C’est un peu la réponse du berger à la bergère. Alors que Bertrand Piccard avait réalisé en 2019 un record du monde d’autonomie au volant de la Hyundai Nexo, le long d’un itinéraire entre Sarreguemines et Le Bourget, c’est également dans l’hexagone que Toyota repousse les limites avec cette fois plus de 1 000 km au compteur. L’exploit a été réalisé en marge du Paris de l’hydrogène, l’événement qu’Energy Observer organisait au Champ de Mars, avec différents partenaires dont Toyota et Air Liquide, du 19 au 30 mai. Précisément, c’est à partir de la station d’Hysetco* d’Orly, au sud de la capitale, qu’une Mirai de dernière génération s’est élancée. Elle a été conduite par Victorien Erussard, le capitaine d’Energy Observer, ainsi que par des membres de Toyota Motor Europe et de Toyota France**. Au total, la voiture a parcouru 1 003 km (record constaté par des huissiers), entre 6 h du matin le 26 mai et 3 h du matin le 27, lors de son arrivée à Blois. La Mirai a emprunté des routes nationales, dont celles qui bordent la Loire dans le Loir-et-Cher et l’Indre-et-Loire. Victorien Erussard a éprouvé des sensations comparables à ce qu’il peut éprouver à la barre de son catamaran à hydrogène. « En tant qu’ancien coureur au large, j’ai besoin de relever des challenges », déclare-t-il d’ailleurs dans le communiqué de la marque japonaise. Pour sa part, Frank Marotte, PDG de Toyota France, estime que « c’est un fabuleux challenge que nous avons réussi avec la nouvelle Mirai. En interne c’est l’esprit Start Your Impossible, le dépassement de soi, qui nous anime », poursuit-il. La consommation moyenne d’hydrogène pour l’ensemble du périple s’est limitée à 0,55 g/km, sachant que les trois réservoirs de la Mirai peuvent contenir 5,6 kg d’hydrogène. Et à l’arrivée, il restait encore de quoi faire 9 km… Pour rappel, la Mirai est homologuée pour 650 km selon le cycle WLTP.
*La société commune qui regroupe les actionnaires du service de taxis Hype
** James Olden, ingénieur chez Toyota Motor Europe, Maxime Le Hir, chef de produit Mirai et Marie Gadd, responsable presse produits de Toyota France
Suite à l'annonce d'un partenariat avec Plugpower dans l'hydrogène en janvier, juste avant la présentation du plan Renaulution, Renault a donc levé le voile sur la nouvelle coentreprise. Le nom HYVIA (à prononcer à l'anglaise) est une contraction de «HY» pour l'hydrogène et du mot latin «VIA» pour la route, incarnant l'ambition d'ouvrir une nouvelle voie vers une mobilité décarbonée. Comme promis, les activités de HYVIA seront implantées en France. Le siège social de la coentreprise ainsi que les équipes de R&D seront localisées à Villiers-Saint-Frédéric (Yvelines), centre d’ingénierie et de développement des véhicules utilitaires pour le groupe Renault, afin d’optimiser les synergies. Les équipes process, fabrication et logistique seront installées à Flins (Yvelines), dans le cadre du projet Re-Factory, pour démarrer l’assemblage de piles à combustible, de stations de recharge à partir de fin 2021. L’intégration des piles à combustible s’appuiera sur les compétences de PVI, filiale poids-lourds de Renault depuis 2017, située à Gretz-Armainvilliers (Seine-et-Marne). A noter que la coentreprise est détenue à parts égales par les deux partenaires et est présidée par David Holderbach qui a plus de 20 ans d'expérience dans des fonctions stratégiques produit et vente à l’international, au sein du groupe Renault. Les premiers véhicules, basés sur le Master, sont produits à l’usine de Batilly (Orne). La marque prévoit trois déclinaisons basées sur Renault Master : deux pour le transport de marchandises (version Fourgon et version Châssis cabine grand volume) et une pour le transport de personnes (version City bus). Hyvia promet une autonomie de 500 km (contre 120 km en mode batterie) et un temps de recharge de 3 mn. Les véhicules seront commercialisés à partir de fin 2021 en Europe et accompagnés par une offre de stations de recharge et de fourniture d’hydrogène vert.
Olivier Lombard accélère en vue du lancement de l'Hopium Machina en 2026. La GT française à hydrogène embarquera un système de stockage fourni par Plastic Omnium. Et la technologie sera visible également sur le prototype qui sera dévoilé à la presse en juin. Le véhicule sera équipé d’un réservoir 700 bar de type IV produit par Plastic Omnium dans son usine d’Herentals (Belgique), entrée en service à l’automne 2020. Intégrée de manière optimale au châssis du véhicule, cette nouvelle génération de réservoirs permettra à Hopium de maximiser la quantité d’hydrogène embarquée pour atteindre son objectif ambitieux de 1000 kilomètres d’autonomie. "Nous partageons avec Hopium la conviction du rôle majeur de l’hydrogène dans la mobilité du futur", déclare Laurent Favre, Directeur Général de Plastic Omnium. Et Olivier Lombard, Président-Directeur Général d’Hopium, d'ajoute : "En tant que premier constructeur automobile 100% hydrogène, Hopium se positionne comme précurseur des technologies vertes. Ce partenariat avec Plastic Omnium témoigne de notre volonté de collaborer avec un acteur clé de la mobilité hydrogène pour développer la Māchina, une nouvelle génération de véhicule zéro émission".
La liste* des partenaires s’allonge avec l’arrivée de Dietsmann, leader mondial en opération et maintenance de sites de production d'énergie. L'entreprise néerlandaise rejoint le programme MissionH24, qui vise à préparer l'arrivée de l'hydrogène aux 24 Heures du Mans en 2024. Ce projet pionnier a été lancé en 2018 par l’Automobile Club de l’Ouest et GreenGT. Le soutien de Dietsmann s’exprimera, notamment, à travers des échanges et un partage d’informations et d’analyse sur la transition énergétique et ses enjeux technologiques, un domaine dans lequel cette société a développé une très forte compétence. "En tant qu'entreprise de services énergétiques, le Groupe soutient toutes les énergies du futur, commente Peter Kütemann, Fondateur et Président de l'entreprise éponyme. "Ce partenariat combine notre longue histoire de sponsoring automobile avec notre engagement pour développer l'hydrogène en tant qu'importante source d'énergie propre", poursuit-il. "MissionH24 fédère des partenaires pour qui la transition énergétique, la responsabilité sociale et environnementale, sont des composantes majeures de leur développement", réagit pour sa part Jean-Michel Bouresche, Responsable des Opérations de MissionH24 et Team Principal de H24Racing. Essilor devient également partenaire du programme MissionH24. Le spécialiste de la vue a en fait passé un accord avec l'Automobile Club de l'Ouest (ACO), qui s'applique par extension au programme destiné à préparer l'arrivée de l'hydrogène en 2024. Les deux parties déclarent partager "un engagement fort pour l’innovation". Or, "les 24 Heures du Mans représentent un véritable laboratoire pour la mobilité de demain, une approche qui fait écho aux investissements soutenus d’Essilor dans des solutions visuelles innovantes associant performance, endurance, sécurité et confort". Ce partenariat de trois ans se traduira par de nombreuses actions conjointes. Plus de détails seront dévoilés à l‘occasion de la prochaine édition des 24 Heures du Mans les 21 et 22 août.
