Il y a tout juste un an, sur le circuit de Spa-Francorchamps (Belgique), MissionH24* prenait la piste à l'occasion de la manche de l’European Le Mans Series, afin de promouvoir l’hydrogène en compétition. Le prototype à hydrogène LMPH2G réalisait alors, seule en piste, un tour de démonstration pour témoigner du potentiel de développement et de la sécurité de cette technologie. Le 20 septembre, la voiture était de retour à Spa, lors de la 5e manche de la Michelin Le Mans Cup, dans le cadre du meeting d'ELMS. Sous l'égide l’écurie H24Racing, qui la transforme peu à peu en prototype de course, elle a participé aux deux séances d’essais libres. Vingt tours ont été bouclés à cette occasion par les deux pilotes de développement Olivier Lombard et Norman Nato, au milieu des 28 concurrents réguliers du championnat, à savoir dix GT3 et 18 LM P3. Elle a en effet parcouru respectivement à huit et 12 reprises le toboggan des Ardennes le matin et l'après-midi, avec un meilleur chrono de 2'33''149, à 14''8 du chrono de référence de la meilleure GT3. Mais les marges de progression sont importantes. Il s'agissait également de montrer au public et aux instances du sport auto l'étonnante « centrale de ravitaillement nomade » mise au point par Total et capable de recharger l'auto en Hydrogène. Mission accomplie avec quatre passages à la « pompe ».
*Initiative de l'ACO et de GreenGT
Si l'on parle beaucoup plus de MissionH24, la voiture de développement de l'ACO et de GreenGT en vue des 24 h du Mans, il ne faut pas oublier qu'il existe une autre voiture de course à l'hydrogène. L'Université de technologie de Delft aux Pays-Bas a mis au point la Forze VIII, un proto dans le style du Mans justement et qui embarque aussi une pile à combustible. L'auto a participé fin août à un Super Car challenge sur le circuit d'Assen. Partie en 4ème position, parmi 43 voitures à essence, ce bolide zéro émission a terminé à la seconde place. C'est la première fois qu'une voiture de course à hydrogène montre sa supériorité dans une compétition officielle. Pour le responsable de l'équipe, Zhi Wei Cai, ce n'est pas seulement le résultat d'un an de travail. En fait, cela fait déjà 12 ans que l'université hollandaise travaille sur le sujet. C'est aussi une belle revanche par rapport à une précédente tentative, en juillet sur le circuit de Formule 1 de Zandvoort, toujours aux Pays-Bas. La Forze VIII avait réalisé le meilleur temps, mais la voiture avait connu des difficultés techniques et avait fini à la dernière place. Sur un plan technique, le véhicule embarque une pile Ballard de 110 kW. Celle-ci alimente en courant un moteur électrique de 220 kW. La Forze VIII accélère de 0 à 100 km/h en moins de 4 s et atteint une vitesse de pointe de 210 km/h.
La célèbre marque du groupe JLR (Jaguar Land Rover) ne pense pas que les batteries soient la meilleure option pour équiper ses futurs modèles tout-terrain. Elle propose une version hybride rechargeable du Range Rover et du Range Sport (P400e), mais il n'y a pas de modèle 100 % électrique (contrairement à Jaguar qui propose un SUV électrique, le I-Pace). "Pour arriver à zéro émission, sur de si gros véhicules, la marque fera sans doute intervenir d’autres technologies", a indiqué Nick Rogers, directeur technique de JLR, ajoutant que "la pile à combustible était une piste à étudier". Le constructeur britannique a d’ailleurs nommé au mois de mars un nouveau responsable de l’hydrogène et des piles à combustible, Ralph Clague. Cet expert a notamment travaillé chez Intelligent Energy et chez le constructeur chinois Great Wall, où il dirigeait la recherche dans ce domaine.
Surprise ! Alors que ce salon de Francfort 2019 était annoncé comme très électrique, le constructeur bavarois a pris le contrepied en dévoilant la Hydrogen Next sous la marque BMW i. Sur la base d'un X5, ce prototype préfigure le premier modèle à pile à combustible de la marque, prévu pour 2022. Il sera lancé en petite série. La marque à l'hélice prévoit de lancer des modèles à plus grande diffusion en 2025. BMW, qui ne donne pas de détails techniques, rappelle qu'il a un partenariat avec Toyota dans le domaine de l'hydrogène depuis 2013. Ils croient en cette forme d'énergie et développeront des produits au fur et à mesure que l'infrastructure se développera. Le constructeur, qui ambitionne d'avoir un million de véhicules électrifiés sur la route en 2021, estime que l'hydrogène est complémentaire de l'électrique à batterie. C'est une solution adaptée aux longues distances et dont l'avantage est de pouvoir refaire le plein de 4 minutes.
