Le 13 septembre dernier, le Premier Ministre a dévoilé la liste des 24 lauréats de l’appel à projets Territoires d’innovation de grande ambition (TIGA), retenus parmi 117 dossiers. Ce dispositif vise à "aider des projets incarnant une stratégie ambitieuse de transformation des territoires et à répondre aux enjeux des transitions énergétique, écologique, numérique, démographique et sociale". L'enveloppe globale est de 450 millions d'euros.
L’un des lauréats est le Nord Franche-Comté, qui va bénéficier de 16 millions d'euros de la part de l’Etat de la Caisse des Dépôts. Son projet de transformation industrielle repose entre autres sur une nouvelle filière de l'hydrogène-énergie. Des actions dans le domaine de la mobilité propre vont être menées au cours de la prochaine décennie dans un périmètre comprenant les agglomérations du Pays de Montbéliard et du Grand Belfort.
L'hydrogène est concerné au travers de plusieurs projets :
-Institut national du stockage hydrogène (Isthy)
Construit par Rougeot Énergie, ce centre réalisera les mesures et essais sur les réservoirs à hydrogène et les composants des équipements à pile à combustible, tels que les véhicules (terrestre, ferroviaire, navigation…), les chaudières hybrides (habitat, tertiaire), les infrastructures nationales (industrie, stockage massif, stations de production et de distribution). Tous les moyens matériels et les compétences pointues seront présents dans un rayon de 20 km.
-Centre d’expertise mondial de Faurecia pour les réservoirs à hydrogène
À Bavans, l’équipementier va mettre en place une ligne prototype pour qualifier ses réservoirs, ainsi qu’une ligne pilote de production moyenne cadence (jusqu’à 30 000 unités par an) pour un investissement supérieur à 50 millions d’euros. Fin juin 2019, Faurecia a encore décidé d’implanter, toujours à Bavans, son centre de développement référence sur la mobilité hydrogène (Core center). Opérationnel dès 2020, il emploiera 50 ingénieurs et techniciens.
-Locomotives à hydrogène développées par Alstom
Cette action ne requiert pas un financement du programme Territoire d’innovation, mais constitue un élément de contexte important du projet Transformation d’un territoire industriel. Elle consiste à concevoir, tester et mettre en service une nouvelle génération de locomotives (de manœuvres et de fret) avec des chaînes de traction alimentées par des piles à combustibles hydrogène de forte puissance, associées à des batteries et à un système de stockage de l’hydrogène à haute pression.
-Station de production et distribution d’hydrogène décarboné
Elle sera construite à proximité immédiate du dépôt des bus du Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort (SMTC) et de la voie ferrée de Danjoutin, par une filiale d’EDF, Hynamics, au capital de laquelle l’État prendra une participation. Elle contribuera à la création d’une filière industrielle de l’hydrogène-énergie dans le Nord Franche-Comté et répondra aux enjeux de réduction des gaz à effet de serre, des émissions de particules fines et des nuisances sonores.
-Liaison inter-agglomérations zéro émission
Mise en place, à l’horizon 2021, de sept bus à hydrogène entre les agglomérations de Belfort et Montbéliard. Le premier véhicule doit être directement livré à la flotte du SMTC en vue du renouvellement d’un tiers de ses bus par des modèles électriques fonctionnant à l’hydrogène à l’horizon 2023-2025.
-Logements viabilisés par hydrogène décarboné
Mise en chantier par Territoire Habitat (90), dès 2020, d’un bâtiment démonstrateur neuf (15 logements) équipé d’un système de production, stockage et utilisation d’hydrogène pour le chauffage et l’eau chaude sanitaire. Un second bâtiment témoin, identique au premier mais n’intégrant pas la technologie innovante, sera construit au même endroit. Les deux seront équipés de moyens de mesure permettant de mener des études comparatives avec le soutien du laboratoire Femto-ST.
D'autres territoires retenus dans le cadre des TIGA portent aussi ce type d'énergie. C'est le cas par exemple des projets de :
Morbihan Energies : l'ambition est d'augmenter la part d’électricité produite dans département de 5 % à 20 % et d'augmenter de 20 % le taux d’exploitation de la production d’énergies renouvelables flexibles. On sait que le Morbihan est très favorable à l'hydrogène, au point d’avoir lancé un label « Morbihan Hydrogène ». Une station de distribution doit d’ailleurs voir le jour cette année avec le concours d’ENGIE à côté de l’usine Michelin de Vannes.
Dunkerque : l'ambition est de porter à 32 % la part d’ENR dans la consommation d’électricité, de chaleur et de froid du territoire. Un projet de Power to gas est en cours (GRHYD) et la ville accueillera l’an prochain les Journées Hydrogène dans les Territoires.
La Rochelle : l'agglo veut devenir un territoire zéro carbone, avec une ambition de réduire de 30 % les émissions de gaz à effet de serre (GES). L'hydrogène est une des pistes étudiées.
Les Pyrénées-Atlantiques : le département veut pousser la production d’énergie verte locale et augmenter à minima de 60 % les énergies vertes dans la consommation totale d’énergies. C’est le département de la ville de Pau, qui va faire rouler avant la fin de l’année des bus à hydrogène.
L’Occitanie : dans le cadre de son projet Littoral +, la région veut développer la production d’énergies marines renouvelables ainsi que la production massive d’hydrogène pour servir de mobilités « à zéro émission de carbone ».
