A compter de 2035, plus aucune voiture neuve vendue dans l’Etat de Californie ne pourra être équipée d’un moteur diesel ou à essence, selon une ordonnance signée le 23 septembre par le gouverneur démocrate de Californie, Gavin Newsom, pour lutter contre le changement climatique et la pollution de l’air. “C’est la mesure la plus efficace que notre Etat puisse prendre pour combattre le changement climatique”, a déclaré le gouverneur dans un communiqué. Selon le document, le secteur des transports, extrêmement développé en Californie, est responsable de plus de la moitié des rejets de carbone de l’Etat. L’ordonnance demande à l’agence chargée de la qualité de l’air en Californie (CARB) d’élaborer une législation afin que la totalité des voitures vendues dans l’Etat à partir de 2035 soient à émission zéro. Seuls les véhicules électriques, les véhicules à hydrogène et certains véhicules hybrides pourraient être commercialisés, ce qui aurait pour effet de diminuer les émissions de gaz à effet de serre de 35 % et celles d’oxydes d’azote de 80 %.
Dans un discours prononcé le 16 septembre, sur l’état de l’Union, la Présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a proposé de réduire encore plus les émissions de CO2. Son souhait est de porter l'objectif de réduction des émissions pour 2030 à au moins 55 %. Le seuil initial était déjà de 40 %. Ce tour de vis supplémentaire est de nature à accélérer la transition vers le zéro émission. "Je reconnais que cette augmentation de 40 % à 55 % est trop importante pour certains et insuffisante pour d'autres", a-t-elle indiqué. "Mais, notre analyse d'impact montre clairement que notre économie et notre industrie peuvent y faire face. Et elles-mêmes en ont la volonté. Pas plus tard qu'hier, j'ai reçu de 170 chefs d'entreprise et investisseurs – de PME mais aussi de quelques-uns des plus grands groupes mondiaux – une lettre* appelant l'Europe à fixer un objectif d'au moins 55 %", a déclaré Mme von der Leyen. "Notre analyse d'impact montre clairement que la réalisation de cet objectif mettrait résolument l'UE sur la voie de la neutralité climatique d'ici à 2050 et du respect de ses obligations découlant de l'accord de Paris", a encore indiqué la Présidente de la Commission européenne.
*Rédigée par le European Corporate Leaders Group (CLG Europe), présenté comme «"un groupe intersectoriel d’entreprises européennes œuvrant pour la neutralité climatique". On y retrouve EDF pour la France.
La Chine lance de nouvelles politiques pour stimuler les ventes de véhicules à hydrogène, annonce le ministère des Finances, l’objectif étant de construire une chaîne d’approvisionnement et un modèle d’affaires plus matures pour l’industrie. Alors que les politiques antérieures visant à soutenir les fabricants de véhicules à énergies alternatives offraient des subventions sur les ventes, le nouveau dispositif exigera des gouvernements locaux et des entreprises qu’ils prouvent que leurs projets communs sont en mesure de réduire le prix du carburant hydrogène, d’augmenter le nombre de stations de recharge d’hydrogène, d’agrandir les parcs de véhicules à pile à combustible et d’améliorer les technologies connexes. Les autorités offriront des récompenses aux projets après une évaluation de ces domaines de performance clés, a souligné le ministère. A noter que la Chine ne compte que 7 000 véhicules à hydrogène environ, contre plus de 4 millions de véhicules électriques et hybrides rechargeables.
Great Wall Motor produira son premier véhicule de loisir à pile à combustible en 2021. Le 14 septembre, Weishi Energy Technology (FTXT), une de ses filiales, a lancé un certain nombre de produits liés aux piles à combustible, parmi lesquels le moteur de 95 kW qui équipera le futur véhicule de Great Wall.
SAIC a annoncé le 13 septembre qu’il lancerait au moins dix véhicules à hydrogène d’ici à 2025. Le constructeur chinois prévoit de produire et de vendre 10 000 voitures à pile à combustible et de constituer une équipe pour superviser la R&D et le déroulement de son projet, a indiqué son président, Wang Xiaoqiu. Il a ajouté que la société approfondirait sa coopération avec des entreprises en amont et en aval en vue de promouvoir conjointement le développement de la chaîne industrielle. SAIC a lancé son projet de véhicule à pile à combustible en 2001 et investi plus de 3 milliards de yuans (370 millions d’euros) dans la R&D. Il a obtenu 511 brevets dans le domaine des piles à combustible.