Le PDG de Volkswagen, Herbert Diess, a qualifié la mobilité hydrogène de "non-sens" à l'occasion du salon de Francfort. Il dénonce la pollution engendrée par la production d'hydrogène et le coût de la pile à combustible. Des propos qui passent mal en Allemagne, où le gouvernement - par l'intermédiaire du ministre de l'économie, Peter Altmaier - pousse justement les industriels à accélérer dans ce domaine. De plus, d'autres constructeurs germaniques ont décidé d'aller sur la pile à combustible, comme Daimler et plus récemment BMW. Il y a aussi Opel, qui appartient au groupe PSA. Les déclarations du patron de Volkswagen ont de quoi irriter, car le groupe milite pour la voiture électrique à batterie. Un entêtement qui peut s'expliquer par les énormes investissements dans la production de batteries, la transformation des usines et un plan produit pharaonique (70 modèles prévus d'ici 2030 !). Mais, la pensée unique de VW n'est pas partagée par les autres constructeurs, qui pensent que l'hydrogène a aussi sa place dans le mix. On peut aussi préciser qu'au sein du groupe Volkswagen, iAudi qui a acquis des brevets auprès de Ballard et développe un modèle à venir vers 2020/2021.
A l'occasion du salon de Francfort, le PDG du groupe PSA a été interrogé par BFM TV. Carlos Tavares a évoqué entre autres l'arrivée de l'hydrogène, programmée en 2021 sur des véhicules utilitaires. "C'est une technologie qui nous intéresse énormément, a-t-il dit. Nous allons mener des premiers tests de ventes grandeur nature auprès de flottes. Les véhicules sont en cours de développement et les premiers résultats sont prometteurs, a-t-il dit. Pour le patron de PSA, la solution "a de l'avenir", "pour des flottes de véhicules qui reviennent à un pont fixe, tous les jours". "Cela permet de réduire le coût de l'aménagement d'une infrastructure", a-t-il souligné. Selon M. Tavares, "les véhicules électriques et hydrogène en sont au même point de départ", à savoir "où est l'infrastructure qui va permettre de rassurer les clients et de recharger ou de faire le plein des véhicules, avec une densité de réseau suffisante". Au micro de BFM TV, il a mis en balance "la rentabilité opérationnelle des opérateurs qui distribuent ce type de carburant et la pression fiscale". Le dirigeant plaide pour "une vision à 360 degrés", qui tienne compte de "l'énergie, la fiscalité, mais aussi l'empreinte carbone au moment de la production". Et il appelle de ses voeux une "coordination a minima au niveau de l'Union Européenne". "On est en trajectoire", a-t-il encore déclaré concernant l'hydrogène. "On verra les attentes des consommateurs", sachant que c'est pour "les entreprises et les flottes". Interrogé sur le contexte réglementaire par rapport au CO2, le patron de PSA annonce "une période extrêmement agitée jusqu’à 2030".
Présent au salon de Francfort, le constructeur coréen exposait la Nexo. Mais, ce n'était pas le seul produit équipé d'une pile à combustible. Hyundai présentait également un générateur à hydrogène. Ce système, d'une taille assez imposante, joue en fait le rôle d'une station de recharge portative pour véhicules électriques (voitures comme camions). La marque insiste sur le fait que l'hydrogène est produit à partir d'énergies renouvelables, comme le vent ou le solaire. Le générateur est composé de deux piles à combustible pour produire du courant. Cela permet de charger simultanément deux véhicules électriques. Le système offre par ailleurs une capacité de charge à grande vitesse ainsi qu’une réduction significative du niveau sonore par rapport à un générateur diesel. En tant que fournisseur pour le nouveau championnat ETCR (Electric Touring Car Racing*), Hyundai fournira ce générateur Hyundai comme système de recharge pour toutes les voitures. Une façon d'affirmer sa maîtrise technologique à la fois sur la batterie et la pile à combustible.
