La patrie de Hyundai a annoncé récemment un plan visant à en faire le leader mondial de l'hydrogène. L'agence de presse Yonhap rapporte que le gouvernement coréen a présenté le 15 octobre un nouveau plan. Celui-ci fixe la part des véhicules électriques et à hydrogène à 33 % dans les immatriculations de véhicules neufs d’ici 2030. L’augmentation est conséquente, car elle n’est que de 2,6 % environ et on ne compte pour le moment que 3 000 véhicules à pile à combustible en circulation. Le ministère du Commerce, de l'Industrie et de l'Énergie a déclaré que l'objectif était atteignable. Et il vise 10 % du marché mondial.
Le nombre cumulé de voitures électriques vendues au pays du matin calme a été multiplié par sept entre 2016 et 2019. Dans le même temps, les livraisons de voitures à hydrogène ont été multipliées par 39. Le gouvernement voit un autre avantage dans ce plan décennal, celui de réduire sa dépendance vis-à-vis des technologies étrangères en assurant l'autonomie de 80 % des matériaux et des pièces connexes, soit une nette augmentation par rapport au niveau actuel de 50 %.
Pour favoriser le développement du parc, la Corée entend aussi investir dans les stations à hydrogène. 310 stations seront installées dans le pays d’ici à 2022 (dont 250 dans les grandes villes et 60 sur les autoroutes) et le nombre devrait atteindre 1 200 en 2040. 86 stations d’hydrogène seront opérationnelles dans le pays à la fin de cette année. « Lorsque le pays atteindra l’objectif de mettre 67 000 voitures à hydrogène sur le marché d’ici à 2022, la demande annuelle d’hydrogène atteindra quelque 30 000 tonnes », a indiqué le ministère. Le nombre devrait finalement atteindre 1 200 unités en 2040. A cette même date, le pays a pour ambition de fabriquer 6,2 millions de véhicules à hydrogène, dont 3,3 millions pour l’exportation, et de devenir ainsi le premier producteur de véhicules « verts ».
Et ce n’est pas tout. Le ministère des transports coréen veut tester les technologies de l'hydrogène à grande échelle pour des applications stationnaires et en mobilité. A priori, trois sites seront sélectionnés dans le pays, avec à chaque fois un périmètre de 10 km2. Le choix se fera en décembre, en évaluant plusieurs critères dont la volonté de faire la promotion de l'hydrogène. Le ministère investira jusqu'à l'équivalent de 24 millions de dollars pour chacun de ces projets, sachant que chaque ville sélectionnée devra utiliser une pile à combustible de 440 kW pour alimenter des habitations en chauffage et une pile de 100 kW pour des commerces ou bureaux. L'objectif est de créer un véritable écosystème avec pour la mobilité avec des stations pour les dépôts de bus. Chaque ville qui candidatera devra se doter d'un centre opérationnel, capable de gérer la production d'hydrogène à la demande, le stockage et sa distribution dans des conditions optimales de sécurité. Le gouvernement prévoit de convertir 10 % des villes, comtés et villes du pays à l'hydrogène d'ici 2030 et 30 % d'ici 2040 «pour gagner une part importante du marché mondial croissant de l'hydrogène», explique Park Joon-ho, responsable du projet au ministère.
La Corée du Sud ambitionne de créer une société qui utilise l'hydrogène comme principale source d'énergie pour les véhicules et autres usages quotidiens. Cette politique est considérée comme l'un des projets clés de l'administration de Moon Jae-in.