Le DLR (centre allemand aérospatial) a procédé aux premiers tours de roues d’un véhicule expérimental à hydrogène. Il a pour nom de code SLRV (Safe Light Regional Vehicle). Ce drôle d’engin à deux places et au look futuriste se distingue par son poids-plume de 450 kg (grâce à une coque sandwich ultra-légère de 90 kg) et une pile à combustible. D’une puissance de 8,5 kW, elle permet d’entraîner un moteur électrique la propulsant à 120 km/h pour des trajets domicile-travail. L’autonomie serait de 400 km, grâce à 1,6 kg d’hydrogène stocké à 700 bars dans un réservoir de 39 litres. La chaleur dégagée par la pile servirait à réchauffer l’habitacle. Le DLR annonce un prix prévisionnel de 15 000 euros, sachant qu’il est constitué de matériaux non encore utilisés sur des véhicules de série.
Ballard Power Systems a lancé la FCgen-HPS, une pile à combustible à membrane échangeuse de protons (PEM) à haute performance et destinée à une gamme de véhicules légers, moyens et lourds. La densité de puissance est de 4,3 kW/l. La FCgen-HPS a été entièrement conçue et développée par Ballard selon des normes automobiles rigoureuses en partenariat avec Audi. Ballard a signé un protocole d'accord non contraignant avec Audi pour étendre son droit d'utiliser le FCgen-HPS dans toutes les applications, y compris les camions et les voitures particulières. En plus de sa haute densité de puissance, la FCgen-HPS offre : une puissance maximale jusqu'à 140 kW, avec évolutivité vers plusieurs blocs d'alimentation. Elle peut être configurée pour différentes sorties de puissance pour répondre aux exigences du client ; un rendement élevé de 52% en début de vie ; une température de fonctionnement jusqu'à 95 ˚C ; une capacité de démarrage par gel à -28 ˚C avec montée en puissance rapide. Ballard et Audi prévoient de signer des accords définitifs scellant leur partenariat.
Dans le cadre d’un projet pilote visant à lancer le marché de l’hydrogène, la ville anglaise va procéder à l’acquisition de 20 bus à impériale dotés d’une pile à combustible. Ces bus seront fabriqués par le constructeur britannique Wrightbus et introduits au sein du réseau de transport public local à compter d’avril 2021. Ils seront directement ravitaillés au dépôt par le biais d’une station avec un électrolyseur fourni par ITM Power.
La firme à l'étoile vient de dévoiler le GenH2 Truck, un camion à pile à combustible doté d’une autonomie de plus de 1 000 kilomètres. Destiné au transport longue distance, il utilisera de l’hydrogène liquide (en lieu et place d’hydrogène gazeux), dont la densité énergétique est plus élevée. Ainsi, les performances du véhicule devraient égaler celles d’un camion diesel conventionnel comparable. Ce camion de 40 tonnes embarque deux réservoirs stockant en tout 80 kg d'hydrogène à une température de moins 253 degrés. Daimler Trucks a prévu 2 piles de 150 kW et deux moteurs électrique de 230 kW chacun et une batterie de 70 kWh. Les premiers essais clients auront lieu en 2023, la production en série ne devant débuter que dans la seconde partie de la décennie. C’est en présence du ministre allemand des transports, Andreas Scheuer, que Mercedes a présenté en visioconférence sa stratégie d’électrification de ses véhicules, de la distribution urbaine au transport international longue distance. Le constructeur a présenté par ailleurs 2 autres véhicules électriques : l’eActros LongHaul avec une autonomie de 500 kilomètres et l’eActros (déjà présenté en 2018) avec une autonomie de plus de 200 kilomètres pour une distribution urbaine lourde qui sera produit en série en 2021.
Les deux entreprises, qui ont annoncé un partenariat il y a quelques mois autour d'un camion à hydrogène de 25 tonnes au Japon, vont lancer un modèle pour le marché américain. Il s'agit d'un camion de classe 8 selon la terminologie locale. Basé sur la plateforme du Hino XL, il intègrera une pile à combustible de Toyota. Ce poids-lourd doit être présenté dans le courant du second semestre 2021. Pour rappel, Toyota avait déjà conçu un camion à hydrogène pour la Californie en collaboration avec Kenworth.
Expédiés de Corée du Sud en juillet, les 7 premiers camions à hydrogène de Hyundai sont désormais en exploitation en Suisse après une première phase d’expérimentation de trois mois. Livrés à différents clients, dont le géant de la grande distribution Migros, ces poids-lourds sont proposés en location. L’offre est directement gérée par Hyundai Hydrogen Mobility, une joint-venture lancée en 2019 regroupant Hyundai et la startup suisse H2 Energy. 50 camions XCIENT seront mis en circulation d’ici la fin de l’année et 1600 d’ici à 2025.