*Elle compte Plastic Omnium, Richard Mille, Symbio et Total.
Après le GP de F1 de Monaco, la prochaine épreuve inscrite au calendrier de l’Automobile Club de Monaco est l’édition 2021 du E-Rallye Monte-Carlo. Elle est prévue du mercredi 20 au dimanche 24 octobre. Annulée en 2020 à la suite des intempéries liées à la Tempête Alex, l’épreuve 100 % électrique & hydrogène est de retour cette année avec de grandes nouveautés en prévision. Le Comité d’Organisation a souhaité innover dans l’élaboration du parcours de cette 5e édition. Le Grand Départ se tiendra depuis la ville de Châteauneuf, dans le département de la Loire, premier domaine municipal de France autonome en énergie verte. Les concurrents prendront ensuite la direction de Valence dans la Drôme pendant 2 jours. Pour terminer, le E-Rallye 2021 passera par la ville du Luc dans le Var, avant, de rejoindre la Principauté de Monaco et les Alpes-Maritimes pour le week-end. Les voitures inscrites sont de nouvelle génération, représentant plus d’une dizaine de constructeurs automobiles, aussi bien avec les modèles électriques que les voitures à pile à combustible, alimentées à l’hydrogène. A noter que l'épreuve compte pour la Coupe E-Rallye de Régularité de la FIA 2021. Il est possible dès à présent de télécharger et de remplir le dossier des pré-engagements. Les engagements avec règlement particulier auront lieu à partir du vendredi 20 août prochain.
"C'est une première mondiale", selon la Région Normandie. Dans le cadre du projet NOMAD car Hydrogène, Transdev et 14 acteurs ont converti par retrofit Diesel à l’hydrogène. L'opération, menée sur un car Iveco de Crossway de plus de 5 ans, permet d'avoir une autonomie prolongée à 450 km (+ 30 % par rapport à un car électrique classique) avec en prime zéro émission (le car rejette uniquement de la vapeur d’eau) et le silence. De plus, la durée de vie passe de 14 à 25 ans. Désormais légalisé par un décret de mars 2020, le retrofit électrique permet de décarboner des véhicules polluants. Le kit a été installé par IBF H2. La start-up a bénéficié du concours de la société d'ingénierie automobile IAV. Le nouvel autocar à hydrogène circulera fin 2021 à blanc, puis en 2022 avec des voyageurs à bord sur la ligne régionale Nomad Car express Evreux-Rouen. L'hydrogène est l'énergie la mieux adaptée pour un parcours de 380 km par jour. L'autocar sera alimenté en hydrogène vert par une station du Vieil-Evreux.
Le groupe industriel de Haute-Saône a signé un accord avec ECT, un groupe qui a pour activité le réaménagement environnemental de sites dégradés et dans une optique d'économie circulaire. Ce dernier souhaite transporter les terres excavées des chantiers du BTP à bord de véhicules plus propres. L'idée est donc d'utiliser des camions à hydrogène et de créer tout un écosystème à destination du monde des travaux publics. Si Gaussin est amené à fournir ces véhicules (porteurs 10x4 roues et tracteurs 4x2 roues), Bouygues Energies Services assurera la production d'hydrogène renouvelable et la distribution de ce carburant alternatif. Les partenaires annoncent que le projet fera l'objet d'un dépôt de dossier auprès de l'ADEME dans le cadre des appels à projets visant à promouvoir les solutions de mobilité à l'hydrogène.
En partenariat avec Hynamics (la filiale d'EDF), le groupe industriel franc-comtois va tester des poids lourds autonomes électriques et à hydrogène. Ces véhicules sans cabine de 44 tonnes rouleront à partir de la fin de l'année, puis courant 2022 et 2023 dans le cadre de 4 projets pilotes. Les expérimentations se dérouleront autour des sites Hynamics à Moret-sur-Loing (Seine-et-Marne), Belfort et Paris (ainsi qu’un site en cours de définition) sur des parcours routiers allant de 5 km à 80 km. Ce sera l'occasion d'étrenner le fameux "skateboard", la plateforme modulaire développée par Gaussin. L'industriel inaugurera également le concept "Moonroad" : un tracteur routier sans cabine autonome, à propulsion électrique et hydrogène, capable de tracter des semi-remorques pour un poids total en charge de 44 T, se déplaçant à une vitesse volontairement limitée pour effectuer ces déplacements sur quelques dizaines de kilomètres. Ces projets sont soutenus par le Ministère de la Transition écologique, et plus précisément par l'administration chargée des Transports. Il est à noter que ces expérimentations s'inscrivent également dans le cadre des Jeux Olympiques de 2024, de façon à valider au passage la mobilité hydrogène. Le projet fera l’objet d’un dépôt de dossier auprès l’ADEME dans le cadre des appels à projet visant à promouvoir les solutions de mobilité à l’hydrogène.
Le 12 mai, le banc d'essais de pile à combustible HYBAN a été inauguré dans les locaux de l'UTBM (Université Technique de Belfort-Montbéliard). Ce banc d’essai, unique en France en termes de performances et de possibilités de tests, permet de mettre à l'épreuve des piles à combustible d'une puissance maximale de 120 kW. En plus de l'automobile, il permet de valider des PAC pour les bus, camions, trains, engins de chantier, et même les navires. A noter qu'un partenariat a été engagé avec Symbio (coentreprise de Faurecia et Michelin) qui a fourni la pile à combustible ayant servi à la mise en service de ce banc d'essai. Cet outil permettra aussi de valider des applications stationnaires (groupes de secours, systèmes de stockage d’énergie renouvelable). Le projet HYBAN était porté par FCLAB à Belfort, et labellisé par le Pôle Véhicule du Futur. Il a reçu des financements de la région Bourgogne-Franche-Comté et du Grand Belfort. Etaient à l'inauguration : Marie-Guite Dufay, Présidente de la région Bourgogne-Franche-Comté ; le préfet de Belfort, Jean-Marie Girier ; le Président du Grand Belfort, Damien Meslot ; Philippe Rosier, PDG de Symbio ; Ghislain Montavon, directeur de l'UTBM.
