Annoncé en mai dernier par Carole Delga, le Plan Hydrogène Vert de la Région Occitanie a été officiellement adopté en assemblée plénière, le 27 juin à Montpellier. Il est doté de 150 M€ sur la période 2019-2030. Ce Plan devrait aussi déclencher jusqu'à 1 Md€ d'investissements industriels. Satisfaite de ce vote, Carole Delga a réitéré l’ambition d’être la première Région à énergie positive (REPOS) d’Europe, grâce à cette forme d'énergie. L’Occitanie veut monter une « filière du futur » autour de l’hydrogène, à la fois sur le plan industriel, de la recherche et de l’innovation. Elle y engage les agences Arec et Ad’Occ, et Occitanie Europe à Bruxelles. L’initiative HyDeO d’Ad’Occ accompagne ainsi 15 projets-phares, comme HyPort (une station de production et distribution d'hydrogène vert prévue début 2020 sur l'aéroport Toulouse-Blagnac et des équipements à Tarbes), la pile à combustible de Safran à Toulouse, l'expérimentation du train à hydrogène d'Alstom à Tarbes, le centre d'essais pour véhicules et équipements à hydrogène Eveer'Hy'Pôle à Albi, le corridor hydrogène transpyrénéen H2Pyr, ou encore le projet H2 vert Littoral à Port-La-Nouvelle. La Région lancera par ailleurs un appel à projet baptisé "Territoires H2 d'Occitanie" auprès des collectivités et entreprises d'ici la fin 2019.
Dans le cadre du projet « Zero Emission Valley » mis en place par la Région Auvergne-Rhône-Alpes, la pose de la première pierre d’une station de recharge à hydrogène a eu lieu le 21 juin près de Chambéry. L'événement rassemblait Laurent Wauquiez, président de la région, Xavier Dullin, président de Chambéry–Grand Lac économie et Michel Dantin, maire de Chambéry. Il s'est déroulé à la Technopolys de la Motte Servolex. D’une capacité de 50 véhicules par jour, la future station sera alimentée par des énergies renouvelables. Elle sera opérationnelle à Chambéry avant fin 2019. Cette station sera mise en œuvre par la marque Hy-Station de la société Hympulsion, créée spécifiquement par la Région, ENGIE et Michelin. Ce sera la première d'un réseau régional de 20 stations, alimentées par 15 électrolyseurs et destinées à fournir de l'hydrogène vert à une flotte de 1 000 véhicules à pile à combustible. Lors de sa visite en Savoie, Laurent Wauquiez n’a pas hésité à boire directement l’eau évacué par le pot d’échappement d'un véhicule à hydrogène pour démontrer sa pureté.
C'est une bonne nouvelle pour l'économie de la région Bourgogne-Franche Comté. Alors que le contexte était plutôt marqué par les pertes d'emploi à General Electric à Belfort, l'équipementier automobile Faurecia a retenu le site de Bavans (Doubs) pour y implanter son centre mondial de recherche et développement pour les réservoirs à hydrogène. Le groupe faisait jouer la concurrence avec Berlin ou Grenoble. L'annonce a été faite par Marie-Guite Dufay, la Présidente de la région. Faurecia entend en effet investir dans la recherche et le développement de réservoirs à haute pression de nouvelle génération, plus performants et légers, ainsi que dans un centre d’essai de caractérisation de ces réservoirs. Prévu pour être opérationnel d’ici le deuxième trimestre 2020, ce centre d’expertise représente un investissement total d’environ 25 millions d’euros, dont 4,9 millions d’euros de subventions accordées par la Région Bourgogne-Franche-Comté. Faurecia prévoit la création à terme de 50 emplois à haute valeur ajoutée sur le site de Bavans qui compte déjà près de 750 salariés dédiés à l’activité Clean Mobility de Faurecia. Selon Mme Dufay, le choix du territoire par Faurecia est lié à la présence d'un écosystème de l'hydrogène sur le territoire avec l'UTBM et le FC LAB. "L’implantation du centre mondial de R&D de réservoirs hydrogène à Bavans est une excellente nouvelle qui viendra solidifier la structuration de la filière régionale, très présente dans le Nord Franche-Comté, a déclaré le Présidente de la région Bourgogne-Franche Comté. Et d'ajouter : "Notre ambition hydrogène est puissante : devenir une région leader en France et en Europe du vecteur hydrogène". "La création de notre centre d’expertise sur les réservoirs à hydrogène en France est une étape clé dans la stratégie de Faurecia de devenir un leader mondial de systèmes de pile à combustible", explique Christophe Schmitt Vice-président Exécutif de Faurecia Clean Mobility. "Cette technologie, parfaitement adaptée aux segments des véhicules utilitaires et poids lourds, jouera un rôle important dans la mobilité zéro émission", conclut-il.
