Le ministère fédéral de l'économie et de la technologie et le ministère fédéral des transports ont sélectionné 62 projets à grande échelle dans le domaine de l'hydrogène qui bénéficieront d'un financement public dans le cadre d'un projet européen commun sur l'hydrogène (appelé IPCEI - Important Projects of Common European Interest). L'Allemagne, qui a été le premier pays d'Europe à se doter d'une stratégie ambitieuse dans l'hydrogène, affirme plus que jamais ses ambitions. D'ailleurs, le ministre fédéral de l'économie Peter Altmaier annonce la couleur : "Nous voulons devenir le numéro 1 mondial des technologies de l'hydrogène". Concrètement, plus de 8 milliards d'euros* de fonds fédéraux et nationaux seront affectés aux 62 projets allemands sélectionnés aujourd'hui, et les projets couvrent l'ensemble de la chaîne de valeur - de la production et du transport de l'hydrogène aux applications dans l'industrie. Le plus grossier concerne l'industrie. Le Ministère fédéral de l'Économie a sélectionné 50 projets. Il s'agit notamment de centrales qui, ensemble, représentent plus de 2 gigawatts de capacité d'électrolyse pour la production d'hydrogène vert. Cela correspond à 40 % de l'objectif de 5 gigawatts d'ici 2030 fixé dans la stratégie nationale pour l'hydrogène. L'objectif est aussi d'étendre les pipelines d'hydrogène sur une longueur d'environ 1 700 km. ArcelorMittal, Stahl Holding Saar, Salzgitter Stahl et Thyssenkrupp Steel, autrement dit tous les producteurs d'acier opérant en Allemagne ont présenté des projets d'investissement. Un certain nombre de projets innovants dans l'industrie chimique, comme le site de BASF à Ludwigshafen, présentent également un énorme potentiel de réduction grâce à la production sans CO2 d'hydrogène et à son utilisation ultérieure, par exemple pour la production d'ammoniac ou de carburants synthétiques pour le trafic routier ou aérien. Le ministère fédéral des transports finance 12 projets dans le secteur de la mobilité. Ils concernent le développement et la production de systèmes et de véhicules à pile à combustible, que ce soit pour des voitures particulières et des camions, ou encore des véhicules municipaux. Il est prévu également de financer la mise en place d'une infrastructure de ravitaillement en hydrogène à l'échelle nationale et transfrontalière. Un projet commun à Hambourg abordera également les secteurs de l'aviation et de la mer avec une approche holistique : des véhicules à pile à combustible pour la logistique portuaire ou les bateaux pousseurs H2 dans le port de Hambourg aux véhicules H2 en commençant par l'intralogistique chez Airbus. Les projets allemands sont financés dans le cadre d'un projet européen (IPCEI Hydrogen) avec un maximum de 22 pays partenaires européens.
*Environ 4,4 milliards d'euros proviennent du ministère fédéral de l'économie ; jusqu'à 1,4 milliard d'euros du ministère fédéral des transports. Les fonds restants seront fournis par les Länder. Au total, des investissements de 33 milliards d'euros doivent être déclenchés, dont plus de 20 milliards d'euros proviendront d'investisseurs privés.
Herbert Diess, le patron de Volkswagen, n'a toujours pas réagi aux annonces de l'Allemagne qui comptabilise déjà 62 projets de type IPCEI pour l'hydrogène. Ce qui est bien plus que ceux en lien avec les batteries. Sa dernière charge sur l'hydrogène remonte au 18 mai. Il citait alors une étude de l'université de Potsdam mettant en cause le bilan énergétique de l'hydrogène. Et dans ce même tweet, il interpellait plusieurs personnalités, dont Armin Laschet, ministre Président de Rhénanie du Nord Westphalie ; Olaf Scholz, ministre des finances ; Andreas Scheuer, ministre des transports ; et Annalena Baerbock, une écologiste qui vise la place d'Angela Merkel. Deux jours plus tard, le 20 mai, Elon Musk écrivait également sur Twitter que « Diess a raison » et que « l'hydrogène est une c... pour le stockage et n'est bon que pour un étage supérieur de fusée ». Rien de très nouveau sous le soleil. Herbert Diess, qui a investi très lourdement dans la batterie, serait dans une situation très inconfortable si la Commission révisait son jugement sur l'électrique. Quant à Elon Musk, qui entretient de bons rapports avec le PDG de Volkswagen (il a failli l'embaucher à une époque), c'est son fonds de commerce. Mais au fait, qui a pris la peine de lire l'étude de l'université de Potsdam ? Si on consulte ce qu'écrit le Handelsblatt, il est indiqué que "l’hydrogène pourrait jouer un rôle central dans la transformation de notre économie énergétique en neutralité climatique". Toutefois, "ce ne serait pas la bonne façon, au moins à moyen terme, d’utiliser le gaz et les e-fuels (carburants synthétiques obtenus par hydrogène pour les moteurs thermiques) pour la propulsion des voitures particulières". En vérité, les scientifiques s'interrogent plutôt sur la disponibilité de l'hydrogène, qui ne pourrait pas pallier les carburants fossiles, "au moins pendant la prochaine décennie".