Dans un communiqué, la PME annonce avoir pré-sélectionné Belfort pour l‘implantation d’une Giga-Factory d'électrolyseurs. Toutefois, la confirmation n'est attendue qu'en fin d'année, après la finalisation des études préliminaires, l’obtention des autorisations administratives, et sous réserve notamment de l’obtention des financements nécessaires, dont ceux sollicités dans le cadre du processus IPCEI (Projet important d’intérêt européen commun). Bruno Le Maire, Ministre de l'Economie et de la Relance se félicite de ce choix. "Il s’agit de la première giga-factory d’électrolyseur française dans le cadre de la Stratégie Nationale Hydrogène. En effet, la France a fait le choix stratégique de l’hydrogène en investissant 7 milliards d’euros sur cette technologie d’ici 2030. McPhy montre concrètement que ce choix est un bon choix et l’hydrogène est source de croissance, d’emplois et de développement industriel pour nos territoires". Pour sa part, Laurent Carme, Directeur Général de McPhy commente : "Ce centre d’excellence dédié à l’industrialisation et la production en série nous donnera les moyens de nos ambitions technologiques et industrielles sur le segment des électrolyseurs". L’objectif est de débuter la production au cours du 1er semestre 2024 avec une montée en charge progressive jusqu’à atteindre une capacité de 1 GW par an. La construction de cette nouvelle infrastructure industrielle représenterait un investissement de 30 à 40 M€. Elle conduirait à la création, à pleine charge, de plus de 500 emplois McPhy, dont environ 400 en France, et une centaine en Allemagne et Italie. S’y ajouteraient plusieurs centaines d’emplois indirects en France et en Europe. Fort de cet investissement majeur dans son outil industriel, McPhy disposerait d’une capacité annuelle totale de production équivalente à 1,3 GW, en phase avec les perspectives de croissance des marchés de l’hydrogène vert, notamment celui de l’industrie lourde.
La firme américaine annonce l'arrivée de Benjamin Haycraft, qui a été nommé Vice-Président, en charge de la stratégie et du développement pour l'Europe. Il travaillait auparavant à la banque Santander, où il a travaillé en tant que conseiller sur des partenariats entre PlugPower et des entreprises comme Renault en France et Acciona dans la péninsule ibérique. Il a trois ans d'expérience dans le domaine de l'hydrogène et un profil international (il a occupé des postes à New-York et Madrid, en plus de Paris). Basé en France, il fera le lien entre le fabricant et les partenaires commerciaux potentiels. Il aura pour mission de développer le business dans l'Europe entière, tant au niveau de la production que de la distribution d'hydrogène. PlugPower, qui est depuis déjà 10 ans sur le contient, avec des clients comme Carrefour, IKEA, BMW et GAUSSIN, entend accélérer.
Bonne nouvelle pour le concepteur et fabricant européen de stations de ravitaillement en hydrogène. Grenoble-Alpes Métropole a autorisé la cession d'un terrain de 2,6 hectares (dans la ZAC « Saut du Moine » à Champagnier), destiné à accueillir le futur centre de production et de recherche de HRS. L'acquisition définitive est prévue pour la mi-juin, le permis de construire sera alors déposé dans la foulée. Cette nouvelle étape s'inscrit dans le calendrier de développement de la société, présenté lors de son introduction en bourse en février dernier. "Ce nouveau site d'une surface totale de 14 300 m², un des plus grands d'Europe, nous permettra de tripler la production pour atteindre 180 stations par an dès 2023, et de développer, en particulier, les stations de grande capacité d'une tonne et plus", précise Hassen Rachedi, Fondateur et Président de HRS. Le site comprendra en son sein 4 300 m² de bureaux et d'espaces de vie pour accueillir l'ensemble des collaborateurs (une centaine d'ici 2025), ainsi qu'une station hydrogène d'une tonne / jour alimentée par un électrolyseur, un centre de recherche et une zone d'essai. "Ces éléments permettront d'accroître à la fois le savoir-faire unique de HRS et son expertise dans la maîtrise de technologies complexes, en particulier l'équilibre entre vitesse de compression et volume de stockage haute pression", annonce l'entreprise. "Ce nouveau site est une étape décisive vers la réduction des coûts de production et donc vers la démocratisation de la mobilité électrique hydrogène, par nature zéro-émission ", se réjouit quant à lui Christophe Ferrari, président de Grenoble Alpes-Métropole.
Le groupe annonce avoir réalisé avec succès sa première émission obligataire verte, avec une levée de 500 millions d’euros. Cette somme dédiée au financement et refinancement de plusieurs projets de développement durable, notamment dans l’hydrogène. Elle s’inscrit dans la continuité du premier emprunt obligataire labellisé ISR, émis dès 2012 pour financer l’expansion de l'activité Santé à domicile. Cette nouvelle opération va contribuer au financement des ambitieux projets de développement durable présentés le 23 mars dernier. Les fonds levés viendront se substituer aux échéances obligataires de septembre 2021, et continueront à financer de manière durable la croissance à long terme du groupe dans des conditions très compétitives.
Le 28 mai, l’Assemblée Générale Ordinaire et Extraordinaire des Actionnaires du groupe pétrolier a voté à une quasi-unanimité, la résolution visant à changer la dénomination sociale de l’entreprise. Total devient donc TotalEnergies et étrenne au passage une nouvelle identité visuelle. Celle-ci reflète l'identité d'une compagnie multi-énergies, qui met en œuvre sa mission de produire et fournir des énergies toujours plus abordables, disponibles et propres. A côté du pétrole et du gaz, on retrouve donc l'électricité, l'hydrogène, la biomasse, l'éolien et le solaire "Notre ambition est d’être un acteur majeur de la transition énergétique. C’est pour cela que Total se transforme et devient TotalEnergies », a déclaré Patrick Pouyanné, PDG du groupe. Présent dans plus de 130 pays, TotalEnergies "inscrit le développement durable dans toutes ses dimensions au cœur de ses projets et opérations pour contribuer au bien-être des populations".