Ce n'était pas acquis, car il fallait que le prototype LMP2HG, fruit de la collaboration entre l'ACO et GreenGT, puisse rouler et boucler au moins un tour du circuit, lors des tests une semaine avant la course. Mais, l’exploit a bien eu lieu. Le samedi 15 juin, à 14h42, le prototype de course MissionH24 a pu rouler, juste avant la mythique procédure de départ des 24 Heures du Mans 2019. Devant le peloton des 62 concurrents engagés à la 87e édition de la plus grande course d'endurance du monde, et sous les yeux de téléspectateurs du monde entier, la voiture de course électrique-hydrogène a pu boucler en démonstration un tour du grand circuit de 13,626 kilomètres. Cette première mondiale est une étape importante pour MissionH24. Ce roulage d'exception témoigne de la vision partagée, par l'ACO et GreenGT, pour favoriser le développement de cette mobilité décarbonée. Pour rappel, l'objectif de MissionH24 est la création d'une catégorie dédiée aux prototypes hydrogène aux 24 Heures du Mans 2024.
Le succès du symposium sur l'hydrogène du 11 juin a incité le maire du Mans et Président de la Métropole, Stéphane Le Foll, à envoyer une lettre aux intervenants. Il évoque une "réussite" et "une journée essentielle" pour le lancement de la filière hydrogène sur le territoire du Mans. Selon M. Le Foll, l'événement a "permis de jeter les bases d'une nouvelle dynamique pour engager l'ensemble des acteurs locaux dans des actions concrètes qui vont concerner l'ensemble de notre écosystème : universités et laboratoires, production d'énergie, transports, industries de production sans oublier le monde de la compétition automobile, vitrine du Mans et puissant outil de communication auprès du public". "Dès maintenant, poursuit le Président de la Métropole, nous allons tout faire pour que ces acteurs puissent développer rapidement des partenariats entre eux et avec l'ensemble de la filière et pour mettre en oeuvre des actions concrètes en réponse aux urgences de la transition environnementale". En conclusion, Stéphane Le Foll ne doute pas de rencontrer à nouveau les intervenants de ce symposium qui en appelle a priori d'autres.
Le Mans métropole a engagé l’acquisition, dès cette année, d’un bus à hydrogène pour une mise en service d’ici la fin de l’année 2019. L’objectif est de bâtir dans les cinq ans une flotte d’une dizaine de bus à hydrogène qui viendra compléter la flotte de 70 bus au gaz naturel (GNV). La quantité de méthane vert issue du traitement des boues de la station d’épuration permettra d’alimenter cette flotte GNV dès octobre 2020. Ainsi dans moins de deux ans, 80 véhicules sur les 136 qui constituent la flotte de la Setram seront propres, avec à terme l’objectif d’une flotte de bus alimenté par des carburants décarbonés. En accord avec l’ACO et la Région des Pays de la Loire, il y aura également la mise en place d’une station hydrogène qui sera située à proximité du circuit et du parking de la Setram où sont stationnés tous les bus de la Métropole. Cette station servira de premier point d’alimentation hydrogène pour la métropole et le département, ainsi que pour tous les nouveaux utilisateurs de la sphère économique qui seraient intéressés, quelle que soit leur activité ou qu’ils soient usagers de voitures individuelles. Parallèlement, la métropole étudie la possibilité de convertir ses camions et bennes à ordures ménagères en véhicules à l'hydrogène. Dans cette optique, elle pourrait construire sa propre station.
