Le 10 juin, une station de distribution d'hydrogène a explosé en Norvège, à Sandvika près d'Oslo. Il s'agit d'une station de l'opérateur Uno-X, ouverte depuis 2016 et qui se situe près d'un centre commercial. Il n'y a pas eu de victimes. L'accident n'a fait que deux blessés légers, sans aucun lien d'ailleurs avec l'explosion et l'incendie qui a suivi. C'est l'airbag de leur voiture qui s'est déclenché, suite à l'onde de choc. Nel Asa a réagi en envoyant des experts sur site pour identifier les raisons de l'explosion, ainsi qu’au Danemark, le pays voisin où la compagnie a aussi livré des stations. Par ailleurs, Nel a fait appel à une compagnie spécialisée dans la sécurité, Gexcon, pour réaliser un rapport indépendant, en lien avec Bureau Veritas et l’organisation scientifique SINTEF en Norvège. La cause a été identifiée. Il s’agirait d’un problème d’assemblage sur le réservoir de stockage d’hydrogène, au niveau d’un bouchon. Sur son site, Nel ASA a mis en ligne une page spéciale pour faire le point sur cet accident. Après avoir, à titre de précaution, recommandé à ses clients de fermer leurs stations en Europe et aux USA (10 sites au total) la société assure qu’elles rouvriront dès que possible, à partir de mi-juillet pour les premières. Entre temps, Nel Asa va vérifier les réservoirs et mettre en place des procédures pour mieux détecter les risques de fuites. L’incident est qualifié de « très sérieux ». Pour autant, Nel assure sur son site que les stations qu'elle fournit satisfont aux plus hauts standards de sécurité et que la société capitalise sur une expertise acquise par Norsk Hydro depuis 1927. Elle souligne que l’hydrogène n’est pas plus dangereux que l’essence, le Diesel, le gaz naturel et les batteries. Même si la situation pose problème à Toyota et Hyundai, qui ont suspendu leurs ventes en attendant la suite de l'enquête, ils ne voient pas en quoi cela remettrait en cause le développement de l'hydrogène. Le responsable de Toyota en Norvège rappelle que les véhicules à hydrogène sont aussi sûrs que les véhicules thermiques.
Pour l’association, « Le caractère exceptionnel de cet incendie rappelle que toutes les énergies comportent des risques et conforte à la plus grande vigilance pour les maîtriser et que le risque zéro n’existe malheureusement pas ». Et de rappeler : « Malgré des années d’expérience, il y a eu un accident dans une station essence en Italie le 5 décembre dernier qui a fait 2 morts ». Selon l’AFHYPAC, « Le fait de stocker et délivrer de l’hydrogène à haute pression est une procédure maitrisée par tous les gaziers, opérateurs et fabricants de stations de recharge hydrogène. La sécurité adéquate et spécifique à l’utilisation de l’hydrogène est systématiquement intégrée dès la conception des composants et des systèmes, au même titre que ce qui est fait dans le cadre de l’utilisation de n’importe quelle énergie ». S’agissant de l’hexagone, l’association rappelle que 25 stations sont ouvertes en France et alimentent près de 400 véhicules électriques à hydrogène. Plusieurs stations produisent l’hydrogène sur site grâce à un électrolyseur à partir d’électricité issue des énergies renouvelables. « Une règlementation française régit la manière de concevoir et d’exploiter ces installations de recharge en hydrogène pour garantir la sécurité de l’utilisateur », souligne l’AFHYPAC. Elle indique également que « Les pompiers français sont formés au risque hydrogène notamment sur la plateforme de l’École Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers (ENSOSP) d’Aix-en-Provence ».
Hyundai a annoncé avoir signé un protocole d’accord avec la compagnie pétrolière saoudienne Saudi Aramco pour une coopération dans le domaine de l’hydrogène. Les deux entreprises prévoient de travailler ensemble. Ainsi, Saudi Aramco va mettre en place l’infrastructure de distribution d’hydrogène en Corée du Sud, alors que Hyundai va fournir des véhicules roulant à l’hydrogène à l’Arabie saoudite.
Le groupe chinois SAIC a annoncé qu’il avait ouvert la plus grande station à hydrogène du monde, dans le cadre d’un partenariat avec le “Shanghai Chemical Industry Park“, une zone industrielle spécialisée dans les activités chimiques et pétrochimiques. La station va alimenter dans un premier temps une flotte de 20 véhicules à piles à combustible de SAIC, déployée dans le parc industriel de Shanghai. Elle sera ouverte au public. Sa capacité est de 2 tonnes d’hydrogène par jour. Le constructeur chinois a été le premier dans son pays à commercialiser des voitures particulières et des véhicules commerciaux à piles à combustible. A terme, il compte également proposer des fourgons et poids lourds à hydrogène.