Chez BMW, l'usine de Leipzig a accueilli fin mai un sommet sur l'hydrogène. L'événement, qui était retransmis en streaming, a permis d'accueillir de nombreux invités, dont des élus (lands de Saxe et Saxe-Anhalt, Leipzig, Halle..), des entrepreneurs, ainsi que des représentants de l'administration et du monde académique. La conférence portait sur l'équipement en stations de recharge de la région de Leipzig à l'horizon 2030, qui seront alimentées par de l'hydrogène vert. Dans cette ville de l'ex-Allemagne de l'Est, BMW utilise l'hydrogène pour alimenter des chariot-élévateurs depuis 2013. A ce jour, on dénombre 81 unités sur le site (37 de plus sont prévus à court terme). Le constructeur met en avant le remplissage rapide des chariots et le peu de place qu'occupent les stations de remplissage dans l'usine. L'événement a été l'occasion d'inaugurer la 4ème du genre. Chaque jour, ce sont 50 kg d'hydrogène vert qui sont produits sur site pour ces chariots de logistique. L'usine de Leipzig est un modèle sur le plan écologique avec des éoliennes et une ferme de batteries pour stocker l'électricité issue d'énergies renouvelables. La marque allemande a également posté sur LinkedIn un message, dans lequel elle affirme qu'après la i Hydrogen Next en 2022, elle proposera d'autres modèles à pile à combustible dans le futur.
Suite à la présentation sur les utilitaires à hydrogène, organisée par le groupe Stellantis le 31 mars, Opel a été la première marque à dévoiler son futur utilitaire H2. Ce n'est pas très surprenant, car c'est la marque au blitz qui a été chargée de l'intégration de la technologie, au département Opel Special Vehicles (OSV), sur son site de Rüsselsheim. C'est donc sur la base d'un Vivaro-e qu'Opel va étrenner la technologie plug-in FCEV (fuel cell electric vehicle). La combinaison entre une pile à combustible de 45 kW et une batterie de 10,5 kWh, avec l'ajout de réservoirs d'hydrogène, permettra d'avoir un rayon d'action supérieur à 400 km selon le cycle WLTP. C'est l'hydrogène qui apporte l'essentiel de l'autonomie, la batterie seule n'assurant que 50 km. Le Vivaro-e Hydrogen viendra compléter la gamme d'utilitaires électriques Vivaro-e et Combo-e (complétée en cours d'année par le Movano-e). Ensuite, c’était au tour de Peugeot de communiquer sur la version hydrogène de l'Expert. Laquelle aura pour nom e-Expert Hydrogen. Ce modèle est le dernier symbole en date de la stratégie « Extended power of choice » de la marque, permettant à chaque client de choisir au sein d’une large gamme de motorisations, la plus adaptée à son usage propre. Puis, Citroën a révélé l’E-Jumpy Hydrogen. La marque aux chevrons annonce au passage que 100 % de la gamme utilitaire sera électrifiée en 2021 avec ë-Jumpy déjà sur les routes et My Ami Cargo, ë-Berlingo Van, ë-Jumpy Hydrogen et ë-Jumper qui arriveront au second semestre.



Le constructeur allemand prévoit de faire rouler des prototypes cet été de camions à hydrogène. Il développe actuellement dans son centre de Nüremberg deux poids-lourds, chacun équipé d’une technologie différente de pile à combustible. Ils seront testés sur des milliers de km afin de procéder à de la mise au point. L’objectif est ensuite de mettre en service une flotte de démonstration en 2024. Sur son site, MAN reconnaît avoir beaucoup de demandes de la part de ses clients sur l’hydrogène. Et pour Michael Bernath, en charge du développement des nouvelles motorisations, « c’est une solution intéressante pour le transport longue distance ». Le constructeur estime que l’hydrogène est concurrentiel, car il apporte une autonomie de 800 km avec un plein qui se fait en quelques minutes. La batterie n’est pas aussi performante et la recharge prend entre 45 mn et plusieurs heures. MAN entend proposer à la fois de l’électrique à batterie et la pile à combustible en fonction des usages. Toutefois, il faut souligner que l’industriel teste aussi l’utilisation de l’hydrogène en tant que carburant dans le moteur thermique. Un prototype sera aussi testé dans le courant de l’année. C’est une solution intermédiaire avant de passer au zéro émission.
Après l’Allemagne et la France, l’Espagne veut devenir le principal « pôle industriel » de production d’hydrogène vert. « Le gouvernement espagnol s’engage fermement en faveur de l’hydrogène vert », a assuré le 25 mai le chef du gouvernement Pedro Sanchez, lors d’une cérémonie officielle à Tolède. L’hydrogène vert fait partie des secteurs ciblés par le plan de relance espagnol transmis à Bruxelles pour bénéficier des fonds spéciaux européens débloqués face à la pandémie de Covid-19. Environ 1,5 milliard d’euros seront puisés dans ces fonds dans les trois années à venir, a expliqué le Premier ministre espagnol, sans préciser s’il s’agirait de subventions non remboursables ou de prêts. « Le soutien ferme à cette technologie permettra de stimuler les investisseurs pour mobiliser jusqu’à 8,9 milliards d’euros d’ici à 2030 », a précisé dans un communiqué le gouvernement, qui dit compter sur des partenariats public-privé. Madrid, qui a lancé un appel à projets sur l’hydrogène vert dans le cadre de la répartition des fonds européens, affirme avoir reçu plus de 500 propositions d’entreprises. Par exemple, le fabricant américain de moteurs Cummins a annoncé qu’il investirait 50 millions d’euros dans la construction d’une usine d’électrolyseurs destinés à produire de l’hydrogène vert, dont la mise en service est prévue pour 2023 dans la région de Castille-la-Manche. L’usine aura une capacité de production de 500 mégawatts par an, pouvant être portée à 1 gigawatt, a affirmé le président de Cummins Tom Linebarger, assurant qu’elle serait « l’une des plus grandes au monde » dans ce secteur. La nature de l’énergie qui sera utilisée pour faire tourner l’usine (fossile ou renouvelable) n’est toutefois « pas encore » connue, « car nous sommes encore dans une phase de sélection du site où [elle] sera implantée », a précisé une porte-parole à l’AFP.
