Le fabricant canadien a dévoilé récemment son module FCmove-HD+, une pile à combustible plus performante pour les camions et les bus. Avec une expérience unique de 100 millions de km, parcourus à bord de 3 500 véhicules lourds, Ballard est l'acteur du marché qui a le plus de retours du terrain. C'est fort de cette expertise qu'il a conçu une nouvelle pile avec une puissance de sortie de 100 kW. Elle est plus petite (taille réduite de 30 à 40 %), plus légère, plus efficace et moins chère que les générations précédentes. Le fabricant annonce 50 % de composants en moins. Grâce à son format compact, le nouveau système peut s'intégrer encore plus facilement dans le compartiment moteur ou au niveau du toit, ce qui permet de l'installer à bord de camions et de bus. Autre atout : une amélioration de 40 % du coût total sur le cycle de vie, tout en maintenant des performances d'exploitation de pointe, une efficacité élevée et une large plage de fonctionnement. Les premiers véhicules propulsés par le module de 100 kW FCmove-HD+ sont attendus en 2022, notamment dans les camions à pile à combustible récemment annoncés avec Hexagon Purus et Quantron.
En Norvège, les taxis passent à l’hydrogène. Implanté depuis peu à Oslo, l’opérateur danois Viggo vient de mettre en service ces trois premiers taxis à pile à combustible, des Toyota Mirai. Il indique vouloir déployer 100 taxis à batteries et à hydrogène dans les rues de la capitale norvégienne d’ici l’été prochain. Un déploiement qui fait également écho à la volonté de la municipalité d’Oslo de convertir au « zéro émission » l’intégralité des taxis d’ici 2024. Alors que la région d’Oslo ne compte aujourd’hui que deux stations hydrogène opérationnelles, l’entreprise danoise s’est associée à Hynion, un spécialiste des solutions d’avitaillement, pour étendre ce maillage dans les mois et années à venir.
Expérience étonnante en Allemagne, où l’institut DLR a eu l’idée d’équiper des voitures à hydrogène d’une connexion électrique externe et d’un échangeur de chaleur. Ces équipements ont ensuite été connectés à un banc d'essai qui simule les consommations électriques et en chauffage du bâtiment de ce même institut. Selon les calculs du DLR, une voiture H2 peut générer environ 100 kWh d'électricité, ce qui correspond à peu près à la consommation mensuelle moyenne d'une personne. La chaleur résiduelle générée par les piles à combustible, avec une puissance thermique et électrique actuelle de 20 kW, permettrait de chauffer une maison moderne.
Le fabricant de piles et d'électrolyseurs annonce l’installation d’un siège européen dans la région de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, en Allemagne. L'annonce a été faite lors d'une réunion entre Andy Marsh, PDG de Plug Power, et Andreas Pinkwart, ministre de l’Économie du Land, à Washington. Le site de 6 500 mètres carrés abritera un centre d'innovation avec des laboratoires d'ingénierie, un centre de surveillance, de diagnostic et de support technique, un générateur d'hydrogène vert avec une infrastructure d'électrolyseur sur site, un centre d'expédition, d’expérimentation et de logistique, et un espace de formation. Plug Power est présent en Europe depuis plus de 10 ans. Il a constitué une joint-venture avec le Groupe Renault baptisée HYVIA. L'entreprise a aussi installé plusieurs électrolyseurs de technologie PEM en Allemagne, en France, aux Pays-Bas et au Portugal. L’ouverture d’un siège européen s'inscrit dans la stratégie globale de Plug Power visant à développer rapidement ses effectifs face à l'augmentation de la demande de solutions énergétiques propres. Plug Power prévoit de produire plus de 500 tonnes d'hydrogène vert par jour d'ici 2025.
Plug Power et SK E&S, branche du sud-coréen SK Group, annoncent la création d’une co-entreprise dans le but d’accélérer l’utilisation de l’hydrogène sur les marchés asiatiques. A travers cette structure, les deux groupes entendent fournir des piles à combustible, des stations de recharge en hydrogène, des électrolyseurs et de l’hydrogène vert, notamment en Corée mais aussi dans d'autres pays de la région. Les deux entreprises ont commencé à travailler ensemble au début de l’année, quand SK Group a réalisé un investissement de 1,6 milliard de dollars dans le capital de Plug Power et a annoncé un partenariat stratégique pour accélérer le développement de l’économie de l’hydrogène à travers l’Asie. La co-entreprise prévoit de construire une Gigafactory dans une métropole clé de Corée du Sud à l'horizon 2024, de façon à produire massivement des piles à combustible et des systèmes d’électrolyseurs. A terme, la société entend distribuer de l’hydrogène liquide, produit par SK E&S, dans près de 100 stations de recharge en hydrogène en Corée du Sud. SK E&S et Plug Power détiendront respectivement 51 % et 49 % de la co-entreprise. Les deux entreprises détiendront un nombre égal de sièges au Conseil d’administration et toute décision significative devra être prise à l’unanimité.
En Californie, le seuil des 100 stations d’avitaillement en hydrogène devrait être dépassé d’ici fin 2023, c’est ce que souligne le rapport annuel de l’autorité de régulation de la qualité de l’air (California Air Resources Board - CARB). L’objectif sera atteint avec un an d’avance sur les prévisions. La croissance du réseau devrait rester soutenue jusqu’en 2026, avec 176 stations.