*Auquel il participe avec une voiture de course électrique, sur la base du Veloster N
Les ventes de la Nexo restent assez limitées, avec un objectif de vente de 1 500 unités environ cette année. Mais, il faut savoir que le constructeur coréen a dû arbitrer la distribution, en raison d'une capacité de production limitée. Il a en effet réduit son offre en Europe et aux Etats-Unis, afin de satisfaire en priorité la demande en Corée du Sud. Dans son pays d'origine, la marque doit satisfaire une forte demande (5 500 Nexo commandes). De plus, des aides substantielles y sont proposées. "Nous faisons de notre mieux pour répondre à la demande, mais elle continue d’augmenter", souligne Sae-hoon Kim, responsable des activités de Hyundai dans les piles à combustible. En conséquence, le constructeur a investi pour porter sa capacité de production de véhicules à hydrogène à 40 000 unités par an. Au vu de l’évolution de la demande, celle-ci pourrait atteindre 200 000 unités d’ici à cinq ans, indique M. Kim.
En marge d'une présentation à New York, où il annonçait un partenariat avec l'équipementier américain Aptiv, avec qui il souhaite développer des véhicules autonomes de série, dès 2024, le vice-président du groupe automobile coréen, Chun Eiu-sun, a fait mention de l'hydrogène. Il a souligné que c'était une énergie plus appropriée pour ce type de mobilité. La pile à combustible a une autonomie supérieure à celle des véhicules électriques à batterie, a expliqué le dirigeant. La marque avait d'ailleurs concrétisé cette vision en 2018, au CES de Las Vegas, en présentant une version autonome de la Nexo. Ce même prototype avait d'ailleurs roulé sur autoroute en Corée du Sud. Hyundai a été pionnier dans l’hydrogène et il prévoit d’implanter deux usines pour fabriquer 500 000 véhicules par an à l'hydrogène à l'horizon 2030. D'ici à peine 5 ans, des véhicules à pile à combustible pourraient donc être aussi autonomes (au moins à un niveau 4).
16 800 euros pour l’achat d’un véhicule à pile à combustible : c'est le généreux coup de pouce qu'offre le gouvernement sud-coréen pour développer la filière hydrogène. Ce chiffre est à comparer aux 6 000 euros du bonus écologique proposé en France pour les véhicules électriques. Les autorités ont en effet décidé de débloquer, pour 2020, une nouvelle enveloppe de 359,3 milliards de wons (267 millions d’euros). Ce budget sera alloué à l'acquisition de véhicules à pile à combustible et à la construction de stations de remplissage d'hydrogène. La Corée du Sud a fixé pour objectif de faire rouler 10 000 voitures à hydrogène sur ses routes dès l’an prochain. Et elle a de solides ambitions pour les années à venir. S'inscrivant dans un large plan pour développer une mobilité plus propre, et doté de plus 810 millions d’euros de crédits, les 267 millions prévus pour 2020 témoignent du soutien apporté à l'hydrogène. Ce type d'énergie est considéré comme un secteur stratégique pour l'économie du pays.
Le ministère coréen de l’Industrie a annoncé qu’il comptait installer 1 200 stations de distribution d’hydrogène en Corée du Sud d’ici à 2040, rapporte l'agence Yonhap. Le pays a pour ambition de fabriquer 6,2 millions de véhicules à hydrogène au total d’ici à 2040, dont 3,3 millions pour l’exportation, et de devenir ainsi le premier producteur de véhicules « verts ». 29 stations sont actuellement en service dans le pays, dont trois à Séoul, où une nouvelle station vient d’être inaugurée devant l’Assemblée Nationale. Cette dernière pourra alimenter plus de 70 véhicules par jour). Ce nombre doit être porté progressivement à 310 d’ici à 2022. Près de 3 000 véhicules à hydrogène circulaient sur les routes coréennes en août, à comparer avec 900 seulement en décembre dernier. Le gouvernement coréen a commencé l’an dernier à tester des autobus roulant à l’hydrogène. Un projet pilote vient de débuter à Séoul pour évaluer les performances d’une petite flotte de taxis à hydrogène.
