
Dans le cadre d’un programme baptisé HELP (Hydrogen Energy at Low Pressure), des chercheurs ont mis au point un procédé permettant de produire de l’hydrogène à la demande, à partir entre autres de magnésium et d’eau.
Nous avons déposé un brevet pour un réacteur autonome qui produit de l’hydrogène à partir de l’hydrolyse du magnésium. Concrètement, si vous prenez de la poudre de magnésium et que vous y additionnez de l’eau, vous obtenez de l’hydrogène. Cette réaction est connue, mais l’équipe en charge du programme HELP a trouvé le moyen d’en maîtriser le processus, avec un taux de conversion de 99 %. Nous avons en fait additionné quelques éléments à la recette initiale afin d’augmenter le rendement et sa cinétique. Le grand intérêt est que l’on peut stocker très facilement le magnésium dans des capsules et de limiter ainsi la génération d’hydrogène au moment où l’on en a besoin. C’est plus sûr que de transporter des bonbonnes.
Nous avons effectivement réalisé ce qu’on appelle une preuve de concept. La technologie a été testée auprès d’un prestataire, que nous avons rencontré lors d’un congrès sur Bordeaux en 2015. Les capsules de magnésium ont par exemple montré leur efficacité sur des vélos à hydrogène. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le procédé permet d’envoyer de l’eau au fur et à mesure, en fonction des besoins, et en jouant à la fois sur la pression de gaz et l’ouverture des vannes. A ce jour, aucun industriel ne s’est prononcé définitivement pour prendre une licence de cette technologie, valorisée par Aquitaine Science Transfert (AST). Mais, nous avons en tête bien des partenaires industriels et d’autres applications possibles.
Dans l’automobile par exemple, on pourrait imaginer un kit de secours avec des capsules qui permettraient de pallier l’absence d’une station d’hydrogène. Ce procédé peut également intéresser les acteurs de la sécurité et de la défense, qui y voient un moyen de produire sur site de l’énergie avec simplement de la poudre et de l’eau. On peut aussi penser à l’électrification d’une cabine d’avion, sans avoir à embarquer des bonbonnes d’hydrogène. La technologie développée dans le cadre du programme HELP pourrait ainsi s’appliquer à la fois à des équipements stationnaires ou en mobilité.
D’abord il faut savoir que le magnésium est un matériau très abondant sur terre et dans les océans. De plus, on peut facilement utiliser les rebuts de l’industrie du magnésium sous forme de poudre d’alliages commerciaux. Enfin, la réaction est « réversible ». A partir de la pâte qui s’est formée au contact du magnésium et de l’eau, et qui est de l’hydroxyde de magnésium (un résidu non toxique), on peut extraire à nouveau de la poudre de magnésium qui peut repartir dans le circuit de la métallurgie. Le procédé est surtout intéressant pour les industriels qui utilisent le magnésium, car on offre une seconde vie à ce matériau très utilisé dans l’automobile et l’aéronautique.
Nous avons eu l’occasion (et continuons) d’échanger avec tous types d’acteurs du domaine, depuis différents grands groupes jusqu’à des TPE, en incluant quelques PME. Pour les besoins de nos tests, nous avons travaillé à partir d’une pile à combustible de 100 w, mais nous pourrions faire des expérimentations avec des piles de différentes tailles, plus petites ou plus grandes. Nous saurons nous adapter aux axes forts de développement de nos partenaires dans le domaine.