La pression était trop forte. Suite à la polémique déclenchée par un investisseur, accusant le fabricant de camions zéro émission de n'être qu'une "vaste fraude complexe", le président exécutif du groupe, Trevor Milton, a choisi de se retirer. Il est remplacé à la tête du conseil d'administration par Stephen Girsky, déjà membre du CA de Nikola et ancien vice-président de General Motors. Alors que Wall Street portait aux nues la start-up, Hindenburg Research a publié le 10 septembre un rapport pointant les multiples mensonges de son fondateur et l'accusant d'avoir "induit ses partenaires en erreur (...) en prétendant faussement disposer d'importantes technologies". Nikola ne dément pas complètement une des attaques les plus spectaculaires de la société d'investissement, à savoir la mise en scène d'une vidéo montrant en 2017 un de ses prototypes en action. Selon Hinderburg, le camion a "été tracté au sommet d'une colline sur une route isolée et simplement filmé en train de descendre la pente". Nikola rétorque juste "n'avoir jamais dit que le camion fonctionnait avec son propre système de propulsion dans la vidéo" mais avoir simplement indiqué que le véhicule était "en mouvement". Pour Hindenburg, le démenti de Nikola sur ce point, comme sur d'autres, est "complètement inadéquat". Le constructeur basé à Phoenix n'a encore rien fabriqué mais a noué des partenariats stratégiques avec plusieurs groupes industriels réputés, dont le géant allemand de l'ingénierie Bosch, l'italien CNH Industrial et, tout récemment, le constructeur automobile américain General Motors. Bosch et GM ont d’ailleurs indiqué qu’ils maintenaient leurs projets de coopération respectifs avec la start-up américaine.
Le pétrolier français a décidé de s'inviter au capital de la start-up*, qui développe des piles à combustible pour les véhicules lourds. L'investissement a été réalisé via le fonds Total Carbon Neutrality Ventures. D'autres investisseurs (Ascent Hydrogen Fund, Hydrogen Capital Partners et Audacy Ventures Ltd) ont participé aussi à ce tour de table, dont le montant n'a pas été révélé. Il serait compris entre 15 et 20 millions de dollars et valoriserait Hyzon Motors à 200 millions, selon Bloomberg. Total rappelle dans un communique qu'il s'intéresse à l'hydrogène et fait partie du consortium H2 Mobility en Allemagne. Il souhaite contribuer à la décarbonation de la mobilité lourde, mais aussi à celles des secteurs de l'industrie et de l'énergie. Ces fonds se destinent aux sites de production et d'ingénierie de la start-up, qui se trouvent à Honeoye Falls (Etat de New York aux USA), Groningen (Pays-Bas) et Shanghai (Chine). Hyzon Motors affirme que sa technologie a été déployée sur 4 000 véhicules de transport dans le monde. Son objectif est de mettre à la route 5 000 camions et bus à hydrogène dans les trois ans et 40 000 par an à partir de 2025.
*Hyzon est issue de la compagnie Horizon Fuel Cell Technologies, établi à Singapour, et qui fait des piles à combustible depuis 17 ans.
La division Siemens Mobility a signé un protocole d'accord avec Siemens Energy* pour développer et proposer conjointement des solutions à base d’hydrogène pour le transport ferroviaire en Europe. Les deux partenaires prévoient une solution d'infrastructure standardisée pour alimenter les trains de Siemens Mobility avec de l’hydrogène vert obtenu par électrolyse. Dans un second temps, elle s’étendra à d'autres partenaires, avec la maintenance incluse.
*Une entreprise désormais indépendante mais dont Siemens reste l’actionnaire majoritaire
Sous le nom de code ZEUS (Zero Emission Ultimate Ship), le groupe italien de construction navale a dévoilé un prototype qui devrait prendre la mer l’année prochaine. D'une longueur de 25 mètres pour 170 tonnes, ce laboratoire flottant permettra d'expérimenter une pile à hydrogène de 130 kW. Le navire recevra une propulsion hybride, constituée de deux moteurs diesels et de deux moteurs électriques. La pile à combustible sera alimentée par 50 kg d'hydrogène contenu dans huit cylindres à hydrure métallique. Le ZEUS sera aussi équipé de batteries. Fincantieri souhaite par ailleurs utiliser des panneaux photovoltaïques, de nouveaux matériaux d’isolation et des ampoules à basse consommation afin de préserver les batteries.
Le 24 septembre, l’avion Piper M a réalisé un vol complet à Cranfield, en Angleterre. L'appareil de la start-up américaine, d'une capacité de 6 places, a accompli un roulage, un décollage, un circuit de vol et un atterrissage sans aucun souci. C'était une première pour un avion commercial fonctionnant à l’hydrogène. Le vol a eu lieu dans le cadre du programme HyFlyer, soutenu par le gouvernement britannique. La prochaine étape sera de réaliser un vol de 250 miles avant la fin de l'année. “Alors que certains avions expérimentaux ont volé en utilisant des piles à hydrogène comme source d’énergie, la taille de cet avion disponible dans le commerce montre que les passagers payants pourraient très bientôt embarquer sur un vol vraiment sans émissions“, a déclaré Val Miftakhov, PDG de la startup. Fondée en 2017 seulement, la startup américaine cherche à mettre au point des appareils volants non polluants pouvant transporter jusqu’à 20 passages sur de courtes distances. Pour ZeroAvia, la meilleure solution repose sur l’utilisation de l’hydrogène liquide qui peut se transformer en électricité et ainsi alimenter des appareils de transport. Le Premier Ministre britannique a invité ZeroAvia à rejoindre l'organisation JetZero Council.