Le Japon, qui cherche à promouvoir le développement de l’hydrogène dans le monde, a annoncé avoir reçu le soutien de 30 pays pour un projet de mise en place de 10 000 stations de ravitaillement en hydrogène dans le monde d'ici 10 ans. Ce plan avait été présenté lors de la réunion ministérielle sur l’hydrogène à Tokyo, un événement annuel mis en place l’année dernière par le gouvernement japonais et auquel ont participé des ministres de l’énergie ou des délégués de ces 30 pays. Les pays ont également soutenu d'autres objectifs non obligatoires et collectifs proposés par le Japon. Il s’agit notamment de produire en 10 ans, dans le monde entier, 10 millions de systèmes de mobilité à hydrogène, tels que des véhicules à pile à combustible, des camions, des autobus, des trains et des navires, et de promouvoir le développement de normes internationales pour l’hydrogène dans les transports maritimes.
La start-up allemande, qui a déployé un service de transport à la demande avec des véhicules écologiques, a parcouru à ce jour plus de 2 millions de km avec 45 Toyota Mirai. Une distance opérée en 24 mois et avec 567 000 passagers. Le principe de CleverShuttle est de proposer des courses avec des énergies propres. De plus, le prix est inférieur de 40 % par rapport aux taxis. Ces véhicules verts peuvent être réservés par smartphone, via une application. Sur le même principe qu'Uber Pool, le véhicule peut prendre plusieurs passagers qui vont dans la même direction. Il a fallu 15 mois pour atteindre 1 millions de km. A peine 10 de plus pour faire le deuxième. CleverShuttle, qui est soutenu par la Deutsche Bahn, opère dans plusieurs villes dont Hambourg, Munich et Stuttgart avec ses voitures à hydrogène. Le plein des autos se fait grâce au réseau de stations de H2 Mobility.
Toyota prépare le lancement de la prochaine génération de la Mirai pour 2020, a indiqué Takeshi Uchiyamada, président de Toyota, à l’occasion d’une rencontre internationale sur l’hydrogène qui s’est tenue à Tokyo. Le constructeur avait introduit la première génération de la Mirai fin 2014. Il s’agissait alors de la première voiture à hydrogène de série, développée autour de cette chaîne de traction et non dérivée d'un modèle existant. Le lancement coïncidera avec les JO de Tokyo, où de nombreux exemplaires seront mis en circulation. Toyota estime par ailleurs que le prix des voitures à pile à combustible sera sensiblement identique à celui des véhicules hybrides d’ici à dix ans. “Lorsque nous lancerons la troisième génération de la Mirai, son prix devrait être largement compétitif par rapport à un modèle hybride équivalent”, a indiqué Matt Harrison, directeur des ventes et du marketing en Europe.
Toyota compte lancer des véhicules à pile à combustible avec ses partenaires en Chine, Guangzhou Automobile (GAC) et FAW. Cette nouvelle coopération s'inscrit plus largement dans le développement des énergies alternatives. Elle prévoit en effet des modèles hybrides et électriques en plus. Akio Toyoda, directeur général de Toyota, a rappelé que ces projets s’inscrivaient dans la stratégie du groupe “d’accélérer en Chine, afin de ré-équilibrer son activité globale par rapport aux Etats-Unis. Le constructeur, qui a vendu 1,5 million de véhicules dans ce pays en 2018, veut passer la barre des deux millions.
Pour intensifier ses activités dans le domaine de la mobilité électrique, Valmet Automotive, basé en Finlande, se concentre de plus en plus sur l’hydrogène. La société a mis en place un centre de compétences sur la pile à combustible. Valmet Automotive est impliqué dans le développement de cette technologie depuis plus de trois ans. Au début de l’année, la société a rejoint le cluster de piles à combustible du Bade-Wurtemberg (Allemagne). Le produit le plus prometteur dans les développements actuels en interne est un humidificateur à membrane plate (élément constitutif de piles à combustible). L'avantage du produit est son design très compact. Contrairement aux humidificateurs à membrane à fibres creuses actuellement utilisés, la conception de l'humidificateur à membrane plate de Valmet Automotive est beaucoup plus compacte et offre les mêmes performances. Cela ouvre des possibilités d'applications très flexibles. Avec ses partenaires, Valmet Automotive souhaite maintenant amener le produit à maturité, jusqu'à la production.
L’association Hydrogen Ireland et un groupe d’industriels ont dévoilé une feuille de route pour l’horizon 2030. L’objectif est de porter de 35 à 70 % la part de l’électricité renouvelable et de bannir la vente de moteurs thermiques, de façon à avoir un million de véhicules propres sur les routes. Dès 2023, l’ambition est d’avoir 30 bus, 50 voitures et 10 camions. L’hydrogène peut devenir le carburant du futur, notamment dans la mobilité lourde.