Surprise ! Le groupe pétrolier, qui était assez discret sur l'hydrogène en France, vient de prendre une décision très symbolique. Il est entré dans le capital de Hysetco, la société qui détient la première flotte de taxis hydrogène au monde (lancée en 2015 et exploitée dans la région Île-de-France sous la marque Hype), ainsi que les stations qui assurent la recharge d’hydrogène. Avec l’acquisition d’une participation de 20 %, Total rejoint les actionnaires historiques que sont la STEP (Société du Taxi Electrique Parisien), Air Liquide, Toyota et Kouros. "Cette acquisition est un engagement concret et un vecteur d’accélération pour Total dans le domaine de l’hydrogène pour la mobilité", commente Patrick Pouyanné, Président-directeur Général de Total. "Après son investissement dans le nouveau réseau Bélib’ de bornes de recharge pour véhicules électriques, Total veut ainsi contribuer à faire de Paris la vitrine des nouvelles mobilités urbaines neutres en carbone, à destination des professionnels et des particuliers", poursuit-il, en soulignant que le groupe accélère "sa transformation en TotalEnergies, acteur multi-énergies leader de la transition énergétique". Hysetco détient actuellement environ 700 taxis à Paris (dont 600 de la compagnie Slota, rachetée récemment). Cette flotte de véhicules thermiques est en cours de renouvellement afin d’être exclusivement composée à horizon 2024 de véhicules fonctionnant à l’hydrogène. Total mettra son réseau de stations-services à disposition de Hysetco pour contribuer à l’accroissement du réseau de stations de recharge en hydrogène.
Le 19 mai a eu lieu la pose de la première pierre de la station qui sera installée au nord de Dijon. Une cérémonie qui a réuni François Rebsamen, Maire de Dijon et Président de Dijon Métropole, Jean-Claude Lagrange, Vice-Président à la Région Bourgogne-Franche-Comté ; et Christophe Rougeot, Président de Dijon Métropole Smart Energhy. La station sortira de terre en 2022. Une seconde verra également le jour au sud de la ville. C'est la première action concrète d'un projet de 100 millions d'euros et qui vise à convertir l'intégralité de parc de véhicules lourds de la métropole à horizon 2030. Dans les faits, ce sont ainsi 44 bennes à ordures et 180 bus qui seront alimentés par un hydrogène vert produit localement, à partir du recyclage des déchets issus de la collecte des ordures ménagères. Dès 2023, l'hydrogène permettra de réduire les émissions de CO2 de 1726 tonnes par an, soit l’équivalent de 24 millions de kilomètres en voiture dans Dijon. Et en 2026, plus de 4200 tonnes de CO2 par an seront évités, soit l'équivalent d'environ 58 millions de kilomètres en voiture ou encore 4200 allers-retours Paris-New-York.
La station hydrogène prévue pour alimenter les bus à hydrogène* de l'agglo de Belfort doit sortir de terre en 2022 et être mise en service au printemps 2023. Elle sera installée à Danjoutin, juste à côté du dépôt de bus de la régie des transports du Territoire de Belfort (RTTB), qui gère la flotte, au pied des rails de la ligne Belfort-Mulhouse. Dans une interview, Stéphane Manginot, responsable du pôle mobilités chez Hynamics (filiale d'EDF dédiée à l'hydrogène), fait le point sur le projet. Ainsi, il explique que deux phases de développement sont prévues. La première étape consiste à installer un électrolyseur d’une puissance d’1 MW, capable de fabriquer 400 kg d’hydrogène par jour (l'équivalent de la consommation électrique annuelle de 1 000 à 1 500 foyers). De quoi alimenter les 7 premiers bus hydrogène de la flotte Optymo et répondre aux besoins des industriels locaux, comme Faurecia ou Gaussin. Une deuxième étape montera la puissance à 2 MW. Ainsi, dès 2025, 20 bus Optymo devraient pouvoir rouler à l’hydrogène. La station s’étendra alors sur 5 000 m2, en raison des équipements qui seront répartis dans des conteneurs. L'hydrogène sera stocké à basse, moyenne et haute pression. "C’est un puzzle que nous devons assembler", résume Stéphane Manginot.
*Ces bus doivent être choisi par le syndicat mixte des transports en commun (SMTC) avant l’été.
Le célèbre circuit, qui a accueilli pendant un temps le Grand Prix de France de Formule 1, prépare lui aussi la transition énergétique. Dans un article, le Journal du Centre nous apprend que 28 000 mètres carrés de panneaux photovoltaïques ont été installés sur les parkings. Et surtout qu'ils opérationnels depuis le 19 mai. Ces ombrières serviront pour générer du courant électrique. Magny-Cours entend être autonome en énergie, puisque la production sera trois fois supérieure à la consommation. Et une prochaine étape se dessine. À moyen terme, Nièvre Énergies, le circuit et le département projettent de fabriquer, sur le circuit, de l’hydrogène. Il pourrait être utilisé pour alimenter des véhicules sur le site, qu'il s'agisse de voitures de série et de transports publics à pile à combustible, mais aussi de voitures de sport. On sait que Ligier travaille par exemple sur l'hydrogène. De plus, la société H2K travaille sur un projet de moto GP à hydrogène. Avec une station, Magny-Cours rejoindrait ainsi le circuit du Castellet (Var) qui dispose d'une telle infrastructure. Nièvre Énergies prévoit notamment d’installer des retenues d’eau pour la production d'hydrogène. "L’eau, l’énergie, le numérique. Et j’ajouterais la forêt et l’agriculture, notre société d’économie mixte doit absolument garder la maîtrise de ces communs. La Nièvre pourrait quasiment devenir autonome en énergie", note Alain Lassus, président du conseil départemental.