Le pays vient de déposer le projet "Dragon Blanc" dans le cadre des IPCEI. Il compte remplacer les centrales à charbon dans le nord de la Grèce, dans la région de la Macédoine Occidentale, par des énergies renouvelables d'ici 2028 destinées à produire de l'hydrogène vert. En partenariat avec l'Italie, l'Allemagne, la Belgique, et de grands groupes industriels grecs (Advent Technologies, Damco Energy, Hellenic Petroleum...), le projet vise tout d'abord la décarbonation du mix électrique grec qui est majoritairement composé de charbon et gaz naturel. L'électricité produite par des renouvelables sera convertie en hydrogène par électrolyse, et soit stockée, soit injectée dans le réseau via pipeline de gaz. De plus, la chaleur co-générée par ces processus, sera également injectée dans le réseau de chaleur de la région. Enfin, il s'agira de créer des centres de recherche et d'innovation hydrogène dans la région. L’investissement est à hauteur de 8,063 milliards d'euros pour une production de 250 000 tonnes d'hydrogène par an.
C'est dans le cadre d'une alliance entre le danois Everfuel, spécialiste de la production et de la distribution d'hydrogène renouvelable, et l'opérateur de taxis suédois Cabonline qui opère en Europe du nord, que va se concrétiser ce deal. Les deux partenaires ont choisi de travailler avec Toyota et sont en négociation avec la filiale norvégienne pour bénéficier de 100 Mirai d'ici la fin 2022 à Oslo. Et ce n'est qu'une étape, car la flotte va grandir. Le contexte est favorable en Norvège, où la capitale souhaite que 20 % de ses 2 500 taxis passent à l'hydrogène. Pour sa part, Everfuel fournira l'infrastructure et à un prix préférentiel. L'extension du service de taxi à hydrogène se fera ensuite dans d'autres villes de Norvège, au fur et à mesure que les stations vont se multiplier. Le passage à l'échelle combiné, associant les véhicules, les usages et l'infrastructure qui va avec, n'est pas sans rappeler l'exemple de Hype avec Air Liquide. D'ailleurs, le communiqué d'Everfuel fait clairement référence à Paris. Everfuel et Cabonline prévoient d'étendre ce modèle à d'autres grandes villes des pays nordiques, comme la Suède et la Finlande.
Air Liquide, le Port d'Anvers et le réseau de stations-service DATS 24 déploieront 300 camions à hydrogène en Belgique, ainsi que les stations qui permettront de les alimenter, d'ici 2025. Cette annonce s’inscrit dans le cadre de HyTrucks, une initiative qui vise la mise en circulation de 1 000 camions à hydrogène sur les routes du Pays-Bas, de l’Ouest de l’Allemagne et de la Belgique dans les quatre ans à venir. En Belgique, le déploiement des camions à hydrogène se concentrera principalement sur la zone du port d’Anvers et dans les principaux centres logistiques, pour le transport local et international.
Daimler Trucks a lancé une phase de tests "très exigeants" depuis fin avril avec un premier prototype amélioré de son camion Mercedes-Benz GenH2. C'est une étape importante en vue de la mise en production. Les développeurs soumettent les composants à rude épreuve, se concentrant notamment sur le fonctionnement continu, les différentes conditions météorologiques et routières et diverses manoeuvres de conduite. Par exemple, le véhicule est soumis à du freinage d'urgence et du roulage sur des pavés. Et il est chargé avec 25 tonnes. Selon le plan de développement annoncé, les essais sur voie publique débuteront avant la fin de l'année. Les essais clients devraient commencer en 2023, avant la production en série des premiers camions GenH2 prévue à partir de 2027. Basé sur un Actros, le futur camion à hydrogène est conçu pour fonctionner pendant 10 ans, avec un kilométrage estimé à 1,2 million et 25 000 heures en opération. Soit des performances équivalentes à la version thermique. Le constructeur annonce une autonomie de plus de 1 000 km, rendue possible par le recours à l'hydrogène liquide. Cette solution est préférée par Daimler Trucks, en raison de sa densité énergétique, sachant que les réservoirs sont également plus petits et augmentent donc le volume utile. Pour le moment toutefois, le camion de test utilise de l'hydrogène gazeux. Les ingénieurs développent un réservoir qui devrait être prêt en fin d'année et permettra dès lors de mener exclusivement des tests avec de l'hydrogène liquide.
Les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes pour la jeune compagnie américaine. Alors, elle doit apprécier la commande passée par Total Transportation Services (TTSI), un des principaux opérateurs portuaires de la Californie du Sud. Dans une lettre d'intention, elle s'engage sur 100 camions auprès de Nikola, 70 à hydrogène et 30 à batterie. Un premier pilote sera organisé en amont avec 4 poids-lourds (2 de chaque énergie) au premier semestre de 2022. Chaque mois, ce sont jusqu'à 14 000 camions qui entrent et sortent du port de Long Beach, près de Los Angeles. Ils génèrent l'équivalent de 2 600 tonnes d'émissions polluantes. TTSI entend faire appel à Nikola pour passer en mode zéro émission. Les camions à batterie arriveront en 2022 et ceux à pile à combustible en 2023. Par ailleurs, c'est aussi par la Californie que passe un autre accord. A travers la filiale Nikola Energy, un partenariat a été conclu avec TravelCenters of America (TA) pour installer des stations à hydrogène destinées à alimenter des poids-lourds. Les deux premières seront installées à Los Angeles et dans la vallée centrale de Californie.
