Du 16 au 20 novembre s’est tenue à Bruxelles une série d’évènements organisés par le FCH JU, comme habituellement à cette époque :
Quelques tendances et faits marquants :
Le changement de nom et de logo du New-IG :
Les industriels ont redéfini la vision et les missions que se donne l’Industry Grouping afin de mieux marquer la nouvelle étape d’enclenchement du déploiement sur le marché des technologies Hydrogène. Cela s’accompagne d’un nouveau nom plus évocateur pour l’association d’industriels, « Hydrogen Europe » et d’un nouveau logo :
Du côté des institutionnels, deux messages clairs exprimés au cours de l’assemblée générale :
« it is time to deliver » de la part de la Commission(Rudolf Strohmeier, DG Recherche), indiquant ainsi qu’après
avoir beaucoup aidé à la maturation des technologies et supporté l’effort des industriels, la Commission attend
maintenant un plan coordonné et global au niveau européen de la part des industriels décrivant une mise sur les
marché irréversible des technologies, La Commission veut voir concrétiser en termes d’emplois, de bénéf ices
environnementaux et énergétiques l’investissement public fait depuis 10 ans dans ce secteur.
- « We had a Chick-and-egg problem. Now we have Chicken, where are the eggs? » Ainsi Helmut Morsi (DG Transpor ts)
indique-t-il de façon feut rée son agacement vis à vis des constructeurs automobiles européens, notamment Daimler, de ne pas proposer rapidement des véhicules Hydrogène sur le marché alors que du côté infrastructures, plusieurs pays commencent à installer des stations de remplissage, soulignant un risque désastreux de voir toute une infrastructure tournant à vide pendant plusieurs années. Il a rendu hommage à la fois aux constructeurs asiatiques pour leur prise de risque en ce domaine (Toyota, Hyundai, Honda) et aux PME et start up européennes (Symbio FCell, Intelligent Energy) qui proposent déjà des solutions de mobilité électrique.
- La BEI, Banque Européenne d’ Investissement, qui a présenté les outils de financement « plus risqués » des premières phases de déploiement de nouvelles technologies dans les transports et l’énergie, notamment via le CEF (Connecting Europe Facility) et l’outil financier Innovfin sur les projets EDP (Energy Demonstration Project) qui permet de financer à 50 % sur 15 ans et à hauteur de 75 M€ maximum des projets de déploiement de nouvelles technologies de l’énergie.
Du côté des industriels, on a pu noter un message assez convergent des analyses de Siemens et Engie sur les marchés du Power to hydrogen indiquant que les premiers business cases profitables dans ce domaine seront dans le domaine de la mobilité, de l’industrie mais que la rentabilité des applications « Power to gas » pur (injection d’hydrogène ou de méthane de synthèse dans le réseau de gaz naturel) était à un horizon beaucoup plus lointain. À l’instar de l’année précédente, Daimler a présenté sa stratégie mais sans donner aucune précision quantitative sur la mise sur le marché des véhicules. Une photo des chaînes de production et d’assemblage des futurs véhicules en Allemagne a été présentée en guise de témoignage de son implication. Enfin la priorité donnée à la montée en puissance des projets de bus, notamment au travers du prochain appel 2016, a été confirmée.
Enfin du côté de la recherche, N.ERGHY a souligné toute l’impor tance de la recherche dans les performances actuelles de la technologie et l’importance d’une étroite collaboration avec l’industrie pour garder des technologies compétitives au niveau mondial. N.ERGHY a proposé de renforcer dans l ’année qui vient les modes de coopération avec l’industrie en établissant des road maps technologiques détaillées et partagées, tout en soulignant l’importance de la recherche plus fondamentale pour parvenir à des ruptures technologiques. J.F. Clerc (CEA) a exposé l’intérêt et l’importance des Kets (Key Enabling technologies) dans le secteur manufacturier et a proposé, dès l’appel 2017 du FCH JU, une transposition adaptée de ces Kets à l’industrie des technologies de l’hydrogène pour accélérer leur passage à la production industrielle. Il a également proposé au FCH JU la mise en oeuvre de l ’outil IPCEI (Important Programme
of Common European Interest, 3 États Membres minimum requis) pour accélérer le déploiement des infrastructures et
la combinaison des financements de différentes sources.
En conclusion, on a pu noter une assemblée générale charnière cette année, point de départ vers une nouvelle étape vers la commercialisation et le déploiement plus massif et visible de ces technologies.
Les présentations et vidéos sont disponibles sur www.fch.europa.eu
Par Paul Lucchese, Vice-Président de l’AFHYPAC