Le constructeur coréen Hyundai et le motoriste américain Cummins ont signé un protocole d’accord pour travailler ensemble aux Etats-Unis sur l'application de l'hydrogène dans les camions. Le premier apportera son expertise dans la pile à combustible, le second son savoir-faire dans le moteur électrique, la batterie et l'électronique. "Ce partenariat est une bonne opportunité pour les deux compagnies de renforcer leurs forces respectives et de créer de nouvelles opportunités de développement", a indiqué le vice-président de Cummins, Thad Ewald, Pour sa part, le vice-président de Hyundai Motor, Kim Sae-hoon, qui est en charge des activités de piles à combustible du constructeur automobile, a déclaré que le partenariat permettrait de "diversifier davantage les activités de la société et de renforcer son leadership mondial dans le secteur de l'hydrogène". Cummins, qui le plus grand fabricant de moteurs diesel au monde, est en train de préparer la transition énergétique. Il s'intéresse à la PAC et a d'ailleurs rejoint récemment l'Hydrogen Council. Avec Hyundai, les deux industriels proposeront des solutions pour les constructeurs de camions du marché nord-américain. Ils développeront aussi en commun des piles à combustible de prochaine génération et des générateurs à hydrogène.
La Suisse est devenue la base arrière à partir de laquelle le constructeur coréen veut bâtir pour toute l'Europe un écosystème de l'hydrogène pour les flottes de camions. Il y dispose de Hyundai Hydrogen Mobility (HHM), la co-entreprise entre Hyundai Motor Company et H2 Energy. Cette structure vient de conclure un partenariat avec Hydrospider, une société helvète qui est elle-même le fruit d'une association entre Alpiq, Linde et H2 Energy. Ces deux partenaires sont effet impliqués dans l'aménagement de la plus grande installation de production d’hydrogène vert en Suisse, sur la centrale hydroélectrique de Gösgen. D'une capacité de production de 2 MW, elle doit entrer en service d'ici la fin de l’année. La station de production approvisionnera 50 poids lourds à pile à combustible, dont l'arrivée est programmée pour 2020. Il s'agit du premier lot des 1600 camions que le constructeur coréen doit lancer sur les routes suisses d’ici 2025 et qui seront proposés aux entreprises, avec une priorité accordée aux membres de l'association H2 Energy. On en sait un peu plus sur le camion de Hyundai qui a pour nom H2 XCIENT Fuel Cell. Sa chaîne de traction se compose de 2 piles à combustible d’une puissance de 95 kW chacune, connectées en parallèle. Avec ses 7 réservoirs d’une capacité de stockage de 35 kilos d'hydrogène, ce poids-lourds zéro émission garantit une autonomie de 400 kilomètres. Hyundai dispose désormais d'une base solide, avec la production, la distribution et des clients pour utiliser ses camions. Le constructeur compte reproduire la formule dans d'autres pays européens comme l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas et la Norvège. Il compte sur le durcissement des législations dans le transport pour accroître la demande de camions plus écologiques.
Traton, l’entité qui regroupe les marques de camions de groupe Volkswagen (Scania, MAN, VW camions et bus au Brésil), veut devenir le numéro un des véhicules électrifiés dans cette catégorie. Elle va dépenser plus d’un milliard d’euros dans la recherche et le développement d’ici à 2025, dont une bonne partie dans l’électromobilité. Une transmission électrique modulaire commune est en cours de développement au sein du groupe. Toutefois, la batterie ne sera pas la seule technologie. Traton souligne que Scania teste la pile à combustible. La marque suédoise a livré 4 camions de 26 tonnes dotés de cet équipement à la société norvégienne Asko, un distributeur agroalimentaire qui recherchait des camions zéro émission avec une autonomie de 500 km. L'hydrogène qui génère le courant électrique est issu d'énergies renouvelables dans le cadre de ce partenariat. A noter que Scania travaille aussi sur une benne à ordure à hydrogène avec Renova, une entreprise suédoise de collecte des déchets. Le véhicule devrait être livré vers la fin de l’année. Il fait partie d’un programme de recherche financé par l’agence suédoise de l’énergie.
