Le 13 octobre dernier, l'hydrogène s'est invité à une visioconférence organisée par l'Elysée. Le Président de la République, Emmanuel Macron la Chancelière de la République fédérale d'Allemagne, Angela Merkel, la Présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, le Commissaire européen, Thierry Breton, les Ministres de l’Economie allemand et français, Peter Altmaier et Bruno Le Maire, ainsi que des chefs d’entreprise européens, ont en effet discuté ce jour-là du développement des technologies d’avenir en Europe. En ce qui concerne l’hydrogène, la discussion s’est centrée sur la manière de soutenir la montée en puissance des technologies industrielles utilisant l’hydrogène par des mesures ciblées et un cadre réglementaire approprié. L’objectif est que les entreprises européennes jouent un rôle de premier plan en accélérant le développement de leurs solutions technologiques sur de nouveaux marchés. Dans ce but, la vidéo-conférence a notamment abordé la question d’une coopération renforcée sur le développement et la production d’électrolyseurs à grande échelle, l’utilisation de l’hydrogène afin de décarboner les sites industriels, le développement d’une chaîne de valeur européenne de technologies/matériels clés pour la mobilité lourde et le développement des infrastructures liées à l’hydrogène. De manière plus générale, les participants ont insisté sur la mise en place de mécanisme efficaces pour lutter contre les fuites de carbone et sur l’importance d’avoir une approche d’ensemble sur l’approvisionnement en énergie électrique pour la production d’hydrogène. La France et l’Allemagne sont déterminées à engager les prochaines étapes en vue d’un évènement officiel de lancement d’un PIIEC [projet important d’intérêt européen commun] sur l’hydrogène avant la fin de l’année 2020.
La RATP a débuté l'expérimentation d'un bus à hydrogène en condition réelle d’exploitation avec voyageurs sur la ligne 185. Fabriqué par Solaris, ce bus de 12m sera soumis à une batterie de tests techniques drastiques. Il sera basé au centre bus de Thiais, dans le Val-de-Marne. L’hydrogène sera fourni par la station d’Air Liquide située sur la commune des Loges-en-Josas dans les Yvelines Cette expérimentation complète celles lancées avec des bus Van Hool et Safra (7 bus au total) par Île-de-France Mobilités. Le Groupe permet ainsi à la filière hydrogène et aux constructeurs de matériels roulants de tester dans des conditions réelles d’exploitation les matériels à pile à combustible qu’ils développent. "Le groupe RATP, engagé pour le développement des villes intelligentes et durables, est fier de collaborer avec Solaris pour tester son bus hydrogène Urbino 12", commente Marie-Claude Dupuis, directrice générale adjointe, en charge de la stratégie, de l’innovation et du développement. "L’hydrogène est en effet un enjeu majeur pour les années à venir. À travers cette expérimentation, le Groupe continue à être à la pointe de la transition énergétique en testant de nouvelles énergies", conclut-elle.
C'est apparemment une première : l'opérateur de gaz R-GDS de Strasbourg a décidé d'utiliser le vélo à hydrogène de Pragma Industries pour les interventions légères de ses agents. Ce mode de déplacement écologique et à grande autonomie (plus de 100 km) permet d'accéder au centre-ville quand les camions ne sont plus autorisés à passer. Ce choix n'est pas anodin. D’ici à fin 2021, R-GDS va produire son propre hydrogène à Strasbourg. Il sera issu de la biomasse, dans le cadre d'un partenariat avec Haffner Energy (une autre première dans l’hexagone). Par ailleurs, le groupement d’entreprises de construction Zénith en Alsace a aussi choisi ce mode doux. Une initiative sans doute inédite dans le monde du BTP. Il vient de se doter de cinq vélos, acquis pour 40 000 euros, qu’il met à disposition des salariés sur ses quatre principaux sites, pour des déplacements de proximité.
Après avoir porté des projets sur les véhicules légers et les vélos, le département porte désormais le projet ETHyR CoManche pour faire émerger une mobilité poids lourds. Il s’agit de mettre en place des stations alimentées par de l’hydrogène vert, produit localement par la société Lhyfe. La start-up nantaise, qui construit actuellement son premier site de production en Vendée, prévoit une installation comparable dans la Manche pour faire de l’électrolyse de l’eau à partir d’énergie éolienne. Le projet ETHyR CoManche va en fait jouer le rôle de pivot entre régions du Grand Ouest pour développer une cohérence territoriale de l’écosystème hydrogène. Il fait ainsi partie intégrante du projet « Vallée Hydrogène Grand Ouest », rassemblant les projets locaux des régions Bretagne, Pays-de-la-Loire et Normandie. Lhyfe, acteur clé du projet local ETHyR CoManche, fait également partie des coordinateurs de ce consortium.