La co-entreprise associant ElringKlinger (60 %) et Plastic Omnium (40 %) a décroché un contrat auprès de la société de mobilité AE Driven Solutions GmbH (AEDS), basée à Aix-la-Chapelle, en Allemagne. Pendant plusieurs années, elle va fournir de façon exclusive des piles à combustibles (de type NM5-evo), pour une valeur totale de plusieurs dizaines de millions d’euros. Le lancement de la production en série est programmé pour le premier semestre 2022. Le client est spécialisé dans l'équipement en PAC de véhicules de transport urbain. Il est en train de mettre en place un pôle Mobilité nouvelle génération, centré sur les technologies de la batterie et de l'hydrogène, en collaboration avec des entreprises et institutions telles que TÜV Rheinland, le groupe PEM et l'université RWTH d'Aix-la-Chapelle. Il s'organise sous la direction de Tobias Reil, ancien directeur général et chef de production au sein de la société Streetscooter GmbH (un fabricant de véhicules électriques appartenant à DHL), avec une équipe composée notamment d’Achim Kampker, co-fondateur de cette même société, ainsi que de Stefanie et Alexander Peters, associés directeurs de Neuman Esser, groupe qui couvre l'ensemble de la chaîne de valeur de l’hydrogène ainsi que des gaz verts, de la génération, à la production en passant par la compression et le stockage. Le dernier-né des modules stacks d’EKPO, le NM5-evo, a séduit AE Driven Solutions par sa densité de puissance élevée allant jusqu'à 4,6 kW/l dans le bloc de cellules et son rapport poids/puissance, pouvant atteindre jusqu'à 76 kW en fonctionnement sous pression.
L'équipementier annonce une commande de la part du constructeur SAIC en Chine. Ce contrat vient s'ajouter à d'autres et porte plus de 250 millions d'euros le cumul de ventes depuis le début de l’année. Un chiffre en phase avec l'objectif de 500 millions d'euros en 2021 pour les solutions zéro émission à hydrogène. "SAIC constitue notre premier contrat en Chine depuis l'acquisition de notre participation majoritaire dans CLD*", déclare Patrick Koller, Directeur général de Faurecia. « La croissance de notre activité dans les systèmes de piles à combustible, tant en volume qu'à l’international, confirme notre vision et notre stratégie en faveur de la mobilité hydrogène. C'est aussi une reconnaissance de notre leadership technologique et industriel dans les solutions hydrogène", poursuit le dirigeant. Au-delà du contrat avec SAIC, Faurecia et Symbio (sa co-entreprise avec Michelin) équiperont des véhicules utilitaires légers, des bus et des véhicules commerciaux pour Safra et Stellantis avec des piles à combustible ainsi que des systèmes de stockage d’hydrogène. Le groupe équipera également, à partir de cet été et sur une période de quatre ans, environ 1 600 poids lourds Hyundai qui seront livrés en Suisse. Faurecia et Renault vont également collaborer sur des systèmes de stockage d'hydrogène pour des véhicules utilitaires légers.
*l’un des principaux fabricants chinois de réservoirs d’hydrogène à haute pression
En Allemagne, le Fraunhofer institute for Machine Tools and Forming Technology (IWU) et le Fraunhofer institute for Production Technology (IPT) ont lancé le développement d'un kit technologique virtuel pour les piles à combustible. L'objectif est de fournir aux utilisateurs et aux parties intéressées une vue d'ensemble des systèmes et technologies existants et de leur permettre d'identifier le processus de production approprié en fonction de leurs besoins. Le kit se concentre sur les plaques bipolaires, pour lesquelles il existe un grand potentiel de réduction des coûts, ce qui pourrait rendre la pile à combustible ou sa production moins chère. Un site Web donnera bientôt accès à ce kit technologique.
A travers sa joint-venture avec ElringKlinger (EKPO), l'équipementier automobile français fournira des piles à combustible à GCK (Green Corp Konnection). L'écurie de Guerlain Chicherit, vue ces dernières années sur la scène du rallycross, souhaite réorienter l'intégralité de ses programmes sportifs autour des énergies vertes à compter de 2021. Et elle veut engager un buggy à hydrogène sur le Dakar en 2023. A cette occasion, EKPO inaugurera sa pile NM12 Twin d’une puissance record de plus de 200 kW, spécialement conçue pour les applications les plus exigeantes. Elle sera intégrée dans le buggy GCK e-Blast 1, basé sur le châssis du Peugeot 3008. La forte densité de puissance des piles à combustible d’EKPO combinée à un design compact et un faible poids ont joué un rôle déterminant dans le choix de cette technologie. "Les conditions de course particulièrement exigeantes offrent un terrain d'essai unique pour nos produits, et sont en cela le meilleur démonstrateur de la technologie d’EKPO et de GCK", a déclaré Julien Etienne, Directeur Commercial de EKPO Fuel Cell Technologies.