Basé en région parisienne, Milla Group* a décidé de s’installer aussi au Mans pour développer et fabriquer les châssis de sa navette autonome (Milla Pod) avec Beta Epsilon qui est intégré à 100 % dans le groupe. Pour information, il s'agit d'une société qui a conçu la BeeBee, une voiture électrique de loisir. Avec l'aide de Beta, qui a donc de l'expérience dans l'électromobilité, un travail commence pour proposer des solutions à base d'hydrogène. L'idée est d'utiliser une pile à combustible sous forme de range extender pour augmenter l'autonomie en mode zéro émission. La solution serait appliquée à la fois pour la BeeBee et la navette Milla Pod (ce serait d'ailleurs une grande première au sein de ce tout nouveau secteur de la mobilité, où les véhicules sont électriques à batterie). L'hydrogène serait utilisé sous la forme de cartouches basse pression.
*Une société d’ingénierie spécialisée dans la conduite autonome, créée par un ancien de VEDECOM et de Renault, Frédéric Mathis, et son associé Eric Gendarme qui a créé la société OBH (design, conception d’IHM, gestion de flottes).
Lors de Movin'On, l'événement que Michelin a organisé en juin à Montréal sur le thème de la mobilité durable, Symbio a pris la parole. La filiale de Michelin, qui est au centre de l'alliance avec Faurecia, a annoncé qu'elle allait sortir du stade artisanal. Jusqu'à présent, les piles à hydrogène de Symbio sont appliquées sur des Renault Kangoo ZE, et d'autres véhicules comme le Renault Trucks Maxity ou des véhicules spéciaux (une pelleteuse et un bateau). Elles sont fabriquées dans une usine Michelin (IMECA) spécialisée dans la fabrication des machines utilisées au sein du groupe et l’accompagnement de start-up. "Le marché est en train de basculer avec le décollage soudain en Asie", explique Fabio Ferrari, CEO de Symbio sun Autoactu.com. L'entreprise fait actuellement des lignes de production pilotes pour démontrer sa capacité de monter en cadence pour un début de production industrielle à partir de 2020. "Nous voulons atteindre 200 000 par an en 2030", souligne Fabio Ferrari. Ce passage en 10 ans d’une capacité de l’ordre de 150 unités par an à 200 000 est un challenge considérable pour Symbio. Mais, comme pour tout industriel de cette jeune filière, il s'agit maintenant de passer à l'échelle.
Au cours d’un événement lancé par le journal La Tribune, qui a réuni plus de 300 personnes en marge du Salon des entrepreneurs de Lyon 2019, huit entrepreneurs issus des milieux économiques, associatifs ou de la recherche ont reçu le prix "Transformons la France". Dans la catégorie Mobilité, c'est Valérie Bouillon Delporte, directrice de la stratégie Hydrogène chez Michelin et présidente d'Hydrogen Europe qui a été récompensée. "Je suis militante d'un progrès responsable. Je suis portée par la conviction que l'écologie n'est pas un coût mais une formidable opportunité industrielle", a-t-elle déclaré en recevant ce prix. Valérie Bouillon-Delporte est au conseil d’administration de l’AFHYPAC dans le collège « grands groupes industriels, institutions financières et ETI ».
