "speed boat" : c'est à dire en mode collaboratif pour avancer plus vite et arriver à une interopérabilité souhaitable pour faciliter la recharge en hydrogène des différents véhicules qui en auront besoin. L'association part du principe qu'il n'y a pas de protocole commun et que cela nuit au développement du marché. Un webinaire a été organisé le 16 juin dernier pour lancer l'initiative. En plus de son siège à Berlin, le réseau compte des antennes à Bruxelles, Washington, Hong-Kong, pékin et Séoul. Les opérations devraient démarrer à la mi-septembre.
En raison des contraintes sanitaires, Energy Observer se voit contraint de reporter l’escale de Tokyo, qui est reportée à décembre 2021, alors que le catamaran à hydrogène devait accoster durant les Jeux Olympiques et Paralympiques. Les organisateurs ont décidé d'interdire les visiteurs internationaux, ce qui entraîne une limitation du public durant les épreuves et surtout l’annulation des nombreux évènements et animations en marge des jeux. Victorien Erussard devait notamment porter la flamme avec une torche alimentée par de l'hydrogène. En accord avec ses partenaires, les institutions françaises et japonaises locales, Energy Observer a donc décidé de reporter sa venue au Japon. Du coup, comme au printemps 2020, Energy Observer va devoir une fois de plus prouver sa capacité d'adaptation. Alors que le catamaran largue les amarres depuis l'archipel d'Hawaï, sa capacité d'autonomie énergétique est à nouveau essentielle : 3 380 miles nautiques (6 250 km) doivent être parcourus pour traverser l'océan Pacifique et atteindre la Nouvelle-Calédonie. Le voyage a commencé le 20 juin et devrait durer de 23 à 27 jours, pendant lesquels l'équipage ne touchera pas terre, rendue inaccessible par des quarantaines souvent obligatoires. 27 jours en ne comptant que sur l'énergie solaire et éolienne, que le navire stocke sous forme d'hydrogène. Energy Observer mettra le cap ensuite vers Milne Bay en Papouasie-Nouvelle-Guinée, puis en Nouvelle-Guinée et enfin aux Philippines, avant de pouvoir rallier le Japon.
La Chambre Franco-Allemande de Commerce et d’Industrie, en coopération avec Air Liquide, France Hydrogène et l’Association allemande de l’hydrogène et des piles à combustible (DWV), lance une série de « symposiums franco-allemands sur l’hydrogène ». La première édition a eu lieu le 1er juillet. Alors que la France et l’Allemagne ont lancé d’ambitieux programmes de recherche, de développement et commercialisation pour promouvoir l’utilisation de l’hydrogène renouvelable ou bas carbone, notamment dans les transports et l’industrie, l’objectif des symposiums franco-allemands est d’intensifier et d’accélérer la coopération entre les entreprises mais aussi les gouvernements des deux pays au travers d’une série de conférences et d’évènements. Ce sera l’occasion de créer un véritable courant d’échanges franco-allemand sur l’hydrogène, avec des responsables politiques chargés des questions énergétiques, des entreprises du secteur et des scientifiques qui conduisent des recherches sur le thème de l’hydrogène.
L’initiative de la Dorsale hydrogène européenne (“European Hydrogen Backbone”: EHB) présente aujourd’hui une nouvelle étude. Elle complète la version des cartes de l’EHB publiée le 13 avril avril dernier, et qui prévoit un réseau d’hydrogène de près de 40 000 km reliant 19 pays de l’UE, ainsi que le Royaume-Uni et la Suisse dès 2040. Pour l'Union Européenne et le Royaume-Uni, la demande d’hydrogène est estimée à l’horizon 2050 est de 2 300 TWh (dont 2 000 TWh en UE). Soit, 45 % de leur consommation en gaz naturel. L’Europe pourrait donc être autosuffisante dans la production d’hydrogène renouvelable et bas-carbone. Toutefois, il se pose la question de l'acceptabilité sociétale, d'abord en termes d’accélération des capacités installées de renouvelables (dont les éoliennes...), mais aussi de financement, de réglementation et de définition des standards de qualité. C'est la raison pour laquelle les importations d’hydrogène par canalisation peuvent compléter les productions européennes à des coûts attractifs. Les canalisations d’hydrogène représentent l’option la plus compétitive pour le transporter en grande quantité et sur de longues distances, avec un coût de 0,11-0,21 €/kg pour 1 000 km, inférieur au transport maritime pour les distances habituelles en Europe et dans les régions voisines. L’étude montre également que, pour le transport d’énergie en grande quantité et lorsque le produit fini visé est l’hydrogène, les canalisations sont une solution plus compétitive que les lignes électriques délivrant la même quantité d’énergie, et ce même sans inclure les coûts de flexibilité pour le système électrique comme le stockage d’énergie.