Cofondée par Olivier Savin, qui a passé près de 18 ans chez Dassault Aviation, BSA est une start-up qui souhaite lancer des petits avions à l'hydrogène. Une de plus, me direz-vous... Mais, le concept est plus subtil que ce qu'on a pu voir jusqu'à présent. Comme l'explique cet ingénieur, convaincu depuis toujours par l'hydrogène, le projet lui trotte dans la tête depuis 25 ans. "Avant d'arriver chez Dassault, à la fin des années 90, j'ai commencé ma carrière aux Etats-Unis chez Honeywell, où j'ai travaillé sur des programmes spatiaux, notamment sur le remplacement des piles à combustible à bord de la navette spatiale. Et à l'époque, je pensais que cela faisait du sens pour les avions", confie-t-il. Mais il précise aussi : "j'ai cherché à comprendre la façon dont on pouvait introduire la technologie sur un avion, sachant que c'était compliqué à cause de l'infrastructure". Si on parle de 2035 et plus, pour les gros avions, c'est justement parce qu'il faut être en mesure de produire de grandes quantités d'hydrogène et d'assurer un maillage des stations d'avitaillement. De plus, il faut également résoudre les questions réglementaires. Et Olivier Savin ne veut plus attendre... "j'ai préféré une solution à court terme, qui concerne les avions plus petits jusqu'à 4 places et destinés aux aéro-clubs", explique-t-il. Ce choix vient du fait qu'on compte aujourd'hui 200 000 appareils de ce type dans le monde et dont la plupart sont très anciens. Il faut renouveler la flotte. De plus, les aéro-clubs sont confrontés à des restrictions, en raison des nuisances sonores. Pour faire simple, "il faut inventer une aviation décarbonée", affirme le dirigeant. Et c'est là qu'intervient l'hydrogène. "Les piles à combustible sont suffisamment compactes pour se conformer aux exigences de l'aéronautique", assure-t-il. Pour le dirigeant de Blue Spirit Aero, la solution vient des "stations à usage plurimodal". Et il cite en exemple la station du projet Hyport à l'aéroport de Toulouse-Blagnac, qui permettra à la fois d'adresser les besoins du transport terrestre (utilitaires, taxis, bus, camions) et de l'aéronautique (tracteurs de piste et avions). De plus, il constate que les aérodromes ont lancé une réflexion sur la production d'hydrogène, à partir de panneaux solaires et d'un électrolyseur. L'autre argument qui plaide en faveur des aéro-clubs vient du fait que les compagnies aériennes ont besoin de pilotes. Les besoins sont estimés à 600 000 dans le monde. Et justement, ces petits appareils permettraient d'assurer leur formation initiale. Créée officiellement en mars, BSA a fait une entrée remarquée. La start-up a obtenu le label Deep Tech de la part de Bpifrance. Elle a aussi un partenariat avec l'Onera (Office National d'Etudes et de Recherches Aérospatiales), qui lui donne accès à des moyens d'essai (soufflerie, simulation de la mécanique des fluides). La jeune pousse a aussi répondu à des AMI, tel celui d'ADP (Aéroports de Paris), qui veut mettre en place un écosystème avec Airbus et Airfrance en Ile-de-France. Avec Pragma Industries, elle a aussi déposé un dossier auprès de la région Occitanie. Ainsi, dans le cadre du projet VOLTHYGE, l'idée est d'éprouver la résistance d'une pile à combustible à bord d'un avion de voltige. Placée sur le siège passager, elle sera soumise à des G et devra continuer à fonctionner. Le projet prévoit de démarrer avec une pile de vélo H2 de 200 w, puis d'enchaîner avec une pile de 2 kW et un module de 12 kW. Mais, venons-en au concept porté par Blue Spirit Aero. L'approche consiste à intégrer la technologie dans des nacelles (pods) placées sous les ailes. Avec plusieurs systèmes autonomes, intégrant la pile et un réservoir, la start-up estime remédier aux problèmes de pannes et aux risques de fuite. Et contrairement aux projets concurrents qui font appel à de l'hydrogène liquide, BSA entend utiliser des technologies sur étagère, avec de l'hydrogène gazeux sous 700 bars et des piles du marché. A la recherche de partenaires, la société entend réaliser un démonstrateur d'ici fin 2024 et mettre en service le premier appareil en 2026. Une levée de fonds est prévue prochainement pour mener à bien ces opérations.
Thales, Drones-Center, et ZenT annoncent avoir réalisé une démonstration en vol d’un drone équipé d’une pile à combustible. L’objectif de cette expérimentation était de démontrer la viabilité industrielle et opérationnelle de ce drone, qui permet de gagner en performance tout en préservant l’environnement, grâce à l'hydrogène. Les essais ont démontré la capacité du drone à voler au moins 2 heures avec un temps de rechargement en hydrogène ne dépassant pas une minute. Outre le temps d'immobilisation réduit, le drone offre des performances maintenues tout au long de la durée du vol contrairement aux drones utilisant des batteries. Le groupe de défense estime qu'un tel drone pourra voler jusqu’à 3 heures en embarquant 3 kilos de charge utile, répondant à 90 % des applications de surveillance de sites sensibles et l’inspection d’ouvrages industriels. Pour répondre aux exigences de la réglementation, l’expérimentation a été menée avec la solution ScaleFlyt Geocaging à bord du drone. Ce dispositif mis au point par Thales associe la robotique et des technologies de sécurité conformes aux certifications requises dans l'aéronautique. Développée avec le soutien de la DGAC, elle garantit le maintien du drone dans un espace défini.
La compagnie nationale, qui vise la sortie du Diesel en 2035, a une stratégie qui associe plusieurs énergies.
1-Les biocarburants
Depuis le mois d’avril et jusqu’en juillet, quinze rames de la région Normandie roulent au colza sur la ligne Paris-Granville. Ce biocarburant nommé B100 permet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 60 % par rapport au diesel. La SNCF précise que son colza est produit en France et issu des surplus agricoles. Après ce test, un déploiement à plus grande échelle est envisagé. Le B100 ne nécessite pas de modifications des trains diesel, hormis pour les filtres à carburant.
2-L’hybride
Dès 2022, un TER mi-diesel, mi-batteries, sera testé en service voyageurs dans les régions Centre-Val-de-Loire, Occitanie, Grand-Est et Nouvelle-Aquitaine. Cette technologie permet d’économiser 20 % d’énergie par rapport au thermique par un système de récupération d’énergie au freinage. Le projet, d’un coût de 16 millions d’euros, est vu comme une solution de transition avant l’arrivée de batteries dotées d’une plus grande autonomie et de l’hydrogène bon marché.
3-Des batteries pour rouler sans caténaire
Dès 2023, la SNCF et cinq régions vont tester un train capable de circuler sur des lignes partiellement électrifiées. À la fin des sections à caténaires, des batteries pourront prendre le relais avec 100 kilomètres d’autonomie. Cinq automotrices grande capacité (AGC) seront modifiées dès 2022 par Alstom.
