On a beaucoup parlé depuis le 14 juillet de la fin programmée du moteur thermique en 2035 et des opportunités que cela crée pour développer le véhicule électrique (y compris celui à l'hydrogène). Mais, que contient exactement le paquet législatif "fit for 55*" ? La Commission européenne souhaite la réduction de 55 % des émissions de véhicules (voitures et utilitaires légers) d'ici à 2030, par rapport aux niveaux de 2021, et de 100 % 5 ans plus tard. Bruxelles explique que si les objectifs initiaux de - 37,5 % avaient été maintenus pour 2030, il n'aurait pas été possible. En amplifiant les efforts pour le CO2 et en tirant un trait sur le moteur thermique (tout en parlant de neutralité technologique !), avec un seuil de 0 g pour 2035, la Commission table sur un taux d'adoption beaucoup plus fort pour les véhicules électriques. Ainsi, au lieu de 25 % comme cela était initialement prévu en 2030, il devrait atteindre 45,3 % pour les véhicules à batterie, surpassant la part du moteur à combustion (39,4 %) et de l'hybride rechargeable (14,3 %). La part de l'hydrogène serait de 1 % selon la Commission à la fin de la décennie. En 2035, suite à l'interdiction du thermique (et de l'hybride rechargeable), la part de l'électrique à batterie serait alors de 90,2 %, le reste (9,8 %) étant constitué par des véhicules à hydrogène. Et pour 2040, les experts de Bruxelles prévoient une montée de l'hydrogène à 10,1 %, la batterie dominant largement le marché automobile à 89,9 %. Alors qu'on aurait pu croire l'inverse, les prévisions de la Commission font état d'un marché largement dominé par l'électrique à batterie dans les utilitaires (34,7 % contre 0,7 % pour l'hydrogène en 2030, les chiffres étant ensuite de 94,2 % et 5,8 % pour 2035 et enfin de 93 % et de 7 % pour 2040). Par ailleurs, rappelons que l'objectif est de proposer des stations de remplissage tous les 150 km.
*Un paquet législatif qui vise à réduire de 55 % les émissions de CO2 au cours de la prochaine décennie afin de mettre progressivement fin à la dépendance économique de l’Union européenne vis-à-vis des combustibles fossiles. Le texte s’aligne sur l’accord sur le climat de Paris (COP 15 de 2015) et le « Pacte Vert » (Green Deal) annoncé par la Commission. La volonté est d’arriver à la neutralité carbone en 2050.
Du 7 au 12 septembre, un tout nouveau salon de l'automobile a remplacé en Allemagne celui qui se tenait avant à Francfort. Il garde le nom d'IAA Mobility mais s’est déroulé à Munich, en Bavière. Un site qui ne peut que ravir BMW, sachant que la ville héberge son siège social. La marque à l'hélice était au rendez-vous avec plusieurs modèles électriques dont les i4 et iX à batterie, mais aussi la i Next Hydrogen. Ce modèle à pile à combustible, développé sur la base du X5, est actuellement en phase de test en vue de son lancement en 2022.
La marque de luxe du groupe Hyundai Motor ne prévoit que des lancements de modèles à hydrogène ou à batterie à partir de 2025. Elle compte avoir une gamme de huit modèles utilisant ces deux formes d’électrification en 2030, avec un objectif annuel de 400 000 unités. D’ici la fin de la décennie, elle arrêtera de commercialiser les moteurs à combustion interne.
Selon Forbes, la marque japonaise préparerait une version avec moteur à hydrogène de sa célèbre Prius. Le célèbre modèle hybride, dont la 5e génération est prévue pour fin 2022, utiliserait ce carburant gazeux dans un moteur à essence d’1,8 litres, combiné avec un moteur électrique et une batterie rechargeable. Toyota aurait par ailleurs en projet une version de route de la Corolla de compétition avec moteur à hydrogène qui a déjà participé à des courses au Japon. Le constructeur n’a pas confirmé ces informations.