C'est la concrétisation d'une vision pour la Chambre de commerce et d'industrie du Var, positionnée depuis 2017 sur l'hydrogène à travers son projet Hynovar. La SAS Hynomed permet désormais de passer à la vitesse supérieure et de développer la filière hydrogène dans le département. Les actionnaires sont Engie Solutions (qui détient 51 % du capital de l'ensemble), ainsi que la CCI du Var et la Banque des Territoires (à hauteur de 24,5 % chacune). Hynomed dispose de 7,5 millions d'euros de budget, issus en grande partie de l'Ademe, dont 2,2 millions pour la future navette maritime du port de Toulon. D’une capacité de 250 passagers, cette navette est commandée par les Bateliers de la Côte d’Azur et conçue par la startup régionale Hyseas. Le site portuaire de Brégaillon va accueillir d'ici la fin de l'année 2022 une station de distribution, qui permettra de ravitailler la navette, ainsi que les bus à hydrogène de la métropole Toulon Provence Méditerranée et des véhicules utilitaires légers. Côté terrestre, une première station avait déjà été installée sur le circuit du Castellet en 2018. Elle sera agrandie. "Je veux que le Var prenne une place de leader méritée, parce que nous sommes des précurseurs en matière d'hydrogène vert !", s'exclame Jacques Bianchi, Président de la CCI du Var. "Je veux aussi que notre CCI métropolitaine soit la locomotive régionale sur cette filière, en synergie avec nos confrères et voisins, en synergie avec nos projets européens. Puisse l'hydrogène vert, produit localement, donner au Var et à notre région l'énergie de la croissance et de l'emploi, l'énergie de la compétitivité, l'énergie de l'attractivité !", a-t-il conclu.
La start-up basée à Cannes ouvre un bureau technique dans la cité portuaire. Elle mise sur l’émergence d’une filière portée "par une dynamique régionale". "Le passé industriel de Saint-Nazaire n’est plus à prouver, explique son fondateur, Arnaud Vasquez, sur le site de l'agence Nantes Saint-Nazaire Développement. Et de poursuivre : "c'est quand même l’épicentre de la construction navale en France en termes de capacités, de tonnage, et d’écosystème industrie. Il y a ici une vraie vision dynamique du territoire qui nous a séduite". En termes de partenariats, HySeas collabore avec le réseau d’entreprises industrielles Néopolia de Saint-Nazaire sur différents projets. HySeas cherche à recruter rapidement des ingénieurs ainsi que des chefs de projet. La start-up rappelle qu'elle a été le seul lauréat maritime de l’appel à projets « Mobilité hydrogène » lancé par Nicolas Hulot. Parmi ses activités, elle met en place la certification des systèmes pour les navires commerciaux. L'un des premiers développements concerne une navette fluviale à hydrogène capable de transporter 200 personnes. Elle sera mise en fonctionnement dès 2022 dans la baie de Toulon (projet Hynovar). Et ce n’est que le début d’une série de projets engagés en France et à l’étranger dans le domaine de la pile à combustible pour le transport maritime.
EODev a scellé un accord avec Eneria pour la distribution et la maintenance de son générateur à hydrogène GEH2 et de son prolongateur d'autonomie REXH2. Cet accord fait suite à la signature début septembre d'un accord portant sur l'industrialisation du groupe électrogène mis au point par Energie Observer Development. Précisons au passage que le GEH2 est en exploitation opérationnelle depuis six semaines sur le site d'Eneria à Montlhéry (91). Le GEH2 et le REXH2 vont désormais être commercialisés conjointement par EODev et Eneria. La société proposera les produits en France métropolitaine, Belgique, Luxembourg, Pologne, Roumanie et Algérie. La maintenance se fera exclusivement par Eneria, en collaboration avec les ingénieurs d'EODev, qui assureront en parallèle la formation à la fois des équipes de distributeur et des clients finaux.
Alors que le plan de relance aéronautique fixe la date de 2035 pour un avion zéro émission, une PME de Belfort veut relever le défi dès 2024, écrit le site Le Trois. Avions Mauboussin travaille en effet sur un appareil - l’Alerion M1H - qui décolle et atterrit en 100 mètres, sans bruit et sans pollution. Ce projet est poussé par David Gallezot, un ingénieur sorti de Polytechnique et SUPAERO. Il a parmi ses clients Airbus, avec qui il a travaillé sur le projet e-fan. "Nous avons regardé quelle était la meilleure technologie de l’hydrogène sur nos petits avions", explique David Gallezot. Deux options se présentaient : la technologie de la turbine, qui consiste à brûler de l’hydrogène liquide. Ou, la technologie de la pile à combustible qui consiste à transformer l’hydrogène stockée sous forme de gaz en électricité (c’est le système utilisé actuellement dans les véhicules poids lourds ou le système envisagé pour les immeubles de Territoire habitat). Le choix privilégié aujourd’hui par Avions Mauboussin est celui de la turbine, car le système "est trois fois plus léger qu’une pile à combustible".