4-La révolution de l’hydrogène prévue en 2024
C’est le projet le plus emblématique pour la transition écologique du ferroviaire. Le train à hydrogène, qui circule déjà en Allemagne, doit faire ses premiers tours de roue dans l’Hexagone en 2025. Près de 231 millions d’euros ont été investis pour l’achat de quatorze rames TER H2. Selon une étude de la SNCF, l’hydrogène est le meilleur choix pour les lignes à faible trafic où l’électrification coûterait bien plus cher. En France trente-quatre lignes pourraient être concernées après 2025, soit 250 trains à construire. L’investissement serait de 3,4 milliards d’euros, soit le coût d’une ligne à grande vitesse.
C'est sous le nom "The New Era" que le premier bateau de plaisance au monde propulsé à l'hydrogène a été présenté dans le port de Marseille. On doit ce projet à la skippeuse Chloé Zaied, qui s'est associé à EODev (la fililale d'Energy Observer). Ce modèle de 12 mètres de long, avec une autonomie de 150 km, va bientôt être produit en série. "On montre qu'on peut mettre de l'hydrogène sur un bateau et qu'on peut naviguer différemment, plus proprement, explique Chloé Zaied, citée par France Info. "On a éliminé les odeurs, on a éliminé les risques de fuites d'hydrocarbures. On a éliminé le bruit aussi", ajoute la patronne d'Hynova Yachts. La solution développée par EODev pour répondre au cahier des charges de l’Hynova 40 se compose d’une pile à combustible Toyota dernière génération, le T-Module, pouvant fournir jusqu'à 80kW, complétée de trois batteries de technologie LiFePO de 44kW (Lithium-Fer-Phospate) conçues par EVE Systems et homologuées pour un usage maritime, et de deux moteurs électriques BorgWarner développant une puissance de 184kW chacun (soit environ 2 x 250CV en équivalent diesel). L'ensemble a été pensé pour permettre au bateau, qui avoisine les 9 tonnes, d'atteindre 22 nœuds en vitesse maximum et une vitesse de travail de 12 nœuds. La vitesse limite de fonctionnement avec la pile seule est de 8 nœuds, le bateau pouvant parcourir jusqu'à 69 milles à 6 nœuds en autonomie, combinant les performances de la pile et des batteries.
Jean-Baptiste Djebbari, ministre délégué chargé des Transports, a désigné NepTech et EODev lauréats de l'appel à innovations « Mobilités Jeux Olympiques et Paralympiques Paris 2024 » dans la catégorie Nouvelles Mobilités & Mobilités Actives, section "Fluvial". La filiale d'Energy Observer et la société d'ingénierie d'Aix-en-provence ont été retenues grâce à leur projet de navettes à passagers équipées d'un système de propulsion à hydrogène sur la Seine et à Marseille durant les JO de 2024. Ces navires innovants seront équipés des RexH2 (range extender) d'EODev, développées en collaboration avec Toyota, qui fournit sa pile à combustible. Les navires NepRiver, à usage fluvial, et NepShuttle, à usage maritime, conçus par NepTech seront dotés d’une grande autonomie et pourront transporter jusqu’à 150 passagers. Par ailleurs, les deux partenaires fourniront une station de distribution d'hydrogène. Cette station multimodale (STSH2, pouvant ravitailler des bateaux et d'autres véhicules) sera développée par EODev, et aura pour atout dont l'un d'être autopropulsée et ancrée au plus près des sites olympiques. NepTech assurera la conception navale de la station de recharge.
D'une surface de 750 m2, le Techno Campus H2 va voir le jour d'ici la rentrée. Ce plateau technique sera voisin de celui de ComposiTIC*. Dans un premier temps, ce campus accueillera une mini-chaîne complète de production d'hydrogène et jouera un rôle de démonstrateur pédagogique auprès "des étudiants et des industriels", indique Yves Grohens, responsable du plateau Compositic* et vice-président en charge de l'innovation à l'Université de Bretagne Sud (UBS). Le bâtiment s'agrandira par la suite, de même que le périmètre des recherches qui porteront sur les processus de production et plus particulièrement sur le stockage de l'énergie et les électrolyseurs. Ce projet fédère une quinzaine de partenaires, dont le Chantier naval Bretagne Sud, qui souhaitent construire une filière industrielle. Ce campus est à l'écoute du monde de la mer. "Nous venons en appui à la filière maritime, qui va avoir besoin d'électrolyseurs, de piles à combustible et de réservoirs adaptés", précise Yves Grohens. L'agglo prépare aussi l'avenir du côté de la formation. Ainsi, l'IUT de Lorient proposera, à la rentrée prochaine, la licence pro "Maîtrise de l'énergie, électricité, développement durable", option "Gestionnaire des énergies, énergies nouvelles et hydrogène). Un tiers du programme sera consacré à l'hydrogène.
*Un plateau technique dédié aux matériaux composites. Il travaille sur la fabrication des réservoirs d'hydrogène.
C'est un petit exploit qui se prépare avec Lhyfe et Centrale Nantes. L'objectif est de démontrer la fiabilité d’un électrolyseur en mer. Au large du Croisic, on s'active pour mettre en place le premier dispositif de production d’hydrogène offshore au monde. Il a été développé par la start-up nantaise, en collaboration avec les Chantiers de l’Atlantique, et prendra place sur le site d’essai en mer SEM-REV de l'école Centrale Nantes. L'équipement fonctionnera à l’aide d’électricité provenant d’une éolienne flottante, dès l'année prochaine. Ce site d’essais en mer réunit en effet toutes les conditions (présence d’énergies marines renouvelables, conditions environnementales sévères) pour valider la technologie de production d’hydrogène en offshore avant d’envisager des déploiements industriels grande échelle à horizon 2024. Ce projet, véritable accélérateur du développement d’une filière industrielle majeure de production d’hydrogène, est d’ores et déjà soutenu par la Région Pays de la Loire, le Pôle Mer Bretagne Atlantique et le comité stratégique de filière des industriels de la mer.
*Le SEM-REV est le 1er site européen d’essais en mer multi-technologies connecté au réseau. Il dispose de tous les équipements en mer et à terre permettant la mise au point, la validation et l’optimisation de systèmes de récupération de l’énergie issue principalement de la houle et du vent offshore. C’est un équipement géré par le Laboratoire de recherche en Hydrodynamique, Énergétique et Environnement Atmosphérique (LHEEA) de Centrale Nantes et du CNRS dans l’objectif d’aider les industriels à développer des nouvelles capacités de production d'énergie.