La Commission Européenne a décidé de soutenir, via le FCH-JU un projet baptisé H2-Haul. Piloté par Element Energy, et associant plusieurs constructeurs dont Iveco, il vise à tester 16 camions en Allemagne, Belgique, France et en Suisse. Sur ces véhicules, qui pourront atteindre jusqu'à 44 tonnes, l'objectif est d'expérimenter trois nouveaux types de pile à combustible. Elles seront fournies par les allemands ElringKlinger et Hydrogenics, ainsi que par le suédois Powercell. Air Liquide est impliqué dans ce projet pour le volet infrastructure. Du côté des utilisateurs, on retrouve Carrefour, ainsi que le groupe Colruyt qui testera des camions à hydrogène pour ses opérations courantes, à la fois en Belgique et en France. Mené dans le cadre du programme Horizon 2020, le projet H2 Haul est financé à hauteur de 12 millions d'euros et doit durer 5 ans.
Basée à Singapour, la compagnie Horizon Fuel Cell Technologies annonce l'arrivée de 421 camions à hydrogène en Chine. Elle fournit en effet sa pile dans des poids-lourds de JMC (Jiangling Motors Corporation), un fabricant dont Ford est un actionnaire. Les 20 premiers exemplaires ont déjà été produits. Et ce n'est qu'un début, car l'objectif est de mettre à la route 2 000 camions à hydrogène d'ici quelques années. Horizon a travaillé sur ce projet avec Jiening New Energy et d'autres partenaires. L'autonomie est de 500 km. Mais d'ores et déjà, le fabricant de piles à combustible avance un rayon d'action de 1 600 km. Il a la capacité de produire 10 000 piles par an de 150 kW. Des stacks de 300 kW sont prévus pour 2020.
Le Port d'Anvers a commandé à la CMB (Compagnie Maritime Belge) la construction d’un remorqueur alimenté à l’hydrogène. Ce sera le premier du genre au monde. Baptisé Hydrotug, ce navire sera équipé de moteurs à combustion alimentés par de l’hydrogène combiné à du diesel. La combinaison de cette technologie du double carburant et d’un filtre à particules et d’un catalyseur performants assure des émissions minimales d’oxyde d’azote et de particules fines. De plus, la combustion d’hydrogène ne libère pas de CO2. Ce ne sera pas un remorqueur zéro émission, mais le fabricant précise que les moteurs répondront à la norme la plus stricte, la norme européenne Stage V, et seront donc les moins polluants sur le marché. La solution est proposée par BeHydro, une joint-venture entre la CMB et ABC Engines en Belgique. Avec cette première mondiale, qui sera opérationnelle d'ici deux ans, le deuxième port d'Europe franchit un pas important dans sa transition écologique et se rapproche de son objectif de devenir neutre en CO2. Le remorqueur fait partie d'un programme écologique qui prévoit des efforts systématiques afin d’intégrer les technologies les plus respectueuses de l'environnement qui sont disponibles sur le marché.
Convaincu par la pertinence de cette forme d'énergie, le constructeur japonais a développé un groupe électrogène à hydrogène. Il a tout simplement intégré une pile à combustible (100 kW) de la Mirai, ainsi que l'électronique de contrôle et une batterie secondaire. Ce dispositif est destiné à produire du courant électrique dans l'usine de Honsha, basée à Toyota City, près de Nagoya (préfecture d'Aichi). Développé avec l'aide d'une filiale de Toyota, Energy Solutions, le groupe électrogène fonctionnera 24h/24. Utilisé à titre expérimental, il fera l'objet d'évaluations sur la stabilité de la production de courant, sa performance et sa maintenance. Toyota se fixe pour objectif un rendement de 50 % et plus. Le constructeur japonais espère pouvoir ensuite produire ce type de générateurs à un prix raisonnable.
La firme anglaise, spécialisée dans les électrolyseurs, annonce une prise de participation de 38 millions de livres via des achats d'actions de la part de Linde UK, la filiale locale du groupe énergétique allemand. Par ailleurs, un accord a été conclu pour monter une joint-venture à 50/50 entre les deux groupes. La structure a pour ambition de développer la production d'hydrogène vert et de passer à l'échelle, dans le cadre de projets faisant appel à des électrolyseurs de 10 MW et plus. ITM Power entend également lancer une souscription afin de financer son développement. Il souhaite développer ses capacités de production et baisser les coûts. Au total, le groupe britannique se fixe pour objectif de lever 52 millions de livres.