Financée par le cinéaste américain Jesse Cameron Glickenhaus, l'écurie de course - qui participe à des courses d'endurance* mais aussi à la Baja mexicaine** - vient de dévoiler sur Twitter un premier teaser de la version à hydrogène de son buggy. Il aura pour nom Glickenhaus Zero Emission Hydrogen Fuel Cell Boot Pickup. Dérivé du Boot à moteur V8, qui a déjà participé à cette course, le véhicule intègre donc une nouvelle chaîne de traction et voit sa carrosserie modifiée. Le buggy hydrogène vise une autonomie de 600 miles (960 km), soit l'équivalent de la distance à parcourir pour terminer la Baja avec un seul plein. Jesse Cameron Glickenhaus a d'ailleurs invité Elon Musk à engager son Cybertruck pour l'affronter. Sans succès, semble-t-il. On sait également que le buggy à hydrogène pourrait assurer la fonction de générateur, grâce à la fonction V2L (Vehicle to load). Le véhicule pourrait également participer au Dakar, qui s'ouvre à ce type d'énergie. Si le coût d'un véhicule de compétition est de l'ordre de 500 000 $, Glickenhaus réfléchit à une version de production dont le prix serait de 100 000 $. Il y a par ailleurs un projet de retrofit pour remplacer le moteur thermique des pick up par une solution "plug & play" à hydrogène.
*dont les 24 h du Mans cette année dans la nouvelle catégorie Hypercar
** La Baja 1000 une course de rallye-raid pour véhicules tout-terrains disputée durant le troisième week-end du mois de novembre dans la Péninsule de Basse-Californie au nord-ouest du Mexique depuis 1967
En présentant ses résultats semestriels, l'équipementier français a fait le point sur le déploiement de sa stratégie hydrogène. Ainsi, il a rappelé que depuis le 1er mars 2021, Plastic Omnium et ElringKlinger ont lancé leur co-entreprise EKPO Fuel Cell Technologies, qui se positionne en leader de la pile à combustible pour une large gamme d’applications (véhicules commerciaux, bus, véhicules particuliers, trains et bateaux...). Le groupe a également acquis ElringKlinger Fuelcell Systems Austria GmbH (EKAT), filiale autrichienne d’ElringKlinger spécialisée dans les systèmes à hydrogène intégrés. Avec cet ensemble, Plastic Omnium propose ainsi une offre globale comprenant le stockage d’hydrogène, la pile à combustible et le système à hydrogène intégré, qui lui permet aujourd’hui de répondre, avec ses capacités industrielles disponibles, à la multiplication des appels d’offres dans le domaine de la mobilité hydrogène et de confirmer ses ambitions d’un chiffre d’affaires de 3 milliards en 2030. Cette stratégie s’est déployée au cours de ce premier semestre, avec des commandes gagnées dans le stockage d’hydrogène (Hopium) et dans les systèmes de piles à combustibles (EFA-S) et par EKPO pour des piles à combustibles (GCK, AEDS). Le groupe a également conclu un partenariat stratégique avec Mc Phy visant à collaborer sur les protocoles et les interfaces de remplissage entre stations hydrogène et réservoirs haute pression. L’activité commerciale est intense, commente encore l'équipementier, et se déroule conformément au plan de marche annoncé en 2020, et concerne à la fois les constructeurs automobiles et les acteurs de la mobilité (bus, camions, trains).
Le géant japonais s'était rapproché en décembre 2020 du fabricant de bus portugais, devenant un actionnaire direct. Cette prise de participation capitalistique était destinée à accélérer la production. L'évolution logique est que Toyota et Caetano apposeront leurs deux noms sur les bus e.City Gold, H2.City Gold. Le premier est 100 % électrique à batterie, le second intègre des piles à combustible de chez Toyota (dans le cadre d'un partenariat depuis 2019). Ce bus à hydrogène a une autonomie de 400 km et se recharge en 9 mn. Caetano a gagné en visibilité sur la scène internationale, en raison de la demande croissante pour les bus zéro émission. Toyota souhaite profiter de cet engouement et apposer aussi son logo sur les bus portugais, afin de montrer qu'il est engagé dans la mobilité propre, aussi bien électrique à batterie qu’hydrogène.