Le jury de journalistes du Prix Maaf Auto Environnement a doublement distingué Hyundai. Le constructeur coréen a reçu le prix technologies d'avenir pour sa Nexo à hydrogène. Ce véhicule à la ligne futuriste embarque la technologie de pile à combustible la plus aboutie du moment. Par ailleurs, Hyundai a reçu un prix spécial pour sa stratégie en matière de développement durable. Avec sa marque sœur Kia, le groupe est présent sur toutes les énergies, de l'hybride léger jusqu'à l'hydrogène. Les autres lauréats sont Kia e-Soul électrique) pour la catégorie citadines, Toyota (Corolla hybride) pour la catégorie compactes, et Peugeot (508 BlueHDI) pour la catégorie familiales/routières. Ce dernier modèle a eu par ailleurs le prix coup de cœur des clients de la Maaf.
L'école d'ingénieurs va participer au Shell Eco Marathon, début juillet à Londres avec un prototype baptisé Idrogen et qui, comme son nom l'indique, est équipé d'une pile à combustible. L'objectif est de parcourir l'équivalent de 1600 km avec un seul plein. Une trentaine d’étudiants participe à ce projet, avec des membres chargés à la fois de trouver des fonds et de sélectionner des fournisseurs. Le budget est de 60 000 euros pour ce prototype ultra-léger, dont une partie financée par l'école. Au sein de l'ESTACA, ce projet est mené par l'association PV3e. Chaque année, elle concourt au Marathon de Shell avec deux prototypes: l'un engagé en catégorie moteur à combustion interne (Campus Paris-Saclay à Saint Quentin en Yvelines) et l'autre en catégorie pile à combustible (Campus Ouest de Laval). C'est une façon de motiver les étudiants autour de projets et d'affronter sur piste les meilleures équipes d'Europe.
Dans le cadre du salon international des transports publics (UITP) organisé à Stockholm (Suède), la RATP a signé un accord avec le constructeur polonais Solaris afin de tester son bus à hydrogène. Ce véhicule sera testé début 2020, pendant deux mois, en conditions réelles d'exploitation avec voyageurs. Il sera hébergé au centre bus de Thiais, dans le Val-de-Marne. Pour rappel, la société de transports parisienne s'est engagée à convertir, d'ici 2025, l'ensemble de ses centres bus à l'électrique et au biogaz et, à terme, d'opérer une flotte de bus "100% propre". Cela concerne 4.700 bus.
L’entreprise du Sud-Manche, spécialisée dans la carrosserie frigorifique, devait testera à partir de la fin juin sa semi-remorque frigorifique à hydrogène. Il s’agit d’un produit développé dans le cadre du projet ROAD. 5,5 millions d’euros ont été nécessaires à l’aboutissement de cette innovation. La Région Normandie, la Région Franche-Comté et la BPI France ont participé à hauteur de 36 %. Pour ce faire, des partenaires se sont associés au leader Chéreau dont les entreprises Carrier et Tronico, la Fédération de recherche FCLAB et l’École nationale supérieure d’arts et métiers. Un projet d’ampleur pour une entreprise aux 220 millions de chiffre d’affaires et 1 000 collaborateurs. Le prototype sera testé en conditions réelles par le transporteur normand Malherbe.
Ils sont arrivés juste à temps. Le dimanche 23 juin, dans le cadre des Echappées à Vélo (initiées par la Région Centre-Val de Loire), la communauté de communes Touraine Vallée de l’Indre a pu présenter les 15 vélos à hydrogène dont elle vient de faire l’acquisition, et qui étaient arrivés la veille. Les premiers cyclistes de passage à Bréhémont ont pu ainsi tester cette nouvelle forme de mobilité durable, lors d’une boucle, et voir au passage la station de remplissage qui a été installée par Atawey. D’autres essais ont pu avoir lieu après dans le centre de la commune. Ces vélos sont maintenant disponibles à la location auprès des loueurs de Bréhémont et d’Azay-le-Rideau.