Air Liquide Philippines et Pilipinas Shell ont signé un contrat de long terme pour la fourniture d’hydrogène à la raffinerie Tabangao que le pétrolier détient à Batangas, dans ce pays. Ce nouvel accord garantira à la raffinerie un approvisionnement régulier d’hydrogène pour ses besoins de production. Air Liquide investira 30 millions d’euros dans la construction d’une unité de production d’hydrogène de dernière génération sur le site. Cette unité, qui sera détenue et opérée par le groupe français, sera couplée à une unité de captage et de liquéfaction de CO2. Ce dernier pourra alors être utilisé pour d’autres usages, permettant ainsi de réduire les émissions directes de carbone.
Pour l'IRENA (International Renewable Energy Agency, soit Agence internationale de l'énergie renouvelable), l'hydrogène vert doit prendre l'ascendant sur l'hydrogène d'origine fossile (qui représente 95 % de la production). Cela n'est pas sans conséquence puisque cette production d’hydrogène gris génère autant de CO2 que des économies telles que l'Indonésie et le Royaume-Uni. Le rapport de l'Irena affirme d'ailleurs clairement que le potentiel du vecteur hydrogène dans la décarbonation des économies dépend de fait de la manière dont il est produit. Toujours selon l’IRENA, le coût de production de l'hydrogène vert pourrait rapidement être divisé par trois entre 2019 et 2050. Il s’agit de la date-butoir pour la soixantaine d'Etats qui se sont récemment engagés à tendre vers une neutralité carbone au cours du sommet extraordinaire de l'ONU pour le climat. L’agence affirme que l'hydrogène tiendra "un rôle modeste dans la prochaine décennie mais va apporter une contribution substantielle à l'horizon 2050".
En Israël, les chercheurs du Technion (un prestigieux institut de recherche) ont mis au point une technologie de production d’hydrogène propre, peu coûteuse et sûre. Elle améliore de façon spectaculaire l’efficacité de la production par électrolyse, avec une efficacité énergétique sans précédent de 98,7 % ! Les chercheurs ont mis au point un procédé basé sur le fractionnement de l’eau. Il a pour nom E-TAC (fractionnement de l’eau électrochimique par activation thermique) et se déroule en deux cycles. A la première étape, la cathode produit de l’hydrogène et l’anode modifie la composition chimique sans produire d’oxygène. A la deuxième étape, la cathode est passive tandis que l’anode produit de l’oxygène. À la fin de la deuxième étape, l’anode revient à son état initial et le cycle recommence. L’étude a été menée dans le cadre du programme Énergie Nancy et Steven Grand Technion (GTEP). Elle a été financée entre autres par la Commission européenne (programme-cadre de l’UE 2020). Sur la base de cette technologie, les chercheurs ont créé la start-up H2Pro, qui a pour vocation de la commercialiser.
Spécialiste de l'hydrogène, la société GreenGT est plus connue pour la voiture de course qui a donné naissance à la Mission H24 avec l'ACO. Mais, cet acteur travaille aussi sur des projets liés à la mobilité lourde, et en particulier en Suisse où les distributeurs sont favorables à cette forme d'électrification. C'est ainsi qu'est né le projet GOH (Generation of Hydrogen), en association avec la Société Coopérative Migros Genève, l'entreprise LARAG et les Services industriels de Genève. Il s'agit du premier camion de 40 tonnes alimenté par de l’hydrogène vert* qui circulera à travers la Suisse romande. Il a été présenté au sein de la fondation Nomads, basée à Genève, et qui a fondé un hub sur la mobilité afin de mettre en relation les start-up avec des partenaires industriels. Le schéma est le suivant. Les SIG produiront de l'hydrogène vert à l'aide d'un électrolyseur. Pour sa part, GreenGT livrera la pile à combustible du véhicule, qui permettra de générer du courant électrique. La chaîne de propulsion sera ensuite assemblée par LARAG sur le châssis d'un camion de marque Kamaz. Lors de la première phase d'essais, le camion sera testé par le distributeur Migros pour ses livraisons dans la région helvète. Il devrait prendre la route en juillet prochain. Le projet GOH a pour vocation d'évaluer "la viabilité économique et technique d’une filière à hydrogène verte et locale pour les véhicules lourds". Si l'expérience s'avère concluante, d'autres camions verront le jour, et pas uniquement pour ce client.
*l'hydrogène sera créé à partir d'énergies renouvelables, comme de l'électricité issue de l'éolien, du solaire ou de l'hydraulique.