A l’occasion de la “Advanced Clean Transportation Expo 2021" (ACT Expo), un événement qui se déroulait à Long Beach (Californie), du 30 août au 2 septembre), la coentreprise détenue par Faurecia et Michelin a annoncé la création de sa filiale en Amérique du Nord. Pour le marché américain, Symbio se concentrera sur les véhicules utilitaires légers, les véhicules commerciaux moyens et les poids lourds, de façon à offrir des solutions hydrogène personnalisées aux constructeurs et gestionnaires de flottes. Les solutions de l'équipementier français sont compactes, efficaces et faciles à installer dans les compartiments moteurs existants. L'ACT Expo sera l'occasion de présenter un produit de 150 kW qui est particulièrement adapté aux pick-ups, aussi bien qu'aux véhicules légers et moyens et aux poids lourds. Symbio North America est dirigée par Rob Del Core, qui était auparavant chez Hyzon en tant que responsable de la stratégie. Il est passé aussi par Hydrogenics. Le Vice-Président de la nouvelle filiale connaît bien l'hydrogène, en particulier dans les secteurs de la mobilité durable moyenne et lourde.
Dans le cadre de sa transformation, la branche poids-lourds de Daimler a décidé de convertir aux composants électriques des usines autrefois dédiées à la fabrication de moteurs thermiques. Il s'agit des sites de Gaggenau, Kassel et Mannheim. Ces trois usines, tout comme celle de Detroit aux Etats-Unis, produiront des moteurs électriques, des batteries ainsi que des composants liés aux futurs camions à hydrogène. L'hydrogène sera géré à Gaggenau (propulsion) et à Mannheim (assemblage des piles à combustible). Ce dernier site dispose depuis 25 ans d'un centre de compétences sur le zéro émission. Par ailleurs, les sites de production deviendront neutres en carbone dès 2022, grâce à de l'électricité verte.
Alors que la compagnie américaine commence à livrer ses premiers camions à hydrogène pour l'Europe, on apprend que 85 véhicules seront remis à leurs clients d'ici la fin de l'année. Les premiers revenus sont attendus au prochain trimestre. Hyzon a accumulé des commandes pour un montant de 83 millions de dollars (contre 55 en avril). Mais, le constructeur précise que certains engagements ne sont pas encore fermes, citant par exemple le cas d'un client autrichien qui veut 70 camions l'année prochaine. De plus, il faut laisser le temps aux clients de découvrir cette nouvelle technologie. Pour le moment, ce nouvel entrant accuse des pertes de 9,4 millions de dollars au dernier trimestre, dont 3,5 millions qui ont été investis en recherche. Adossé à la compagnie financière Decarbonization Plus Acquisition Corp, Hyzon Motors affirme avoir 517 millions en cash et pense pouvoir tenir jusqu'en 2024 sans avoir à vendre d'actions. Sans doute échaudé par le revers de fortune de Nikola, porté par la bourse avant de retomber brutalement, le constructeur ne promet pas la lune. En attendant, il travaille en parallèle sur l'infrastructure. Hyzon a un accord avec Raven SR pour déployer une centaine de hubs de production d'hydrogène à partir de déchets. Deux sont déjà programmés en Californie.
GreenGT, qui est impliqué dans le camion H2 à travers le projet CATHyOPÉ, annonce un accord avec KAMAZ, le leader russe des camions et autobus. Ils vont développer des camions industriels à propulsion électrique-hydrogène. L'annonce intervient dans le cadre du salon ComTrans, qui se tient actuellement à Moscou, et où les deux partenaires ont dévoilé un prototype. Ce camion de 40 tonnes est propulsé par un système de pile à combustible à hydrogène de 170 kW avec deux stacks de 85 kW, alimenté par 6 réservoirs d'hydrogène. Il offre une capacité de stockage combinée d’environ 45 kg d’hydrogène. Ce poids-lourd d’une puissance de 570 ch revendique une autonomie de 500 km et refait le plein en moins de 15 minutes. Le prototype présenté à Moscou est en configuration 6x2 sur la base d’un châssis-cabine KAMAZ. Le système pile à combustible a été intégralement développé par GreenGT S.A. en Suisse dans le cadre du projet GoH!. Ce projet, initié par la fondation Nomads en 2018, a débouché sur l'élaboration d'un camion hydrogène suisse, dont la première apparition publique est prévue du 10 au 13 novembre dans le cadre du 11e Salon suisse du Véhicule Utilitaire de Bern.