Alors qu'elle vient de déployer des vélos à hydrogène dans le cadre du tourisme vert, cette communauté de communes d'Indre-et-Loire (22 communes au sud de la métropole de Tours) continue de mener à bien d'autres projets. D'ici quelques mois, elle entend se doter d’une station de production et de distribution d'hydrogène d’une capacité de 80 kg/jour. Elle sera installée au sein d'un centre routier, à proximité de l'autoroute A10. Ses besoins en énergie seront couverts par l’implantation d’ombrières photovoltaïques, qui fourniront une électricité d'origine renouvelable. Celle-ci servira ensuite à produire de l’hydrogène vert par électrolyse de l’eau. Dans le cadre du projet Hysoparc, en partenariat avec les communes membres et le Commissariat à l’Energie Atomique (CEA), le territoire va faire l'acquisition d’une flotte captive de 10 Kangoo à hydrogène sur la zone d’activités Isoparc. Touraine Vallée de l’Indre dispose déjà depuis mars dernier d'une station de production d'hydrogène d'une capacité de 20 kg par jour. Elle est fournie par McPhy. La communauté de communes estime que le potentiel de flottes captives est élevé, en raison de la présence de 2 600 entreprises dans un rayon de 30 km autour de ce parc d'activités. Par ailleurs, dans le cadre du projet Hector**, d’ici fin 2020, la Communauté de communes Touraine Vallée de l’Indre aura fait l’acquisition d’une Benne à Ordures Ménagères (BOM) à hydrogène. Cette autre forme de mobilité est issue d'un partenariat européen, avec une subvention du programme d’Interreg Nort West Europe et une coordination assurée par l'association européenne HyER (Hydrogen Fuel Cells and Electro-Mobility in European Regions).
*Dans le cadre du projet Velhyre
**Hydrogen Waste Collection Vehicles in North West Europe. Le projet vise à tester 7 BOM à hydrogène en Europe, le site de Sorigny en Touraine étant le seul en France.
Lors du dernier conseil communautaire, Gil Avérous, président de Châteauroux Métropole, a évoqué le dossier des énergies alternatives. Il a fait savoir que l’agglomération entendait répondre à l’appel à projets lancé par le ministère de la Transition écologique et l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). « L’hydrogène est inscrit dans notre projet Territoires d’industrie et cette production nous intéresse », estime le président. Rappelons que l’association BERHY travaille sur plusieurs projets : l’implantation d’une station de recharge hydrogène à Châteauroux, ainsi qie l’implantation d’un électrolyseur alimenté avec de l’électricité d’origine éolienne dans la Champagne berrichonne. L’hydrogène produit sera destiné à une station de recharge installée à la périphérie d’Issoudun et à terme, à une seconde le long de l’autoroute A20.
On ne parle ici d’un train comme celui d’Alstom, mais d’un train léger à l’hydrogène. Ce dernier relierait Figeac à Rodez en passant notamment par Cransac. Il s’agit d’une initiative citoyenne, dont Nicolas Debaisieux est à l’origine, qui pourrait devenir « une colonne vertébrale du transport décarboné ». Anne Blanc, députée de la deuxième circonscription a souligné « la mobilité durable » mais également « le sujet économique » et « l’outil social » qu’un tel train léger peut permettre. Ce projet, porté à cheval sur le département du Lot et de l’Aveyron, intéresse la députée du Lot, Huguette Tiegna qui a insisté sur la « mobilité du futur » qui s’inscrit pleinement dans la transition écologique. Actuellement, l’école des Ponts de Paris mène une étude sur plusieurs projets de mobilité douce et celui du train léger à hydrogène pourrait devenir un projet expérimental.