A l'occasion du salon Ever Monaco, H2X Ecosystems a signé un accord avec Dominique Serra, l'organisatrice du rallye Aïcha des Gazelles au Maroc, pour devenir le fournisseur officiel de l’énergie électrique décarbonée lors de l’édition 2022. La start-up va fournir un groupe électrogène H2. L'accord prévoit également le test d'un véhicule à hydrogène dans le cadre de ce rallye, dès cet automne. Et justement, on en sait un peu plus sur ce projet. L'équipe d'Eco Solar Breizh a dévoilé les premières images d'un buggy à hydrogène que piloteront les Gaz’Elles West, alias Cendrine Merrer et Sophie Guquet-Fleureau, officiellement engagées pour le rallye de 2022. Sur la base d'un châssis de buggy thermique 4 roues motrices, acheté chez Adrenaline Buggy Sport près de Béziers, cet engin va adopter une propulsion électrique, solaire et à hydrogène ! Il a été baptisé Bugs BuggHY. Le véhicule sera propulsé par un moteur brushless de 30 kW dont le poids ne dépassera pas 11kg. L'énergie contenue dans le pack batteries sera de 25kW h. Un travail de longue haleine est mené par le Pôle Cristal, TYVA ENERGIE et H2X-ECOSYSTEMS pour créer une plaque froide afin de refroidir simultanément les batteries et la pile à combustible. Le pack batterie et son élément de refroidissement devraient avoisiner les 145 kg. Parce que l'équipe aime bien les clins d'oeil, la pile à combustible a été baptisée BATMANE (avec un e à la fin, évidemment, c'est un rallye au féminin). Elle développe 5kW pour un poids de 8 kg et les bouteilles d’hydrogène (surnommées Amphyra) contiennent chacune 700 g de combustible (environ 23 kWh utiles). Logiquement, les premiers tours de roue en mode batterie devraient se dérouler début juillet sur Brest. La pile à combustible et les deux bouteilles d'hydrogène seront intégrées deuxième quinzaine de juillet pour des tests mi-août/début septembre. Bugs BuggHy est attendu en mode « démonstration » au Maroc sur la trentième édition du Rallye Aïcha des Gazelles du 17 septembre au 2 octobre. Suivra ensuite une séance de roulage sur le circuit d’Albi avec l’Albi Eco Race.
D'après le récit qu'en font des sites spécialisés, dont Motorsport.com, la voiture a pu voir la ligne d'arrivée lors des 24 heures de Fuji, les 22 et 23 mai. Dans le cadre du championnat Super Taikyu, elle a terminé à la 49ème place (dans les derniers, certes) et sans problème majeur, hormis un problème d'ordre électrique pendant la nuit. L'auto était engagée sous la bannière du Rookie Racing, l’écurie de course personnelle d'Akio Toyoda, le Président de Toyota. Le dirigeant a d'ailleurs pris le volant, tout comme d'autres pilotes dont Kamui Kobayashi (ex-pilote de F1 et pilote d'endurance pour Toyota, avec qui il a été champion du monde en 2020). Le PDG de Toyota espère que ce projet de Corolla H2 va accélérer la diffusion de l'hydrogène. L'enjeu est pour lui la neutralité carbone. En tant que Président de la JAMA (l'association japonaise des constructeurs automobiles), il a demandé au gouvernement japonais de prendre en compte également cette voie de décarbonation de l'industrie. "Si toutes les voitures deviennent électriques, un million d'emplois seront supprimés au Japon" a-t-il déclaré. "Je crois qu'on a l'opportunité de montrer que cette alternative existe et j'ai envie de le dire au monde", souligne Akio Toyoda. Pour sa part, Kamui Kobayashi est très enthousiaste. Il a été perturbé par le silence des monoplaces électriques, lors de son passage en Formule E. Avec la Corolla H2, il retrouve le bruit des moteurs, tout en polluant moins. "J'ai vraiment envie que l'hydrogène fasse partie du sport automobile dans le futur", s'est-il exclamé. Un des autres pilotes, Takuto Iguchi (qui roule pour Subaru en Super GT), a même dit qu'il n'aurait "pas su que cette voiture était à hydrogène si on ne lui avait pas dit". "On entend le bruit du moteur, celui de l'échappement et il y a les vibrations. C'est incroyable d'avoir ça et en même temps de respecter l'environnement", commente-t-il. Pour mener à bien ce projet, le constructeur japonais a pris le moteur de la Yaris GR qu'il a "dégonflé" pour des raisons de durabilité. L'hydrogène s'enflamme 7 fois plus vite que l'essence et il y a plus de contraintes sur les composants. Les ingénieurs doivent trouver le moyen d'alléger le moteur pour obtenir plus de performance.
A l'occasion de la présentation de ses résultats, Toyota Europe a réaffirmé son engagement en faveur de la neutralité carbone d'ici 2050. A ce jour, le constructeur japonais a vendu 17 millions de véhicules électrifiés (hybrides et rechargeables), dont 2 millions rien qu'en 2020. C'est plus que n'importe qui au monde. La gamme se compose de 55 modèles et va s'enrichir de 15 autres qui seront 100 % électriques, portant ce chiffre à 70 d'ici 2025. En parallèle, Toyota continue d'investir fortement dans l'hydrogène. Le géant nippon y voit un débouché certain pour les taxis, les bus, les camions, les bateaux, les avions et dans l'industrie. Il note un intérêt marqué pour sa technologie de pile à combustible de la part de plusieurs secteurs de l'industrie. La grande nuance, c'est que dans l'automobile, Toyota commence à dire que l'hydrogène pourrait aussi servir dans des moteurs à combustion interne. Le constructeur rappelle qu'il y a 1,4 milliard de véhicules en circulation dans le monde et que la quasi-totalité fonctionne avec un moteur thermique. L'utilisation d'hydrogène pour produire du carburant synthétique aurait pour avantage de réduire les émissions de CO2, tout en utilisant une infrastructure existante. Le constructeur japonais, qui va explorer cette piste en compétition, semble donc opérer un virage sur l'aile. Jusqu'à présent, ce sont surtout les industriels allemands (et Bosch en tête) qui militaient pour l'hydrogène en tant que source (avec du CO2) pour remplacer les carburants conventionnels dans les moteurs thermiques. Toyota ne veut laisser personne sur le bord de la route et estime que c'est un ensemble de solutions - en fonction des marchés et de l'état d'avancement de l'infrastructure - qui permettra d'atteindre la neutralité carbone.