Un accord a été signé entre le Grand Port Maritime de Bordeaux et la société GH2 pour l’implantation du plus grand projet de production et de conversion d’hydrogène renouvelable en Nouvelle Aquitaine. L'ambition est de produire jusqu’à 14 000 tonnes d’hydrogène renouvelable par an et d’éviter ainsi jusqu’à 130 000 tonnes d’émissions de gaz à effet de serre par an. Intégrant dès sa conception une centrale électrochimique de production d’hydrogène et d’ammoniac, ainsi qu’une centrale de production d’électricité d’origine photovoltaïque, ce projet aura une capacité totale d’électrolyse de 100MW. Ce qui en fera l'un des plus grands de ce type en France et en Europe. Mûri depuis trois ans, le projet de GH2 est stratégiquement situé sur la zone portuaire, au nord de l’agglomération bordelaise au cœur de la plateforme industrielle dédiée à la chimie et aux hydrocarbures sur la commune d’Ambès, en bord de Garonne. Fondée en 2018 par deux experts du trading dans les énergies, GH2 développe et structure des actifs d’énergies renouvelables et des installations électrochimiques pour la production, l’utilisation et la valorisation d’hydrogène renouvelable. Leur portefeuille est constitué de plusieurs projets allant de 10 à 100 MW situés en Europe, en Afrique du Nord et en Amérique latine. Grâce à une approche progressive et évolutive, la société entend développer plus de 1 GW de projets d’ici 2025 sur ces trois continents.
La société girondine, qui a reçu le 25 mai l'approbation par l'Autorité des marchés financiers, a mis en ligne spécifique pour entrer en Bourse sur Euronext. Créée en 2012 en tant que développeur de centrales électriques, la société s'est lancée ensuite dans la production d'électricité à partir d'hydrogène vert (selon deux procédés : power to power and gas to power) et la mise au point de piles à combustible. Basée à Lormont, près de Bordeaux, l'entreprise compte 25 salariés pour un peu plus de deux millions d'euros de chiffre d'affaires en 2020. "L'adossement à un grand groupe ou un énergéticien ne correspond pas à notre volonté d'être un acteur indépendant sur ce nouveau marché que sont les énergies renouvelables non intermittentes grâce à l'hydrogène, se justifie le PDG, Damien Havard, dans La tribune. "De même, nous n'avons pas choisi la levée de fonds privée parce que la Bourse offre des avantages mieux reconnus à l'international au regard de ses garanties de transparence et d'indépendance qui sont rassurantes pour nos clients, fournisseurs et partenaires", précise-t-il. HDF Energy a été retenu début avril par Bordeaux Métropole pour reprendre une partie des terrains libérés par Ford Aquitaine Industries à Blanquefort, au nord du territoire. La PME prévoit d'y investir 20 millions d'euros pour y construire une usine de piles à combustible à forte puissance. A partir de 2023, elle devrait pouvoir assurer une production annuelle de 100 MW sur 5 000 m2. Parmi les projets engagés, il y a celui de la Centrale électrique de l'ouest guyanais (CEOG), qui prévoit de produire annuellement 50 GWh d'énergie solaire photovoltaïque couplée à un stockage à l'hydrogène via deux piles à combustible permettant de fournir une électricité continue et stable, de jour comme de nuit. Ce projet au budget de 130 millions d'euros, dont 20 % de fonds propres de Meridiam, la Sara et HDF Energy, va pouvoir être mis en chantier prochainement, avant une exploitation qui doit durer 20 à 25 ans. Au total, HDF Energy porte déjà onze autres projets du même type au Mexique, à La Barbade, à Chypre, en Australie, en Nouvelle-Calédonie et en Australie soit au total plus de 1,3 milliard d'euros d'investissements et plus de 80 MW de piles à combustible à installer d'ici 2025. L'entreprise girondine travaille également sur les centrales "HyPower", consistant à installer des piles à combustible de forte puissance sur des sites industriels. Hydrogène de France met en avant un accord d'exclusivité mondiale jusqu'en 2026 avec Ballard Power Systems, ainsi qu'un partenariat avec ABB pour la propulsion des navires. La société collabore par ailleurs avec Atos pour la mise au point d'un data center alimenté à l'hydrogène vert.
L'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) a présenté ce matin sa dernière note scientifique qui porte sur "les modes de production de l'hydrogène". "C'est un sujet qui passionne", a déclaré en introduction Gérard Longuet, qui est le premier vice-Président de cet office et le rapporteur de ce document de 10 pages (4 de synthèse, 6 pour les références). La note, dont l'élaboration s'est étalée sur trois mois (de décembre à mars), fait la synthèse des différents procédés de production, du vaporeformage à la dissociation thermochimique, avec un accent sur l'électrolyse. Comme l'explique le sénateur de la Meuse et ancien ministre, "loin d’être une solution miracle, l’hydrogène peut cependant devenir un vecteur d’énergie pertinent sous la condition d’une production décarbonée, soit par captage du carbone en cas d’utilisation d’énergies fossiles, soit par recours à une électricité d’origine nucléaire ou renouvelable en cas de production par électrolyse de l’eau". La note souligne que "cette dernière technique, plus chère (elle coûte 4 fois plus que le vaporeformage) et nécessitant un apport d’eau et surtout d’électricité, n’est donc pas en soi synonyme de neutralité carbone et représente un défi d’avenir sur lequel la France parie de façon justifiée mais exclusive". On peut lire dans ce document que la France a fait "le choix exclusif de la production d’hydrogène par électrolyse de l’eau" et que "la Commission européenne soutient une cible encore plus étroite de production par électrolyse, alimentée par les seules ENR". Et la note enfonce le clou :" le nucléaire n’est pas évoqué par la stratégie européenne pour l’hydrogène présentée le 8 juillet 2020". Au passage, la note met des chiffres en face des ambitions européennes. Ainsi, l’objectif européen d’installation de 6 gigawatts (GW) d'électrolyseurs pour la production d’un million de tonnes d'hydrogène renouvelable d’ici 2024 puis de 40 GW pour dix millions de tonnes d’ici 2030 doit être confronté au nombre d’éoliennes que cela représente : respectivement au moins 15 000 et 150 000 éoliennes (soit en surface de panneaux photovoltaïques environ 800 000 hectares et 8 millions d'hectares). Le document note que le problème est celui de l'origine de l'électricité qui doit être verte, faute de quoi "le bilan carbone serait encore moins bon que la séparation directe de l’hydrogène présent dans le gaz naturel". Pour l'OPCEST, "seules l’énergie nucléaire et l’hydroélectricité présentent le double intérêt d’être pilotables et décarbonées". M. Longuet a déclaré "à titre personnel qu'il serait fou de se priver de l'énergie nucléaire", car "les énergies renouvelables ne pourront pas à elles seules fournir les quantités d'électricité nécessaires". Bien que peu matures et souvent plus coûteux, les autres modes de production décarbonés d’hydrogène ne doivent pas être abandonnés, ni sur le plan de la recherche ni sur celui de l’industrie. La note fait notamment référence à la production d'hydrogène à partir de biomasse, jugée "très vertueuse bien qu’en concurrence avec la méthanisation". Les premières unités de production d’hydrogène par thermolyse de biomasse démarrent actuellement à Strasbourg, avec l’entreprise Haffner Energy (pour un coût inférieur à 5€/kg). La note évoque par ailleurs la dissociation de l'hydrogène et de l'eau par oxydation du fer, par photosynthèse (avec l’activité de microorganismes tels que des algues et des bactéries) ou encore par des procédés biomimétiques de photocatalyse et photoélectrocatalyse. L’Office proposait dès 2013 dans son rapport « L’hydrogène : vecteur de la transition énergétique » de coordonner le développement de la filière - depuis la production de l’hydrogène jusqu’aux usages - et de fédérer les acteurs. Ces recommandations restent d’actualité, estime l'OPCEST qui plaide pour "une politique énergétique cohérente, réaliste et responsable".