A travers sa branche MTU, basée en Allemagne, le groupe britannique annonce l'arrivée de l'hydrogène au sein de son usine de moteurs de Friedrichshafen. Rolls-Royce vient d'installer un démonstrateur de 250 kW pour faire des tests et présenter la solution aux clients. Il fait appel à 4 piles de type PEM provenant de l'industrie automobile. Elles ont été combinées dans un container avec des batteries et de l'électronique de puissance, ainsi qu'avec un système de refroidissement. "Nous sommes fermement convaincus que la technologie des piles à combustible dispose d'un énorme potentiel et qu'elle deviendra une technologie majeure pour la décarbonation des systèmes de propulsion et d'alimentation électrique", explique Andreas Schell, directeur général de Rolls-Royce Power Systems. "La technologie devrait même devenir un levier majeur de nos systèmes de propulsion durables", renchérit le Dr Peter Riegger, vice-président de Rolls-Royce PowerLab. Le démonstrateur sert à illustrer différents cas d'usage autour de la fourniture d'énergie hors réseau. Rolls-Royce voit l'hydrogène comme une alternative pour l'alimentation des réseaux d'énergie mais aussi pour la mobilité dans le secteur maritime.
Le géant de l’Internet annonce une nouvelle feuille de route pour réduire son empreinte carbone. « Nous sommes neutres en carbone depuis 2007. Depuis 2017, nous achetons autant d'électricité issue d'énergies renouvelables que nous en consommons. Désormais, notre objectif est que d'ici à 2030 nos data centers tournent 24h/24 et 7 jours/7, à toute heure, à partir de sources d'énergies totalement décarbonées », déclare Marc Oman, responsable senior Europe, énergie et infrastructure de Google. Pour y parvenir, le géant du web s'allie avec des énergéticiens de premier plan tel qu'Engie. Celui-ci fournit à Google plusieurs niveaux d'expertise sur son chemin vers le zéro carbone. « Un data center ne peut pas se permettre d'avoir une interruption d'alimentation. Historiquement, ce sont des groupes électrogènes fondés sur le diesel qui permettaient de prendre le relais », indique Yves Le Gélard, directeur général adjoint en charge du digital et des systèmes d'information du groupe Engie. Désormais, « nous commençons à travailler sur les technologies autour de l'hydrogène pour graduellement remplacer ces équipements qui, par ailleurs, ne servaient quasiment jamais. Cet hydrogène proviendra lui aussi d'une production renouvelable », avance-t-il.
A l'occasion de l'EU Hydrogen Forum du 17 et 18 juin, la Commission européenne a présenté son Hydrogen Public Funding Compass, un guide des guichets de financements publics européens et nationaux à destination des porteurs de projet hydrogène. L'EU Hydrogen Forum a réuni 1 400 membres de l’Alliance européenne pour un hydrogène propre, dont les travaux ces derniers mois ont permis de pré-sélectionner, parmi 1052 candidats, près de 997 projets hydrogène sur l'ensemble de la chaine de valeur, dont une majorité prêts au déploiement dans les 3 à 4 ans. Kerstin Jorna, à la tête de la direction Industrie de la DG Grow, a expliqué que la Commission avait notamment appliqué les critères de durabilité issus de la taxonomie de l'UE et le plafonnement à 3 tCO₂/tH2 produite. Ces initiatives se concentrent surtout en Espagne, dans le sud de la France et en Allemagne. 84 % sont des projets d’électrolyseurs d’hydrogène vert.
L'association européenne change de présidence. Après Valérie Bouillon-Delporte, de Michelin, elle revient à Jon Andre Lokke, le PDG de Nel Hydrogen. C'est un spécialiste des énergies renouvelables depuis 20 ans. Il salue le travail accompli par l'ancienne Présidente, qui a réussi sous sa mandature à faire passer l'hydrogène d'un secteur de niche à un pilier de la transition énergétique. Les autres membres du directoire sont Glenn Llewellyn, Vice-président du programme Zero d'Airbus ; Gerrit Marx, Président des véhicules commerciaux de CNH Industrial ; Melissa Verykiou, CEO, de Helbio S.A ; Gunnar Groebler, CEO, de Salzgitter ; Christelle Werquin, Déléguée Générale de France Hydrogène. Ils rejoignent les autres membres qui sont : Hege Rognø, responsable des technologies bas carbone d'Equinor ; René Schutte, responsable du programme hydrogène chez Gasunie ; Didier Stevens, en charge des affaires publiques chez Toyota Motor Europe ; Oliver Weinmann, Directeur chez Vattenfall Europe Innovation ; Aivars Starikovs, Président de l'association lettonne de l'hydrogène.
« Clean Hydrogen Mission », une nouvelle coalition mondiale pour soutenir une économie basée sur de l’hydrogène propre, a été lancée le 2 juin à l'occasion de la 6e réunion ministérielle de Mission Innovation* au Chili. Les membres de la coalition sont la Commission européenne et l'Arabie Saoudite, l'Australie, l'Autriche, le Canada, le Chili, la Chine, l'Allemagne, l'Inde, l'Italie, le Maroc, la Norvège, la République de Corée, le Royaume-Uni et les États-Unis. En lien avec le groupe FCH-JU, l'objectif de la Mission est de réduire le coût de l'hydrogène propre pour l'utilisateur final à 2 dollars par kilogramme d'ici 2030. L’objectif est aussi de mettre en place au moins 100 vallées d'hydrogène intégrées à grande échelle dans le monde, en suivant le modèle européen. La coalition est lancée pour une période initiale de 5 ans et, en fonction de son avancement, sera prolongée de cinq années supplémentaires afin de soutenir la réalisation de ses objectifs clés d'ici à 2030.
