Alors que la France et l’Europe poussent en faveur de la production d’hydrogène « vert », le Groupe franco-belge John Cockerill a décidé de saisir cette opportunité en investissant 100 millions €, dont une partie pour produire notamment des électrolyseurs en Alsace.
L’Alsace est une région que nous connaissons bien, car le groupe y est présent depuis longtemps. Et c’est surtout un emplacement stratégique au cœur de l’Europe pour répondre aux besoins du marché français, ainsi qu’à ceux de l’Allemagne et du Benelux. John Cockerill va convertir l’une de ses usines existantes sur le site d’Aspach-le-Haut, qui était spécialisée dans la plasturgie. 20 millions d’euros sont consacrés à la transformation pour lancer dès la fin de 2021 la production d’électrolyseurs de 5 MW. L’objectif est de démarrer sur une capacité annuelle de 100 MW et d’augmenter ensuite en fonction de la demande. Le projet va se traduire par une soixantaine d’emplois dans sa première phase.
Notre groupe est très français, bien qu’il soit basé en Belgique. Un tiers de nos effectifs (soit près de 2000 employés) se trouve en France et le groupe appartient en majorité à l’industriel français Bernard Serin. De plus, la France a de grandes ambitions en matière d’hydrogène vert, comme en témoigne le plan qui a été présenté par le gouvernement. Nous avons accueilli positivement ce plan, qui va permettre le lancement d’une véritable filière française de l’hydrogène à forte valeur ajoutée. Le site alsacien nous permettra de nous positionner idéalement sur les appels à projets à venir. Nous envisageons d’autres investissements en France. Par ailleurs nous sommes en train de créer une société de droit français, John Cockerill Hydrogen, qui portera toutes les activités liées à l’hydrogène de notre groupe. Cela comprend les électrolyseurs, mais aussi les stations de remplissage et les solutions destinées au secteur industriel et à celui des transports.
Oui. Cette commande comprend 5 stacks de 5 mégawatts chacun, soit 25MW au total. Ces 5 électrolyseurs de grande taille seront installés à Taïwan et serviront l’industrie des semi-conducteurs. Avec 50 MW en puissance cumulée vendues en 2020, nous sommes le premier acteur en Asie et dans le monde. Nous sommes fiers de ces projets, qui ont été remportés par notre filiale chinoise. John Cockerill détient depuis 2019 56 % de la société Cockerill Jingli Hydrogen (CJH) qui a 50 % de parts de marché dans ce pays en matière d’électrolyseurs et une capacité de production annuelle de près de 300 MW. C’est d’ailleurs le seul acteur à vendre des électrolyseurs de 5 MW, les plus puissants du marché.
Depuis des dizaines d’années, John Cockerill maitrise l’hydrogène, notamment par certains procédés comme l’électro-galvanisation que nous avons déployés dans des secteurs industriels comme l’automobile et la sidérurgie. Notre cœur de métier depuis 2 siècles est de concevoir des équipements mécaniques, y compris des appareils à pression (compression et stockage). Notre division active dans l’environnement maitrise parfaitement les activités clés dans les électrolyseurs que sont la déminéralisation de l’eau, le traitement des gaz et leur purification. Finalement, nous possédons l’expertise pour gérer la complexité de grands projets industriels. Comme vous pouvez le constater, nous accélérons dans l’hydrogène vert. Nous avons un positionnement intéressant au cœur du marché asiatique et ce sera le cas bientôt au cœur de l’Europe, dans l’est de la France.
Certainement, pour ceux qui pourront entreprendre. Avant, les électrolyseurs étaient réservés à des marchés de niche. Aujourd’hui, on change d’ordre de grandeur en terme de taille de marché, ce qui va entrainer des évolutions rapides et nombreuses. La mise en service de notre usine d’Alsace est pour nous un sprint nécessaire pour répondre au mieux aux ambitions de l’Europe avec une capacité de 6 GW en 2024. Au-delà, l’industrie devra développer des projets sur toute la chaîne de valeur. A ce titre, John Cockerill se positionne pour travailler avec des partenaires industriels, actifs dans des secteurs clefs comme la mobilité, le raffinage, la sidérurgie, ou encore les engrais et la chimie, bien-entendu y compris en France.