Mercedes-Benz a décidé d'investir dans la start-up suédoise H2 Green Steel*. La société, fondée en 2020, a pour ambition de produire 5 millions de tonnes d'acier vert d'ici 2030. La firme à l'étoile est la première du secteur automobile à prendre ce type de participation. Elle annonce vouloir intégrer de l'acier vert à partir de 2025. Cela lui permettra de concrétiser son ambition d'être neutre sur un plan carbone d'ici 2039. Il y a un mois, c'est le numéro 2 mondial des poids lourds, Volvo, qui annonçait un accord avec son compatriote, le sidérurgiste SSAB, qui utilise également de l'hydrogène dans son process. L'industriel va commercialiser dès l’an prochain ses premiers camions assemblés à partir d’acier décarboné, en revendiquant au passage une première mondiale. C'est peut-être un hasard, mais Daimler (la maison-mère de Mercedes) et Volvo ont des liens étroits dans le camion à hydrogène. La décision de Mercedes souligne en tout cas l'intérêt de l'hydrogène qui, au-delà de pouvoir décarboner le transport, est aussi un levier important pour réduire les émissions de CO2 dans l'industrie.
*Dont le fondateur et actionnaire principal est la holding Vargas, qui a aussi investi dans les batteries de Northvolt en Suède
Elle a pour nom Marine System 200. Comme son nom l'indique, cette nouvelle pile à combustible de la compagnie suédoise s'adresse au secteur maritime, qui souhaite réduire de 50 % les émissions de CO2 d'ici 2050. C'est une pile de forte puissance (200 kW), compacte et d'un poids réduit. Ce module agrège en fait en une seule unité plusieurs PAC. Et les armateurs peuvent en combiner plusieurs s'ils veulent une capacité de l'ordre du MW. PowerCell a reçu en avril une commande de la part d'un armateur européen pour 3,2 MW. En début d'année, il avait conclu un accord avec le norvégien Prototech AS. Pour Richard Berkling, le CEO de PowerCell, cette nouvelle pile est une solution "totalement industrialisée et modulaire" et répond aux besoins en matière d'électrification. Elle permet de fonctionner en mode zéro émission "sans compromis sur la performance".
AqualisBraemar LOC (ABL Group), une société d'ingénierie spécialisée dans l'utilisation d'énergies renouvelables dans le secteur maritime, a été sélectionnée par l'armateur CMAL (Caledonian Maritime Assets Ltd.) pour réaliser un ferry à hydrogène. Ce partenariat entre dans le cadre du projet HYSEAS III*, sur fonds européens Horizon 2020. ABL a une expertise dans l'électrification et les carburants alternatifs. Son rôle sera de concevoir un ferry capable d'intégrer une chaîne de propulsion à hydrogène et de transporter à la fois des passagers (jusqu'à 120) et des véhicules (16 voitures ou 2 camions). La différence vient du fait que le navire sera dessiné à partir des piles à combustible, au lieu de les intégrer dans un navire existant. L'hydrogène sera issu d'un courant électrique obtenue par des éoliennes à Shapinsay, une île des Orcades en Ecosse.
*dont les partenaires sont CMAL (Ecosse), Kongsberg Gruppen (Norvège), Ballard (Danemark), Orkney Isles Council (Ecosse), St Andrew University (Ecosse), McPhy (France), Arcsilea (Angleterre) and Interferry (Suède).
La société d’investissement Falkor, spécialisée dans la transition bas carbone, a décidé de prendre une part minoritaire dans la société suédoise Liquide Wind. Cet accord comprend également un partenariat pour développer des unités de production d’électro-méthanol en France et dans le Sud de l’Europe. Obtenu à partir d’hydrogène vert*, ce carburant peut être produit localement et contribuer à réduire de 94 % les émissions de carbone dans le secteur maritime. Il peut être adapté aux motorisations existantes, pour les armateurs, mais aussi pour les transporteurs routiers et industriels. L’investissement de Falkor permettra à Liquid Wind de financer sa première centrale de production d’électro-méthanol en Suède baptisée « FlagshipONE ». Porté par un consortium fédérant notamment les entreprises Alfa Laval, Carbon Clean, Haldor Topsoe et Siemens Energy, ce site aura une capacité de 50 000 tonnes d’électro-méthanol par an à l’horizon 2024. Il s’agit du deuxième investissement de Falkor dans ce type d’entreprise après le développeur britannique de projets de production d’hydrogène vert Protium Green Solutions en 2020.
*L’électro-méthanol résulte de la combinaison de molécules d’hydrogène vert, produit par électrolyse de l’eau et alimentée par de l’électricité renouvelable, avec des molécules de carbone.