La jeune pousse française a installé un premier générateur d’hydrogène décarboné sous pression à la demande. Son client est le département de chimie de l'IUT Lyon 1, qui va pouvoir produire son hydrogène vert sur place. Cette solution permet de produire les petites quantités d’hydrogène nécessaires à la consommation d’un laboratoire universitaire - pour les travaux des enseignants-chercheurs et des étudiants - est accueillie par l’IUT de Chimie de Lyon, pour une première et six mois d’utilisation-test, à compter de la rentrée universitaire prochaine. L'intérêt de la station intégrée HyRIs Lab (Hydrogen Refueling Station) de fonctionner comme un électrolyseur (sans pour autant utiliser de technologie de type PEM, ou alcaline) et de fractionner des molécules d’eau. L’oxygène est libéré et l’hydrogène capté grâce à du sel de zinc, pour être ensuite fourni à la demande, sous pression entre 100 et 700 bars. Finaliste du concours national d’innovation en 2012, et forte d'une levée de fonds de 11 millions d’euros en février dernier, la start-up est dirigée par Patrick Paillère, un ancien d’Areva. Elle coopère notamment avec le fabricant basque de vélos à hydrogène Pragma Industries, pour développer des stations autonomes de recharge. Elle a aussi des liens avec le fabricant toulousain Delair, pour fournir un drone à hydrogène à la DGA.
Le 11 juin, le démonstrateur Grhyd* a injecté 20 % d’hydrogène dans le réseau de distribution de gaz naturel de l’éco-quartier « Le Petit Village », à Cappelle-la-Grande, près de Dunkerque. Il s’agit du taux maximum que s'était fixé Engie pour son projet de « power-to-gas ». Après avoir testé l’injection de 6 % d’hydrogène, puis des paliers à 10 % et 15 %, cette nouvelle valeur est le taux maximum envisagé dans le cadre de ce démonstrateur. La suite consistera à tester des variations entre 0 et 20 %. Le principe du « power-to-gas » consiste à utiliser un surplus d’énergie renouvelable pour produire par électrolyse de l’hydrogène, utilisé comme vecteur énergétique. Le gaz obtenu peut être stocké, combiné à du dioxyde de carbone pour être transformé en méthane ou, comme ici, être directement injecté dans le réseau de gaz naturel dans une proportion qui dépend des caractéristiques du réseau et du type d'utilisateurs.
*Gestion des réseaux par l’injection d’hydrogène pour décarboner les énergies
Lors de la dernière assemblée générale du GIP Chemparc, Pierre Nerguararian et Patrice Bernos, respectivement président et directeur général, ont réaffirmé leur volonté de constituer une filière hydrogène lacquoise. Ils ont évoqué au passage une future implantation du Groupe Suez. L’idée est de monter une filière complète dédiée à la production industrielle d’hydrogène à partir d’énergie « verte et décarbonée ». Cette future production d’hydrogène, largement étudiée ces derniers mois, pourrait permettre d’attirer sur le bassin de nouveaux acteurs engagés dans la réduction de l’empreinte environnementale de leur activité, en plus de ceux déjà installés sur la zone.
En 1935, en s’appuyant sur la toute jeune physique quantique, le physicien et chimiste hongrois Eugene Wigner, futur prix Nobel, prédisait que l’hydrogène soumis à de très hautes pressions pourrait devenir métallique. Il a fallu attendre 2017 pour qu’une équipe de Harvard y parvienne. Toutefois, la publication avait fait l’objet de nombreuses critiques par les spécialistes. Après de nombreuses tentatives infructueuses, c’est une équipe française menée par Paul Loubeyre (CEA), Florent Occelli (CEA) et Paul Dumas (synchrotron Soleil), qui pense avoir obtenu de l’hydrogène métallique à une pression de 4,25 millions d’atmosphères. L’article, qui a été soumis à la revue Nature, a été déposé sur le site arXiv.org où il fait actuellement l’objet de nombreuses discussions entre physiciens. Si ce résultat devait être confirmé, il constituerait une étape importante dans l’histoire de la physique. L’hydrogène métallique a la particularité, à température ordinaire, de de devenir supraconducteur, et donc de conduire l’électricité sans aucune perte. Il pourrait aussi constituer un combustible de choix notamment pour l’industrie spatiale. Enfin, il pourrait améliorer notre connaissance de l'Univers via la voie de la fusion inertielle et l'étude du cœur des planètes géantes comme Jupiter et Saturne.