Le motoriste allemand MTU et le DLR (Deutsches Zentrum für Luft- und Raumfahrt, centre allemand pour l'aéronautique et l'astronautique) vont expérimenter la propulsion électrique sur un Dornier 228 dont l'un des deux turbopropulseurs sera remplacé par un moteur électrique qui sera alimenté par pile à hydrogène. Les premiers essais au sol devraient se tenir au cours du deuxième trimestre de 2021, tandis que le premier vol du démonstrateur technologique est prévu pour 2026. Le motoriste fournira le système de propulsion, tandis que le DLR sera responsable de l’intégration et de la certification des systèmes. MTU considère également d'autres options. « Les autres choix possibles sont de brûler de l’hydrogène directement dans les turboréacteurs ou d’utiliser des carburants d’aviation durables (SAF) », explique Stefan Weber, SVP Technology & Engineering Advanced Programs chez MTU.
Hyundai a annoncé qu’il livrait des systèmes de piles à combustible à la société suisse GRZ Technologies et à une start-up européenne spécialisée dans les solutions énergétiques, conformément à ses efforts pour étendre ses activités dans l’hydrogène à d’autres secteurs que celui de l’automobile. Le système de pile à combustible de 95 kW actuellement utilisé dans le Hyundai Nexo à hydrogène sera utilisé par les deux entreprises pour produire des générateurs mobiles qui fournissent une alimentation de secours. L’identité de la start-up n’a pas été révélée. GRZ travaille depuis octobre 2019 avec Hyundai sur la technologie de stockage de l’hydrogène.
A la recherche de technologies permettant d'augmenter l'autonomie de ses ordinateurs portables, la firme à la pomme envisage d'utiliser un jour des piles à combustible. Elle a même déposé en ce sens un brevet, qui a été repéré par le site Apple Insider. Cette pile à hydrogène assurerait des jours, voire des semaines d'autonomie pour un appareil portatif (McBook, iPad, voire iPhone). Apple a déposé un brevet pour des piles de type PEM, mais pas que. La firme de Cupertino inclut aussi la technologie SOFC et même les piles à méthanol. La technologie est considérée comme prometteuse, d'autant qu'elle utilise une énergie renouvelable. L'aspect environnemental est souligné dans la rédaction du brevet. Mais, il reste des obstacles à franchir. Les ingénieurs doivent miniaturiser suffisamment les composants pour qu'ils soient compatibles avec le design des produits Apple et que le coût soit compétitif.
L'hydrogène s'impose partout, y compris... au Vatican ! Le Pape François vient en effet de recevoir une Toyota Mirai spécialement aménagée. Toute la partie supérieure de la berline a été découpée pour laisser place à trois fauteuils en plein air, dont un surélevé au centre. La structure tubulaire encadrant l'ensemble porte à la hauteur totale du véhicule à 2,70m. Ce qui permet ainsi au pape François de se tenir debout pour saluer la foule durant un déplacement à bord. La Papamobile à hydrogène est évidemment blanche. Elle arbore le blason et le drapeau du Vatican. Ce véhicule est un cadeau du Japon, qui a accueilli une conférence des conférences catholiques et à laquelle a participé le souverain pontife. Ce n'est pas la première fois que le Pape reçoit un véhicule électrique. Il avait déjà eu un Kangoo Z.E aménagé par le carrossier Gruau. C'est en revanche une première pour une version à l'hydrogène. Une voiture qui ne rejette que de la vapeur d'eau, c'est un miracle. Et du pain bénit pour la filière H2.
En partenariat avec JR East (East Japan Railway Company) et Hitachi, le constructeur japonais va participer aux test d'un train à hydrogène au Japon. Nom de code : HYBARI (HYdrogen-HYBrid Advanced Rail vehicle for Innovation). Toyota apporte la pile à combustible, qui a été éprouvée à bord de la Mirai et du bus Sora. Les piles (4 X 60 kW) seront combinées avec des batteries (2 x 120 Kwh), fournies par Hitachi. Ce train hybride sera élaboré sur la base de la série FV-E991. Il sera constitué d'une locomotive et d'un wagon. Toyota annonce une autonomie de 140 km en mode zéro émission et une vitesse de pointe de 100 km/h. Les tests sont prévus au printemps 2022.