C’est ce que pense Gediminas Ziemelis, le président d'Avia Solutions (une société spécialisée dans les services autour de l’aéronautique). Dans un communiqué, ce dirigeant table dans un premier temps sur 27,6 milliards de revenus en 2030. L’idée de l’hydrogène dans un avion n’est pas neuve, puisque les américains l’ont expérimenté dès les années 50 à bord d’un B-57 et que les russes l’ont fait dans les années 80 sur un Tupolev. A ce jour, plus de 100 vols utilisant de l’hydrogène (en tout ou partie) ont été comptabilisés. Toutefois, le sujet est considéré par de gros acteurs comme Boeing (depuis 20078) et plus récemment Airbus, à côté de start-ups comme Zero Avia. Gediminias Ziemelis considère qu’il y a encore bien des défis, notamment pour le stockage de l’hydrogène liquide à moins 253 degrés. Mais, il considère que la technologie est prometteuse. Dans l’automobile, fait-il remarquer, 1 kg d’hydrogène permet de parcourir 5,4 km, alors qu’1 kg de batteries limite le rayon d’action 1,33 km (en comparant les 92,5 kg du réservoir plein d’une Toyota Mirai, contre les 321 kg d’une batterie de la Tesla Model 3).
La compagnie pétrolière (contrôlée par le gouvernement chinois) va lancer l’an prochain son premier projet d’hydrogène vert. Elle veut le produire à partir d’énergies renouvelables en Mongolie intérieure. L’usine aura une capacité de 20 000 tonnes par an, pour un investissement de plus de 400 millions de dollars. La première phase portera sur 10 000 tonnes, avec une ferme solaire de 270 MW et une ferme éolienne de 50 MW. Sinopec prépare une autre usine qui produira également 20 000 tonnes par an, dans la province du Xinjiang (nord-ouest), à partir d’une ferme solaire de 1 GW. La compagnie, qui produit actuellement 3,5 millions de tonnes d’hydrogène par an, essentiellement gris, entend ouvrir 1 000 stations à hydrogène dans les 5 ans.
Dans une lettre adressée au gouverneur, Gavin Newson, 25 multinationales* membres de la California Hydrogen Coalition lui demandent de nouveaux investissements en matière d'infrastructures. L'élu est appelé à saisir la Commission de l'Energie pour flécher 500 millions de dollars en faveur de l'hydrogène et servir ainsi les marchés de la mobilité (voitures, transit et poids-lourds). "Ce support est nécessaire au démarrage, avec un effort équivalent à ce qui a fait été fait pour l'éolien et le solaire", écrivent ces sociétés. Elles expliquent qu'on est "à l'aube d'une nouvelle ère, avec une source d'énergie locale qui permet de répondre aux besoins des secteurs de l'énergie et du transport". Et "le signal qu'envoie la Californie va impacter les décisions d'investissements de la part du secteur privé". Il est donc demandé au gouverneur de Californie de booster la part de l'hydrogène, au sein du Clean Transportation Program. "Nous souhaitons travailler en partenariat avec votre administration", peut-on lire dans cette lettre. Mais, l'effort sera temporaire, car les acteurs estiment que "le secteur doit pouvoir être viable sur le moyen et le long terme".
*parmi elles, des acteurs de l'automobile (BMW, Hyundai, Toyota, Faurecia, Mann + Hummell), du camion (Nikola, cellcentric, Cummins), des pétroliers (Chevron, Shell), ou encore de l'hydrogène (Air Liquide, Linde, Nel, PlugPower).
Plusieurs partenaires*, dont la Green Hydrogen Coalition et le Département d’eau et d’électricité de Los Angeles (LADWP), ont lancé HyDeal LA. Calquée sur l'initiative européenne éponyme, qui fédère des acteurs de l'énergie, il s'agit de produire à l'échelle de l'hydrogène vert à un tarif de1,5 $/kg dans le bassin de Los Angeles d’ici à 2030. Cet hydrogène sera produit à partir d’électricité renouvelable, d'eau ou de déchets organiques, et pourra être utilisé comme carburant décarboné et fournir un stockage d’énergie saisonnier de longue durée. HyDeal LA fait partie de HyDeal North America, une plateforme de commercialisation lancée par la Green Hydrogen Coalition. Elle nourrit la même ambition que le projet HyDeal en Europe qui s’est engagé à produire et à acheter 3,6 millions de tonnes d’hydrogène vert par an pour les secteurs de l’énergie, de l’industrie et de la mobilité à 1,50 €/kg avant 2030. La première phase du projet se focalisera sur l'architecture des chaînes d’approvisionnement nécessaires, afin de dimensionner la production, le stockage, le transport et la livraison d’hydrogène vert à grande échelle.
*174 Power Global, Mitsubishi Power, SoCalGas, Clifford Chance, Corporate Value Associates (CVA), Cranmore Partners, Energeia, Marathon Capital, Sheppard Mullin, et Strategen.
« Clean Hydrogen Mission », une nouvelle coalition mondiale pour soutenir une économie basée sur de l’hydrogène propre, a été lancée le 2 juin à l'occasion de la 6e réunion ministérielle de Mission Innovation* au Chili. Les membres de la coalition sont la Commission européenne et l'Arabie Saoudite, l'Australie, l'Autriche, le Canada, le Chili, la Chine, l'Allemagne, l'Inde, l'Italie, le Maroc, la Norvège, la République de Corée, le Royaume-Uni et les États-Unis. En lien avec le groupe FCH-JU, l'objectif de la Mission est de réduire le coût de l'hydrogène propre pour l'utilisateur final à 2 dollars par kilogramme d'ici 2030. L’objectif est aussi de mettre en place au moins 100 vallées d'hydrogène intégrées à grande échelle dans le monde, en suivant le modèle européen. La coalition est lancée pour une période initiale de 5 ans et, en fonction de son avancement, sera prolongée de cinq années supplémentaires afin de soutenir la réalisation de ses objectifs clés d'ici à 2030.