Si, depuis un certain temps, des signaux sont envoyés en faveur du secteur de l'hydrogène, le doute n'est désormais plus permis. Dans une interview, celui qui a inspiré le virage de la Chine vers la mobilité électrique, Wan Gang, déclare que "l'hydrogène est le futur". Cet ancien ingénieur, qui a été ministre de la science, estime qu'il faut miser sur cette technologie et construire une société de l'hydrogène. La Chine ne met pas pour autant à l'écart la voiture électrique. L'avis de Wan Gang est que le VE à batterie a sa place en ville, mais qu'il faut plutôt une pile à combustible pour des véhicules lourds comme les bus et les camions, qui doivent par ailleurs pouvoir refaire le plein très rapidement. L'Empire du milieu a les moyens de développer la filière. D'ores et déjà, des tests sont financés pour mettre en place des écosystèmes avec la production et la distribution d'hydrogène. Après la batterie, un domaine qu'elle continue de dominer très largement, la Chine pourrait très bien faire baisser le prix de la pile à combustible et lancer véritablement le marché. D'ailleurs, suite à l'annonce de Wan Gang, l'action des sociétés spécialisées (Jiangsu Huachang Chemical, Shanghai Tongji Science & Technology Industrial, Lanzhou Great Wall Electrical) a augmenté. C'est le signe que le gouvernement mettra les moyens pour concrétiser cette vision.
La division Geely New Energy Commercial Vehicle (GVC), qui appartient au groupe chinois Geely, a dévoilé son premier autobus à hydrogène. Le bus F12 est le premier véhicule à utiliser la motorisation à pile à combustible développée par Yuan Cheng Auto, une filiale de GVC. L’autobus consomme 7,5 kg d’hydrogène par 100 km. Son autonomie est de 500 km et il refait le plein en 10 mn. Ce bus se décline en deux versions : 10,5 m et 12 m. Le F12 répond à la demande des autorités chinoises, qui souhaitent que les industriels se mobilisent dans le domaine de la pile à combustible.
A l’occasion du Sommet mondial des transports publics, à Stockholm (Suède), Ballard Power Systems a dévoilé son module de pile à combustible haute performance de 8è génération. Celui-ci a été baptisé le FCmove-HD. Ce module est compact, robuste et offre une réduction de 35 % du coût du cycle de vie. Il a été spécialement conçu pour répondre aux exigences des opérateurs de bus de transport en commun. Il sera utilisé dans 1 000 bus électriques à pile à combustible (FCEB) qui seront déployés en Europe par le nouveau consortium H2Bus. La nouvelle pile se distingue par une grande fiabilité et une intégration simplifiée. Ce module de pile à combustible plus petit et plus puissant permet une plus grande flexibilité dans la conception des véhicules utilitaires. En réduisant le volume de 40 % et le poids de 35 %, le module est compact et discret, prêt à être installé dans des espaces restreints
Lors du salon UITP de Stockholm, le consortium H2 Bus a indiqué qu’il comptait déployer 1000 bus à pile à combustible en Europe d’ici 2023. Il s’agit de bus produits par le constructeur nord-irlandais Wrightbus, associés aux équipementiers Ballard Power Systems (pour la fabrication des piles à combustible) et Hexagon Composites (pour les réservoirs d'hydrogène). Nel Hydrogen se chargera de la production d’hydrogène à partir d’énergie renouvelable, la distribution étant assurée par Ryse au Royaume-Uni et Everfuel pour le reste de l’Europe. Ces partenaires proposent trois types de bus, de 12 à 18 m, dont le premier à partir de 375.000 € pour une autonomie de 450 kilomètres. Les bus seront disponibles entre 2020 et 2022. Les 600 premiers bus seront subventionnés à hauteur de 40 millions d'euros dans le cadre de Connecting Europe Facility (CEF), un programme européen. Ce financement permettra également d’abaisser le prix de vente de l’hydrogène entre cinq et sept euros par kg, avec des frais d’entretien de 30 centimes du kilomètre. Ces bus seront destinés aux marchés danois, letton et britannique (200 chacun)
Le gouvernement du Québec, via sa société d’État Transition énergétique Québec (TEQ), a annoncé avoir conclu un partenariat avec l’Agence française de de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, qui a un mandat similaire. L’alliance a été officialisée dans le cadre du Sommet Movin’on, à Montréal. Elle fait suite à la mission de Transition énergétique Québec en France réalisée en novembre 2018, lors de laquelle des représentants de différentes entreprises et institutions françaises engagées dans la transition énergétique ont été rencontrés. Les chercheurs s’intéressent au secteur des transports, notamment au rôle que l’hydrogène peut y jouer à titre de carburant de remplacement.
Le fabricant canadien de moteurs (du Diesel au gaz naturel) a fait une offre pour intégrer en tant que filiale à part entière la société Hydrogenics. Et pour cela, il est prêt à débourser 290 millions de dollars. Tom Liebarger, le PDG de Cummins, est heureux d’accueillir une compagnie qui s’investit depuis 24 ans dans la pile à combustible et qui va l’aider à élargir sa palette de technologies en faveur de moteurs plus propres. L’accord doit maintenant être validé par les actionnaires et les autorités du Canda. A noter que l’accord exclut The Hydrogen Company, une filiale d’Air Liquide et Hydrogenics, qui est par ailleurs le plus gros actionnaire d’Hydrogenics.