Avec une stratégie ambitieuse et un soutien politique fort, mis en œuvre à travers le plan « Hydrogen Economy Roadmap », le pays du matin calme met les bouchées doubles dans l'hydrogène. Un dynamisme dont entend profiter Air Liquide. Le groupe français se dit prêt à investir dans l’ensemble de la chaîne logistique, de la production au stockage en passant par la distribution et le développement d’applications pour les utilisateurs finaux. En ce qui concerne la partie amont, Air Liquide a récemment signé un accord avec SK E&S, un acteur mondial d’énergie et de solutions propres, pour fournir la plus grande usine de liquéfaction d’hydrogène au monde. Le site aura une capacité de 90 tonnes d’hydrogène liquide par jour pour répondre aux besoins du marché de la mobilité. Air Liquide et LOTTE Chemical ont également signé un protocole d’accord pour co-investir dans de nouveaux centres de distribution d’hydrogène à haute pression et dans des stations hydrogène. Le groupe a en outre signé un protocole d’accord avec la ville de Yeosu et la province du Jeolla du Sud pour étudier d’autres projets d’investissement, comme la construction d’une usine de liquéfaction d’hydrogène. Ces nouveaux projets vont venir enrichir un parc existant de quatre usines de production. En aval, Air Liquide, qui a déjà 8 stations de recharge hydrogène en Corée du Sud, va mettre en service prochainement de nouvelles stations. Il faut dire que l’année dernière, le nombre de véhicules à pile à combustible a plus que doublé : on en dénombre aujourd’hui 15 200. La filiale locale est impliquée dans deux consortiums coréens sur la mobilité hydrogène, HyNet et KOHYGEN, respectivement dédiés au déploiement de stations hydrogène pour les véhicules utilitaires légers et pour les poids lourds.
Les ministres bavarois de l'Economie et du Transport ont signé un protocole d'accord avec Siemens Mobility et l'opérateur ferroviaire régional BRB afin de soutenir les essais qui seront bientôt réalisés dans la région autour d'un train à hydrogène. Ce train à deux voitures doit notamment être testé sur la ligne Augsbourg - Füssen. La phase pilote va durer 30 mois avec une présentation au public au printemps 2022 et les premiers essais à partir de la mi-2023. Le train devrait ensuite entrer officiellement en service voyageurs en janvier 2024. Développé sur la base du Mireo Plus H, le train H2 de Siemens a une autonomie de 800 km. Il utilise deux piles à combustible de Ballard montées sur le toit, ainsi qu'une batterie de dernière génération fournie par le français Saft (filiale de TotalEnergies). "Nous sommes convaincus que la technologie hydrogène apportera une contribution significative à la décarbonation des transports. Nous prouverons en Bavière que l'économie et la protection du climat peuvent être conciliées avec l'hydrogène vert", a assuré Hubert Aiwanger, le ministre bavarois de l'Économie.
La start-up américaine a prévu une série de tests au sol de la pile à combustible produite par Hyzon Motors afin d’évaluer sa potentielle utilisation à bord d‘un avion. Cet acteur développe des piles permettant d’atteindre une densité d’énergie volumétrique supérieure à 6,0 kW/litre et une densité de puissance gravimétrique supérieure à 5,5 kW/kg bien au-dessus des moyennes de l'industrie. Ces performances sont obtenues grâce à la combinaison de technologies exclusives dans la plaque bipolaire et l'assemblage membrane-électrodes (AME). ZeroAvia testera la pile Hyzon en simulant les cycles de fonctionnement d'un avion : le décollage, la croisière, l'atterrissage et le roulage, les changements rapides d'altitude et d'autres conditions ambiantes. Après la validation de ce programme d'essais au sol, des expérimentations en vol réel sont prévues.
L'opérateur norvégien Norled vient de prendre livraison du MF Hydra, le tout premier ferry au monde fonctionnant à l’hydrogène liquide. Conçu par la société LMG Marin et construit au chantier naval de Westcon, le ferry mesure 82,4 mètres de long et peut accueillir jusqu'à 300 passagers et 80 voitures. Doté de deux piles à combustible de 200 kW et de générateur de 440 kW, il pourra atteindre une vitesse de 9 nœuds. Produit par le nouvel électrolyseur de 24 MW de Linde installé au complexe chimique de Leuna en Allemagne, l’hydrogène liquide sera stocké dans une cuve de 80 m3 montée à bord du navire. Le MF Hydra devrait commencer à naviguer d’ici quelques mois.