*Mission Innovation est une initiative lancée au moment de l’accord sur le climat de Paris en 2015 et qui vise à réunir les efforts des gouvernements, des pouvoirs publics, des entreprises, des investisseurs et du monde académique pour rendre l’énergie propre plus accessible. Elle se poursuit dans une phase 2.0.
Ursula von der Leyen et Bill Gates ont annoncé aujourd'hui la conclusion d'un partenariat inédit entre la Commission Européenne et le réseau Breakthrough Energy. Celui-ci est destiné à stimuler les investissements dans les technologies climatiques qui permettront de parvenir à une neutralité carbone. Il vise à mobiliser un montant maximal de 820 millions d'EUR (1 milliard de US$) sur la période 2022 à 2026. Les projets concernent quatre secteurs à haut potentiel : l'hydrogène vert, les carburants durables pour l'aviation, le captage direct de l'air, ainsi que le stockage d'énergie de longue durée. "Grâce à notre pacte vert pour l'Europe, nous voulons faire de celle-ci le premier continent neutre pour le climat d'ici à 2050" a commenté Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne. "L'Europe a en outre une occasion unique de devenir le continent de l'innovation climatique. Pour y parvenir, la Commission européenne mobilisera, au cours de la prochaine décennie, des investissements massifs dans des secteurs nouveaux et en transformation", a-t-elle poursuivi. Pour Bill Gates, fondateur de Breakthrough Energy, "l'Europe jouera un rôle déterminant, car elle a fait preuve depuis longtemps d'un engagement sans faille en faveur du climat et d'excellence dans les domaines des sciences, de l'ingénierie et des technologies". Le financement de l'UE destiné au partenariat est envisagé au titre du programme Horizon Europe et du Fonds pour l'innovation, dans le cadre d'InvestEU et dans le respect des procédures de gouvernance établies. Le programme Catalyst de Breakthrough Energy mobilisera des capitaux privés et des fonds philanthropiques, en montants équivalents, pour financer les projets sélectionnés. Le partenariat sera également ouvert aux investissements nationaux des États membres de l'UE.
Le pays prépare l’après-pétrole. Le sultanat souhaite en effet se doter de centrales alimentées par l'énergie éolienne et solaire d'ici 2038. La construction devrait commencer en 2028 dans le gouvernorat d'Al Wusta, au bord de la mer d'Arabie. Elle sera construite par étapes, l'objectif étant d'atteindre sa pleine capacité en 2038, alimentée par 25 GW d'énergie éolienne et solaire. Le consortium d'entreprises à l'origine du projet de $30 milliards comprend la compagnie pétrolière et gazière publique OQ, le développeur d'hydrogène renouvelable InterContinental Energy, basé à Hong Kong, et l'investisseur énergétique Enertech, basé au Koweït. L'installation vise à produire 1,8 million de tonnes d'hydrogène vert et jusqu'à 10 millions de tonnes d'ammoniac vert par an. L’hydrogène sera exporté vers l’Asie et l’Europe.
Le transporteur de gaz naturel italien a testé dans le réseau de pipeline de gaz interne de Giva Group, un industriel ayant une usine de production d'acier près de Milan, un mélange contenant 30 % d'hydrogène pour alimenter ses hauts fourneaux. Le test a été réussi et est considéré comme une première étape dans l'introduction d'hydrogène vert pour faire de l’acier décarboné. Giva prévoit d'éliminer 15 000 tonnes de CO2 par an en déployant ce mix de 30% sur ces trois sites de production et de forgeage d'acier. La Snam est le plus grand opérateur de réseau de gaz naturel en Europe, et expérimente dans son réseau de 33 000 km de pipelines un mélange contenant 10 % d'hydrogène. L'opérateur estime que 70 % de ces tuyaux sont prêts à accueillir une plus grande part d'hydrogène.
Le Technion* a décidé de dédier un centre à la recherche sur la catalyse en tant que levier de développement durable, avec des équipements de pointe. L’objectif est de découvrir ainsi et de développer de nouveaux catalyseurs à partir d’éléments naturels pour transformer les procédés non-renouvelables en processus durables. Des chercheurs venant de tous les milieux (chimie, physique, biologie moléculaire, ingénierie chimique, science et ingénierie des matériaux, biotechnologies et ingénierie alimentaire, conversion d’énergie, technologie de défense, protection de l’environnement, Big Data, médecine) travailleront ensemble. Ils exploreront différents modes tels que la catalyse homogène, hétérogène, enzymatique et organométallique. Ce centre combinera les expertises des chercheurs du Technion dans une démarche appliquée aux besoins de l'industrie. L'un des secteurs identifiés est celui de l'énergie et il est clairement fait référence à l'hydrogène. Le craquage de l'eau et la production d'hydrogène (pour les moteurs thermiques et les piles à combustible) font partie des axes retenus. Il n'existe que très peu de centres tels que celui-ci dans le monde et il s'agit du premier du genre en Israël.
*Une université de recherche en sciences et technologies, basée à Haïfa, et figurant parmi les dix meilleures au monde