L'expérience de HYPE à Paris donne des idées. La ville de La Haye, aux Pays-Bas, a en effet lancé un appel d'offres pour un moyen de transport neutre en carbone. Celui-ci a été remporté par le groupe de transport Noot Personenvervoer, qui a proposé d'utiliser des taxis à l'hydrogène. La flotte sera composée de 35 Mirai, livrées par le concessionnaire local de Toyota. La Haye est la première ville néerlandaise à proposer ce type de mobilité partagée. Le patron de Noot Personenvervoer, Martijn Kersing, justifie le choix de l'hydrogène par son autonomie et le remplissage rapide du réservoir. Il explique que les taxis doivent être disponibles 24h/24. Il a fait référence à Paris, où une centaine de taxis à l'hydrogène roulent déjà (et ils seront 600 d'ici la fin 2020). Pour sa part, le professeur Ad van Wijk de l'Université Technique de Delft, déclare que le développement à l'échelle de l'hydrogène peut décarboner plus rapidement la société. Il estime que la ville de La Haye envoie un signal fort.
La première réunion de travail du partenariat « Vallées hydrogènes » a eu lieu le 25 juin dernier à Bruxelles. Officiellement créé en mai dernier, le partenariat Vallées hydrogènes est mené par les régions Aragon, Auvergne-Rhône-Alpes, Normandie et Nord-Pays-Bas. Une trentaine de régions européennes ont manifesté leur souhait de prendre part aux travaux du partenariat, démontrant ainsi un très grand intérêt pour le développement des technologies hydrogène dans toute l’Europe. Lors de cette journée, sept objectifs clés ont été définis: développer les technologies liées à l’hydrogène ainsi que leur disponibilité commerciale; informer les populations et former des techniciens et experts de l’hydrogène et des piles à combustibles; rapprocher les régions en fonction de leurs besoins et de leurs projets pour faciliter les co-investissements; renforcer la chaîne de valeur européenne des technologies hydrogène et piles à combustibles grâce à la coopération interrégionale; contribuer à la décarbonation de l’économie européenne; verdir la production d’hydrogène grâce à des modes de production respectueux de l’environnement; permettre aux régions d’être des partenaires actifs dans l’élaboration des politiques européennes liées à l’hydrogène. Les régions présentes ont par ailleurs mis en avant leur intérêt pour la mobilité hydrogène, principalement en ce qui concerne les transports routiers et ferroviaires.
Après la voiture et le camion, puis le bus, le groupe coréen va donc lancer un train à hydrogène d'ici 2020. Il va le faire avec sa filiale Hyundai Rotem, une entreprise sud-coréenne spécialisée dans la fabrication de systèmes et équipements ferroviaires. Dans le cadre de ce partenariat, Hyundai Motor fournira des piles à combustible et Hyundai Rotem fabriquera le train H2. Ce train pourra parcourir jusqu'à 200 km avec le plein d'hydrogène, à une vitesse de 70 km/h. Cette annonce intervient quelques mois après une rencontre entre le Président coréen et le PDG du groupe Hyundai. Le pays du matin calme entend être le leader mondial de la mobilité hydrogène en 2030. En parallèle de ce projet mené par Hyundai, il existe un projet national de train à hydrogène, avec un objectif fixé à 600 km d'autonomie pour une vitesse maxi de 110 km/h à l'horizon 2022.
Le catamaran à hydrogène va devenir le premier navire au monde à rejoindre l’Arctique grâce aux énergies renouvelables. Un signal fort à l’heure où l’Accord de Paris sur le climat est plus que jamais fragilisé. Après deux années de navigation et d’optimisation, Energy Observer s’apprête donc à accomplir une navigation historique. Ce sera d'ailleurs la plus longue depuis son départ de Saint-Malo en 2017. Le bateau à hydrogène va en effet parcourir 2400 milles entre Saint-Pétersbourg et Longyearbyen au Spitzberg en longeant la côte ouest de la Norvège. Ce pays sera le 23ème à s'ajouter à cette Odyssée pour le Futur. Le symbole est d'autant plus fort que la Norvège est un pays emblématique d'une prise de conscience de l'urgence climatique. Malgré une abondance de réserves en hydrocarbures, il a résolument orienté sa politique énergétique vers les ENR et l’hydrogène.
Dans le cadre d’un partenariat entre Switch Maritime et la start-up Golden Gate Zero Emission Marine (GGZEM), un ferry à hydrogène est actuellement en cours de fabrication à Alameda, en Californie. Baptisé le Water-Go-Round, il sera utilisé pour transporter les passagers traversant la baie de San Francisco. GGZEM a reçu une somme de 3 millions de dollars de la part du California Air Resources Board (CARB) en novembre dernier pour construire un ferry de 70 pieds pouvant transporter 84 passagers et fonctionnant à l’hydrogène. Sa première traversée en septembre de cette année débutera un test de trois mois pour collecter des données sur sa performance.