*Depuis 1983, l'OPECST a pour mission d'informer le Parlement des conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin d'éclairer ses décisions. A cette fin il recueille des informations, met en œuvre des programmes d'études et procède à des évaluations.
GRTgaz et Teréga ont annoncé le lancement d’une consultation au niveau national auprès de tous les acteurs du marché de l’hydrogène. Ces deux acteurs du gaz proposent de planifier ensemble le réseau de transport d’hydrogène de demain à travers leurs infrastructures. Ils se disent "à l’écoute des attentes et besoins de tous les acteurs du marché français de l’hydrogène bas-carbone et renouvelable". La consultation vise une large cible : acteurs publics et acteurs institutionnels nationaux et territoriaux, associations, syndicats, unions professionnelles, industriels, fournisseurs, producteurs, utilisateurs H2 actuels ou futurs, expéditeurs, opérateurs d’infrastructures, acteurs académiques, experts et autres publics... Un questionnaire est en ligne jusqu’au 11 juillet à ce lien. Suite à cette consultation, GRTgaz et Teréga restitueront en fin d’année une première planification du réseau pouvant transporter de l'hydrogène bas carbone et renouvelable.
C'est un partenariat stratégique pour la start-up de Belfort. H2SYS, qui avait déjà entamé une collaboration avec le constructeur automobile, va développer grâce à lui "le groupe électrogène à hydrogène le plus efficace et le plus fiable du marché mondial". Le produit sera mis en vente dès cette année. La société fondée par Sébastien Faivre a décidé de faire appel à la technologie du géant coréen, qui a fondé la marque HTWO pour démocratiser la pile à combustible. Des produits ont déjà été expédiés depuis Séoul à H2SYS pour développer des générateurs électriques mobiles et stationnaires de plus grande puissance. H2SYS, qui a développé une gamme de produits destinés aux conteneurs frigorifiques, à destination des professionnels des travaux publics, de l’événementiel et des services de secours mobile, entend répondre à d'autres besoins d'applications. C'est pour cela qu'elle fait appel à Hyundai, qui a une technologie de pointe. La société entend fabriquer davantage de groupes électrogènes, qui seront livrés à des clients clés d'ici 2021 et 2022. « Nous pensons que nos décennies d’expérience dans le domaine des piles à hydrogène permettront de créer de nouvelles synergies grâce au savoir-faire de H2SYS dans la production d’énergie à l’hydrogène", commente Sae Hoon Kim, vice-président exécutif du centre dédié aux piles à combustible chez Hyundai. "En tirant parti de notre expertise combinée, nos partenaires dans les domaines de la mobilité, des infrastructures et de l'énergie peuvent faire progresser davantage le potentiel d'un écosystème hydrogène complet", poursuit-il. Grâce à cette collaboration, les deux entreprises visent à permettre une pénétration plus rapide de l’énergie à hydrogène sur le marché mondial.
C'est une première très symbolique : la Tour Eiffel a été illuminée avec l’hydrogène, le 25 mai à 22h30. L'opération a pu avoir lieu dans le cadre du "Paris de l'hydrogène", une manifestation organisée par Energy Observer en partenariat avec la ville de Paris. L'éclairage de la tour a été alimenté par un groupe électro-hydrogène zéro émission développé par EODev (la jeune société issue des travaux de recherche et de développement menés à bord du catamaran H2). Quant à l'hydrogène - certifié renouvelable - il a été fourni par Air Liquide, l'un des partenaires de l'expo qui se tient actuellement sur le champ de Mars. "Soutenir Energy Observer en permettant notamment d'illuminer pour un instant la Tour Eiffel à l'hydrogène renouvelable est avant tout un symbole. Mais c’est aussi l'illustration que la solution existe et qu'il faut, collectivement, poursuivre les initiatives pour le développement d'une société hydrogène avec des projets d'envergure en France et dans le monde", a commenté Matthieu Giard, membre du Comité Exécutif du groupe Air Liquide et Directeur des activités Hydrogène. C’est ce même groupe électro-hydrogène d'EODev qui alimente tout le village Energy Observer pendant les 10 jours de l’événement, qui a démarré le 9 mai.
Initialement prévues du 9 au 11 juin à Dunkerque, les journées hydrogène dans les territoires ont été reprogrammées du 8 au 10 septembre, comme on peut le voir sur le site de l'association. France Hydrogène se voit contrainte de respecter les conditions et les mesures prises par le territoire qui accueille, et qui n'organisera pas d’évènements avant début septembre en raison de la crise sanitaire. C'est un nouveau report de cette 8ème édition des journées, qui devait se tenir en principe en 2020. Le calendrier promet d'être chargé en septembre, car plusieurs autres événements sur l'hydrogène ont déjà été reportés, eux aussi. Ainsi, Châteauroux accueillera le 16 septembre la journée H2 au Centre. Ce sera ensuite le tour du Mans d'organiser la troisième édition de son symposium, le 21 septembre. A noter que Nantes va organiser du 21 au 24 septembre l'événement Seanergy, qui traite des énergies marines renouvelables, et donc à ce titre l'hydrogène. Puis, Belfort inaugurera pour la première fois le forum Hydrogen Business for Climate les 29 et 30 septembre