En mai dernier, Kawasaki Heavy Industries, Yanmar Power Technology et Japan Engine Corporation avaient annoncé leur intention de former un consortium autour des moteurs de marine fonctionnant à l'hydrogène. Leur initiative se concrétise avec la création de l'entreprise commune HyEng Corporation. Détenue à parts égales (33,33 %), la société est basée à Akashi City, dans la préfecture de Hyogo. L'objectif des trois partenaires est de mettre sur le marché ces moteurs en 2025. Il s'agira de moteurs à combustion alimentés par de l'hydrogène. HyEng intègrera le stockage à bord de l'hydrogène ainsi que la maintenance. Cette alliance a pour vocation à décarboner le transport maritime et à revitaliser au passage l'industrie du Japon dans ce domaine.
Au sein du groupe Punch Torino, la nouvelle structure Hydrocells - qui travaille sur l'hydrogène – fera une annonce dans le cadre du salon nautique de Gènes, qui se tiendra du 16 au 21 septembre. Bien que les recherches se poursuivent pour des moteurs Diesel plus propres, un moteur à combustion fonctionnant à l'hydrogène sera exposé lors de cet événement. Il s'agit d'un V8 de 6,6 litres Duramax conçu par General Motors (à qui le groupe Punch a racheté son activité moteurs en Italie). En attendant de fournir des piles à combustible, et d'aller vers le zéro émission, le groupe Punch estime que l'hydrogène dans le moteur est une voie de transition pouvant contribuer à la décarbonation du transport maritime. Un accord de coopération en ce sens a été passé avec Castagnola Yacht. Le groupe souhaite d'ailleurs étendre la solution à d'autres formes de mobilité.
L'équipementier automobile américain, qui fournit aux constructeurs de voitures et de poids-lourds des composants liés aux moteurs thermiques, annonce qu'il va se lancer dans les carburants synthétiques. C'est pour lui une alternative "viable à court terme" pour rendre neutre en carbone le moteur à combustion. Le groupe va travailler en ce sens avec des experts et des partenaires du monde académique à travers le projet Namosyn. Ce projet, soutenu par le gouvernement allemand, réunit 37 partenaires dont des constructeurs (Audi, BMW), des équipementiers (AVL, Bosch, Mann+Hummell, Schaeffler) et des acteurs de l'énergie (BP, Linde) et des organismes de recherche dont les instituts Fraunhofer. Ces fameux carburants synthétiques peuvent être obtenus par gazéification, à partir d'énergies renouvelables (solaire, éolien) qui sont transformées en hydrogène par électrolyse. On obtient à l'arrivée une essence ou un Diesel neutre en carbone et qui réduit de 50 % les émissions de NOx et de particules. L'intérêt est de pouvoir utiliser ces carburants liquides dans des stations classiques et sans transformation des moteurs.
Le projet Haru Oni se base sur la production d’énergie éolienne dans la province de Magallanes, dans le sud du Chili, afin de produire un carburant pratiquement neutre en CO2. Dans un premier temps, des électrolyseurs séparent l'eau en oxygène et en hydrogène vert grâce à l'énergie éolienne. Le CO2 de l’air est ensuite filtré et combiné avec l'hydrogène vert pour produire du méthanol synthétique, qui est à son tour transformé en eFuel. Porsche est moteur dans ce projet et utilisera ces carburants dans ses propres véhicules à moteur à combustion. L'usine pilote devrait commencer à produire à la mi-2022. En plus de Siemens Energy, Porsche et HIF, Enel, ExxonMobil, Gasco et ENAP participent au projet Haru Oni. Michael Steiner, membre du directoire en charge de la recherche et du développement chez Porsche AG, a déclaré : " Les eFuels permettront de réduire jusqu'à 90 % les émissions de CO2 d'origine fossile des moteurs à combustion. Nous utiliserons notamment les premières productions de carburant en provenance du Chili dans nos voitures de course participantes à la Porsche Mobil 1 Supercup à partir de 2022."
CMB.TECH, la division recherche et développement de la Compagnie Maritime Belge (CMB), et le distributeur de machines pour le génie civil, Luyckx, ont développé une excavatrice dotée d'un moteur multi-carburants pouvant également fonctionner avec de l'hydrogène. Les deux partenaires ont mis au point une excavatrice de 37 tonnes, capable de fonctionner aussi bien avec du diesel qu'avec de l'hydrogène. Selon des estimations, l'utilisation de l'hydrogène permettrait de réduire les émissions de CO2 jusqu'à 8 tonnes par jour et par site. CMB.TECH a également conçu une nouvelle station de recharge à hydrogène mobile, qui peut aller jusqu'à fournir 600 kilos d'hydrogène au client. L'installation peut approvisionner des excavatrices, des camions, des machines portuaires, des navires et des générateurs.