*Mission Innovation est une initiative lancée au moment de l’accord sur le climat de Paris en 2015 et qui vise à réunir les efforts des gouvernements, des pouvoirs publics, des entreprises, des investisseurs et du monde académique pour rendre l’énergie propre plus accessible
La société allemande Svevind a annoncé des plans pour un projet colossal de production d’hydrogène vert. Elle vient de signer un protocole avec la Kazakh Invest National Company JSC, quelques semaines après avoir présenté ses plans au gouvernement.L’objectif est qu’environ trois millions de tonnes d’hydrogène soient produites chaque année. Pour ce faire, il mettra environ 45 gigawatts d’énergie éolienne et solaire sur les vastes plaines du Kazakhstan. Ce sera le plus grand projet au monde et aura plus du double de la capacité de production de l’Asian Renewable Energy Hub, tout en étant conçu pour produire cinq fois plus que le projet Enegix Base One au Brésil.
L’espoir renaît dans le domaine de l’hydrogène vert au Maroc. En effet, après la récente suspension du très prometteur accord germano-marocain, le ministre de l’Energie, des mines et de l’environnement vient de trouver une nouvelle voie pour relancer la machine dans cette niche très prisée où le Maroc a fermement décidé de se positionner. Au cours de la semaine dernière, Aziz Rabbah a notamment signé un accord de partenariat stratégique avec Francesco La Camera, directeur général de l’Agence internationale des énergies renouvelables (IRENA). Un accord visant à accélérer la transition énergétique verte au Maroc, notamment en appuyant la progression de l’économie de l’hydrogène vert.
L'industriel japonais a entamé des discussions avec les autorités de la région de Fukushima pour y construire une ville du futur dont le fonctionnement reposerait sur l'hydrogène. Il se dit prêt à relever le défi avec le concours des constructeurs Hino et Izuzu. L'idée est d'utiliser des camions à l'hydrogène pour les livraisons auprès des supermarchés et des commerces. Le projet prévoit aussi d'appliquer la pile à combustible à des food trucks et à des véhicules médicaux. Des stations seraient alors déployées pour alimenter ces flottes. L'hydrogène en question sera produit à partir de sources renouvelables sur plusieurs sites, dont celui du FH2R (Hydrogen Energy Research Field). Ce projet s'inscrit dans le cadre de la stratégie du japon qui veut atteindre la neutralité carbone en 2050. Il vise à définir un modèle d'organisation type pour une ville de 300 000 habitants, avant de pouvoir s'appliquer à des villes de cette taille comparable dans tout le pays. Ce n'est pas la première fois que le constructeur japonais se lance dans l'aventure. Il doit en principe ériger en 2021 une ville à taille réelle qui aura pour nom Woven City et qui sera située au pied du Mont Fuji. Elle se dressera à Susono City dans la Préfecture de Shizuoka. Ce laboratoire géant servira à illustrer la vision d'une société de l'hydrogène, avec une énergie produite par des ressources renouvelables. Woven City doit accueillir des véhicules à hydrogène autonomes. Le site, qui accueillera principalement des chercheurs et leur famille, servira aussi à tester des services basés sur la robotique et l'intelligence artificielle. Récemment, Toyota a annoncé un accord avec Eneos*. Ils vont travailler ensemble sur une chaîne d’approvisionnement dans et autour de Woven City. Ainsi, Eneos va installer et d’exploiter une station d'hydrogène vert très proche de cette smart city. Elle alimentera des véhicules de logistique ainsi que les générateurs stationnaires à pile à combustible qui seront installés dans la ville par Toyota.
*Un opérateur gère 45 stations à hydrogène situées dans quatre grandes régions métropolitaines japonaises
La station d'hydrogène de Daxing, près de Pékin en Chine, est la plus grosse du monde avec une capacité de près de 5 tonnes par jour. La station, qui fait partie d'une zone internationale* de démonstration de l'énergie hydrogène (sur 200 000 mètres carrés) a été inaugurée le 8 juillet. Et elle fait appel à de la technologie Air Liquide. Via la filiale Air Liquide Houpu Hydrogen Equipment Co., Ltd, le groupe a fourni et installé 8 unités de distribution d'hydrogène pour la station de Daxing, qui est détenue et exploitée par Beijing Hypower Energy Technology Ltd. Avec une capacité de 4,8 tonnes, elle peut ravitailler 600 véhicules à pile à combustible (fourgon, camion à ordures et bus) par jour, ce qui en fait la plus grande au monde en termes de capacité de ravitaillement. Air Liquide Houpu a également fourni des services de mise en service et de formation aux employés de la station afin d'en assurer le bon fonctionnement.
*La zone comprend un parc technologique, une base d'essai et d'autres zones fonctionnelles, cette zone de démonstration, ouverte au public, vise à créer un écosystème d'innovation intégrant la recherche et le développement, les essais et la production liés à l'énergie hydrogène.