GRDF lance un appel à projets pour développer un démonstrateur de power-to-gas raccordé au réseau de distribution de gaz. L’objectif est de tester l’injection dans le réseau de méthane de synthèse issu d’hydrogène produit par électrolyse et de CO2 issu d’une installation de production de biométhane. GRDF compte mobiliser 2 M€ pour cette expérimentation. La date limite de candidature est fixée au 4 janvier prochain, le lauréat sera sélectionné au plus tard le 31 mars 2021.
La centrale à charbon Emile Huchet à Saint-Avold (Moselle), qui doit fermer au printemps 2023, va être reconvertie en site de stockage d'hydrogène. Un accord en ce sens a été signé entre GazelEnergie (filiale du groupe tchèque EPH) et Storengy (filiale du groupe Engie). Le projet sera mené sous le nom Emil’Hy (pour Émile et Hydrogène). Une unité de 5MW sera mise en place afin de produire un hydrogène décarboné, à partir d’eau et d’électricité renouvelable. L’investissement, estimé à 30 millions d’euros, permettra d’alimenter les besoins du parc d’autocars de la communauté de communes de Saint-Avold synergie (Casas). L’objectif est d’atteindre en 2025 une capacité d'électrolyse de 100 MW en fonction des besoins locaux et régionaux. Les salariés concernés par la fermeture du charbon pourront être intégrés dans le projet. Le projet est intégré au Pacte de territoire signé avec l’État, inscrit au programme de France Relance. Emil’Hy concerne le Warndt Naborien, zone qui regroupe quatre collectivités (com’com de Faulquemont, Saint-Avold, Creutzwald et Freyming-Merlebach).
La PME de à Biarritz vient de décrocher un contrat d’un million d’euros au Japon pour livrer plusieurs centaines de groupes électrogènes de secours. Leur particularité est de fonctionner avec de l’hydrogène en poudre. Le produit a été développé avec l’aide d’Apollon Solar, une entreprise de Saint-Priest (Rhône) près de Lyon, qui fournit le combustible. Une fois mélangés à un liquide (eau, urine…), ses sachets de 50 grammes de poudre libèrent de l’hydrogène, utilisable dans une pile à combustible, pour produire de l’électricité pendant une heure. Bien adapté aux situations de crise, ce produit se destine à un usage professionnel. A noter que le Trekhy, c’est son nom, avait été présenté à Tokyo en mars dernier, lors du salon Fuel Cell Expo.
Crise du Covid oblige, les Assises Européennes de la Transition Energétique de Dunkerque auront lieu dans un format 100 % digital et gratuit. Du 12 au 14 janvier 2021, les interventions seront retransmises en ligne. Pendant 3 jours, de nombreux grands témoins - élus locaux, représentants des pouvoirs publics, des mondes économiques, académiques et de la société civile, se succéderont et interviendront en direct, autour de plénières thématiques « grand format », pour une immersion complète dans l’actualité de la transition énergétique. Des chats et sondages permettront aux participants d’interagir avec les intervenants en simultané. A noter que les sessions « networking » et « ateliers », particulièrement appréciés des congressistes lors de l’événement, seront également digitalisées, avec une programmation échelonnée sur 2 mois, à compter de janvier. Les Assises abordent largement l'hydrogène dans leur programme chaque année. L'événement est également l'occasion de décerner des prix (les Hydrogénies) pour récompenser des acteurs qui font bouger la filière H2.
Au regard de la situation sanitaire, le Forum Hydrogen Business For Climate qui devait se tenir les 13 et 14 janvier 2021 à l’Atria de Belfort devient un événement digital : Hydrogen Business For Climate CONNECT. Il y aura deux tables rondes sous la forme de plateau TV, qui aborderont deux grands thèmes : les écosystèmes publics et privés structurants et la coopération franco-allemande, avec les témoignages des acteurs clés de la filière aux niveaux national, européen et international. Des rendez-vous B2B entre les participants, seront préorganisés et préprogrammés le 13 janvier après-midi, avec le soutien de la CCI et du Réseau EEN (Enterprise Europe Network). D’ici la tenue de l’événement en présentiel, les 29 et 30 septembre 2021, Hydrogen Business For Climate CONNECT proposera des rendez-vous mensuels à partir du mois de février. Le Forum Hydrogen Business For Climate est un événement d’envergure transnationale organisé par le Pôle Véhicule du Futur, en lien avec ses partenaires, l’Agence Economique Régionale de la Région Bourgogne Franche-Comté, l’ADN FC, la CCI et le FC Lab, et avec le soutien de l’Etat, de la Région Bourgogne-Franche-Comté et de la Ville et l’agglomération de Belfort.
L'actualité est de plus en plus riche dans l'hydrogène. Ce n'est donc pas un luxe que d'avoir un nouveau média d'information dans ce domaine. Rougeot Energie, filiale du groupe Rougeot et impliquée dans les projets H2 de la région Bourgogne Franche-Comté a souhaité lancer un nouveau canal. H2H24 est à la fois un blog, mais aussi une webTV. Cette dernière proposera régulièrement des émissions réalisées sur le plateau TV d'Erolf Productions.