Le groupe américain annonce l'arrivée d'ici la fin de l'année de groupes électrogènes fonctionnant à 100 % avec de l'hydrogène (y compris renouvelable). Ces systèmes seront réalisés à la demande. Caterpillar propose dès maintenant des générateurs Cat fonctionnant avec du gaz naturel et 25 % d'hydrogène. "Les solutions à hydrogène combustible permettent de répondre aux objectifs de réduction de carbone des clients avec des technologies performantes et rentables", résume Joe Creed, l'expert en énergie de l'entreprise. Caterpillar a une certaine expertise de l'hydrogène, puisque le groupe a déjà utilisé cette forme d'énergie pour faire tourner des turbines sous forme de mélange. La société estime donc venu le temps de passer au 100 % hydrogène.
Alors qu'il doit accueillir en novembre la COP26 à Glasgow, le Royaume-Uni vient de présenter son plan sur l'hydrogène. Le ministre en charge de l'Energie, Kwasi Kwarteng, a en effet dévoilé la stratégie nationale avec un budget de 4 milliards de livres d'ici 2030. Le montant n'est pas aussi conséquent qu'en Allemagne (9 milliards d'euros) ou en France (7,2 milliards). Néanmoins, la feuille de route affiche l'ambition d'une capacité de 5 GW d'électrolyse en 2030 et la création de 9 000 emplois à cet horizon. D'ici 2050, l'hydrogène pourrait générer 100 000 emplois et un chiffre d'affaires de 13 milliards, selon le ministère. L'Angleterre, qui parle d'hydrogène "bas carbone", voit ce vecteur d'énergie jouer un rôle dans la décarbonation du secteur industriel (chimie, raffineries), l'énergie, mais aussi dans le transport (bateaux, camions et trains). Il pourrait représenter 20 à 35 % de la consommation d'énergie en 2050.
Le gouvernement écossais vient de publier un rapport qui passe en revue les opportunités de collaboration entre la France et l'Ecosse. Ce document de 48 pages fait suite à une étude commandée par Glasgow à propos de l'éolien flottant, et qui a associé notamment des représentants de la Bretagne et de l'Occitanie. Après une première phase technique, qui a identifié les défis de la production d'hydrogène off-shore, le groupe de travail* a délivré 4 recommandations. Il propose ainsi de définir des objectifs au niveau régional en France (en fonction des ambitions et de la géographie), d'engager une collaboration au niveau de la recherche par du réseautage, d'élaborer sous forme de plateforme un démonstrateur associant le savoir-faire des acteurs français et écossais, et enfin d'identifier les compétences nécessaires pour s'engager sur ces nouveaux marchés d'énergie renouvelables. La France et l'Ecosse semblent partager une vision commune de la "transition juste" (faire en sorte que la transition vers une économie climatiquement neutre s’effectue de manière équitable, sans laisser personne sur le bord de la route).
*Constitué d'experts de l'EMEC (European Marine Energy Centre), du Renewables Consulting Group et d'INNOSEA.
La start-up danoise, très active en Europe du Nord pour la construction de stations, annonce la mise en chantier imminente du plus grand électrolyseur d'Europe. Elle a reçu le permis de construire et a sélectionné le maître d'oeuvre. Le système, d'une capacité de 20 MW, sera en opération à la mi-2022 à Fredericia (Jutland) au Danemark. Cet électrolyseur produira jusqu'à 8 tonnes par jour d'hydrogène vert. Il ne s'agit que de la phase 1 du projet HySynergy. L'ambition est de porter la capacité à 300 MW d'ici à 2024 pour la phase 2. D'un montant de 250 millions d'euros, ce projet fait d'ailleurs partie des 6 retenus par les autorités danoises et qui pourraient faire l'objet d'un IPCEI (projet d'intérêt commun) en Europe, sachant qu'Everfuel est également impliqué dans deux autres (Blue Seal et Green Fuels). Quand l'électrolyseur sera au maximum de ses capacités, il permettra d'économiser 214 000 tonnes par an d'émissions de CO2. 20 % de l'hydrogène vert produit sera utilisé pour la mobilité. Le restant (80 %) servira pour du raffinage de carburants.
Le groupe français monte en puissance sur l'hydrogène vert. Il prévoit de construire à Oberhausen, en Allemagne, une unité de production par électrolyse d’hydrogène à partir d’eau et d’électricité renouvelable. D’une puissance à terme de 30 MW, mégawatts (MW), la première tranche de cette unité de production devrait être opérationnelle début 2023. Cet électrolyseur aura la particularité d’être relié à l’infrastructure locale existante de canalisations d’Air Liquide pour fournir en hydrogène renouvelable des industries clefs et la mobilité dans l’une des régions les plus industrialisées d’Allemagne, Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Près de 15 grands sites industriels sont déjà connectés à ce réseau aujourd’hui. Cet électrolyseur géant sera le premier construit dans le cadre du partenariat d’Air Liquide avec Siemens Energy. La solution technologique est de type PEM (Membrane Échangeuse de Protons). Pour accélérer la mise en œuvre de ce projet, un financement public lui a été accordé par le ministère fédéral allemand de l’Economie et de l’Energie.
Alpiq, EW Höfe et SOCAR Energy Switzerland prévoient de construire la plus grande installation de production d'hydrogène vert de Suisse. Située à Freienbach, dans le canton de Schwytz, elle fera appel à de l'électrolyse, avec une capacité allant jusqu'à 10 MW. Elle sera en mesure de produire 1 000 à 1 200 tonnes par an lorsqu’elle sera terminée. Cet hydrogène vert sera connecté au réseau et produit exclusivement avec de l'électricité provenant de sources renouvelables. Il sera ensuite transporté sans émettre d’émissions via un pipeline depuis l'ancienne sous-station (où il sera produit), vers l'aire d'autoroute voisine de Fuchsberg, où SOCAR érigera des stations-service à hydrogène dans les deux sens de circulation. L'hydrogène pourra ainsi alimenter jusqu’à 200 poids camions à pile à combustible – ce qui permettra d'éviter l’émission d'environ 14 000 tonnes de CO2 par an par rapport à des poids lourds diesel. Une installation de remplissage sera également aménagée sur l'aire d'autoroute pour fournir l'hydrogène qui n'est pas directement vendu sur cette aire d’autoroute aux autres stations-service à hydrogène de Suisse. Ces dernières voient actuellement le jour dans le cadre d'un système de mobilité à l’hydrogène unique et transversal conçu par Hydrospider, Hyundai Hydrogen Mobility et les membres de l'association Mobilité H2 Suisse. Le projet pose en outre de nouveaux jalons en matière d'efficacité énergétique : les partenaires prévoient, dans une deuxième phase, d’injecter la chaleur résiduelle issue de la production d'hydrogène dans le nouveau chauffage urbain régional d'Energie Ausserschwyz. Cette chaleur résiduelle permettra de chauffer jusqu'à 1 300 ménages dans les districts de Höfe et March. De même, les partenaires examineront la possibilité d’ajouter de l'hydrogène dans le réseau de distribution de gaz existant d'EW Höfe.
La Namibie se lance elle aussi dans la course pour la production de l’hydrogène vert. Le pays d’Afrique australe bénéficie d’un soutien de poids, celui de l’Allemagne. Berlin confirme l’octroi d’un financement de 40 millions d’euros avec deux objectifs majeurs. L’Allemagne, allié historique de la Namibie pour son passé colonial, veut soutenir la recherche pour le développement de l’industrie naissante de l’hydrogène vert. « Les estimations préliminaires évaluent la production annuelle d’ammoniac vert de la Namibie à plus de 2,5 millions de tonnes, ce qui attirera plus de 6 milliards de dollars namibiens (près de 344 millions d’euros) d’investissements directs étrangers, tout en générant des revenus annuels de plus de 800 millions de dollars namibiens (près de 46 millions d’euros) », indique Obeth Kandjoze, le commissaire national à la planification de la Namibie. Selon ce responsable, l’Université de Namibie sera le fer de lance des recherches visant à mettre en place une industrie dynamique de l’hydrogène vert, avec le soutien d’autres parties prenantes sur place en Namibie et venant d’Allemagne.
Selon l'agence Bloomberg, la région chinoise de Mongolie-Intérieure a approuvé un projet qui utilisera l’énergie solaire et éolienne pour produire massivement de l’hydrogène vert. La capacité du site sera de 2,2 GW. Ce qui en fera le plus gros développement de ce type en Chine. L’Administration de l’énergie de Mongolie intérieure a autorisé un groupe de centrales dans les villes d’Ordos et de Baotou qui utiliseront 1,85 gigawatt d’énergie solaire et 370 mégawatts d’énergie éolienne pour produire 66 900 tonnes d’hydrogène vert par an. L'essentiel de la production d'électricité sera destiné à obtenir de l'hydrogène, moins de 20 % étant redistribué dans le réseau électrique. Le développement commencera en octobre et les projets seront opérationnels à la mi-2023. On ne connaît pour le moment ni le coût, ni les noms des partenaires.
Le Monde a consacré un article à ce pays, l'un des plus vertueux en matière d'énergies renouvelables en Amérique Latine. Le quotidien rappelle qu'en novembre 2020, le président chilien Sebastian Piñera avait dévoilé "un ambitieux plan national" pour hisser son pays parmi les trois premiers exportateurs mondiaux d'hydrogène, une énergie utilisée, entre autres, dans le transport ou la sidérurgie. Ce sujet avait déjà fait l'objet d'une note du ministère de l'économie. Bercy soulignait que l'hydrogène est déjà considéré comme prioritaire et stratégique par les autorités chiliennes, précisant au passage que la Stratégie Nationale est adossée à un fonds d’amorçage de 50 MUSD et à des objectifs ambitieux. "Sur une étroite bande de terre qui s’étend sur 4 500 km du nord au sud, le pays peut produire toutes les énergies vertes de la planète", rappelle Le Monde. "Outre le désert d’Atacama, qui bénéficie du rayonnement solaire le plus élevé au monde, le vent souffle fort sur les 4 000 kilomètres de côtes et même au-delà, comme sur les plateaux de la Patagonie chilienne. Les capacités de production d’énergie éolienne et solaire du pays ont été multipliées par dix au cours des sept dernières années grâce notamment aux investissements étrangers", écrit encore le quotidien.
Raven SR annonce vouloir travailler avec Power Engineers et Stellar J pour développer son premier site de production d'hydrogène vert à partir de déchets. L'entreprise américaine a développé une technologie à base de vapeur et de CO2 qui permet de produire de l'hydrogène renouvelable à un coût comparable à celui de l'hydrogène gris. La solution, qui ne fait pas appel à la combustion et ne dégage pas d'émissions, permet à la fois de traiter le problème des déchets et celui du coût de l'hydrogène. Elle fonctionne également avec de la biomasse, des eaux usées, ou encore des déchets médicaux. Le site en question sera opérationnel à l'été 2022 dans la baie de San Francisco. L'objectif est de produire 10 tonnes par jour d'hydrogène vert à partir de 200 tonnes de matières organiques. Le produit obtenu sera ensuite utilisé en tant que carburant pour le transport routier. Il pourra alimenter 200 camions par jour ou 1 250 voitures. La baie de San Francisco accueillera aussi à terme deux hubs de production d'hydrogène vert à partir de déchets, dans le cadre d'un partenariat avec Hyzon Motors.
Une coalition de groupes européens du secteur de l’électricité, a demandé à la Commission européenne d’imposer un tarif carbone sur les importations d’hydrogène en Europe. Le tarif carbone proposé serait introduit « afin d’éviter que des importations d’hydrogène d’origine fossile et fortement émetteur » n’entrent sur le marché européen, écrit la coalition dans une lettre envoyée à la Commission européenne la semaine dernière. « De telles importations introduiraient une concurrence déloyale avec la production naissante d’hydrogène propre basée dans l’UE, entravant ainsi le développement d’une chaîne de valeur industrielle de l’hydrogène dans l’UE », indique ce courrier. La lettre a été signée par les groupes électriques européens EDF (France), EDP (Portugal), Enel (Italie), Iberdrola (Espagne), McPhy (France) et Ørsted (Danemark). Le Fonds ESB Energy for Generations et l’Association européenne pour le stockage de l’énergie (EASE) sont également signataires.