Un an après avoir été la première équipe à annoncer qu’elle participerait au Dakar avec un véhicule à hydrogène, GCK Motorsport publie les premières photos de son futur véhicule. Il aura pour nom l’e-Blast H2 2024 (la date prévue de participation au rallye-raid). En faisant le choix de publier ces images, l'écurie réaffirme son positionnement comme acteur majeur, non seulement de l’intégration de l’hydrogène en sport automobile, mais également du rallye-raid de demain. Le bureau d’étude et les équipes techniques de Green Corp Konnection (GCK), maison mère de GCK Motorsport, œuvrent depuis plusieurs mois avec 21 experts de FEV, un leader mondial de l’ingénierie. Tous ensemble, ils développent ce buggy à hydrogène dont la pile à combustible vient de chez EKPO (Elringklinger et Plastic Omnium). L'équipementier inaugurera sa pile NM12 Twin, d’une puissance record de plus de 200 kW, spécialement conçue pour les applications les plus exigeantes. Les photos laissent deviner un châssis customisé inédit, combinant courbes lisses et lignes droites agressives et formant un ensemble imposant pouvant accueillir la pile à combustible GCK et les réservoirs d’hydrogène. A la couleur orange de GCK Motorsport s'ajoute le bleu faisant écho à l’hydrogène. On note par ailleurs que l’e-Blast H2 porte le numéro 36 du pilote français et Président de GCK, Guerlain Chicherit.
Spécialiste du moteur automobile de compétition, la société Pipo Moteurs veut participer au Dakar à l'horizon 2023 avec un moteur thermique à l'hydrogène. Son dirigeant, Fred Barozier, estime en effet que c'est la voie d'avenir pour le sport auto, plutôt que la pile à combustible. "Le moteur hydrogène, c’est la troisième génération de moteur après l’essence et le diesel au siècle dernier. Les pièces habituelles sont présentes mais tout est différent : la taille des turbos, la géométrie de cames, les rapports volumétriques", indique-t-il. M. Barozier avait exposé sa vision lors du Symposium Hydrogène du Mans le mois dernier. Actuellement, Pipo Moteurs n’a signé officiellement aucun partenariat avec un constructeur. Mais, son approche pourrait intéresser des écuries. Le motoriste, qui s’est distingué cette année par son travail auprès de la Scuderia Cameron Glickenhaus, en Hypercar aux 24 Heures du Mans (3e au général), souhaite valoriser son expertise en rallye-raid. Et cette alternative pourrait faire sensation face aux acteurs qui participer avec un buggy H2 équipé d'une pile comme GCK ou encore Mike Horn avec Cyril Desprès.
La société américaine LiquidPiston, qui développe des moteurs multi-énergies (essence, Diesel, propane, kérosène...), et en particulier des moteurs rotatifs, a dévoilé un moteur hybride alimenté à l'hydrogène pour une application sur un kart. La firme a adapté son moteur de base pour les karts (X-Engine), en ajoutant une batterie pour récupérer l'énergie au freinage. Il se trouve que le fonctionnement très particulier du moteur rotatif* se montre compatible avec la combustion plus rapide de l'hydrogène. Son gros rotor au centre absorbe également mieux l'énergie ainsi libérée. A l'heure où l'on parle de plus en plus de l'hydrogène comme un carburant dans le moteur thermique, cette réalisation permet d'imaginer des applications en piste. Et on conserve en outre le bruit de tondeuse. Selon le PDG de LiquidPiston, Alec Shkolnik, l'hydrogène peut être conçu sans CO2 grâce aux énergies renouvelables. Et il pense que ce moteur X hybride alimenté par hydrogène pourrait avoir des débouchés dans plusieurs secteurs, de l'aéronautique à l'automobile. Sinon, l'idée d'un kart à hydrogène n'est pas une nouveauté en soi. En 2008, l'Université Technologique de Delft aux Pays-Bas a conçu un kart H2, utilisé lors d’une course pour étudiants à Rotterdam.
*Mazda a déjà exploré cette piste avec une RX8 à hydrogène il y a plusieurs années.
L’entreprise française, spécialisée dans l’hydrogène vert, va donner naissance à la première plateforme dédiée à la production d’hydrogène renouvelable en mer du Nord. Elle a signé un contrat avec Aquaterra Energy, un fournisseur de solutions d’ingénierie offshore, et Borr Drilling, une entreprise norvégienne de forage pétrolier. En déployant un système unique d’électrolyse sur une plate-forme convertie, ce projet prévoit d’utiliser les vents de pleine mer pour alimenter les éoliennes et produire ainsi un hydrogène à base d’énergie renouvelable. Il permettra notamment d’alimenter les infrastructures off-shore.
Comme chaque année, l'Agence internationale de l'énergie (AIE) a sorti son rapport sur l'hydrogène. "Les gouvernements doivent agir plus vite et de manière plus déterminée", résume ce document. Si en 2019, seuls la France, le Japon et la Corée du Sud avaient un plan hydrogène, 17 États ont publié une stratégie, et plus de 20 y travaillent indique l'agence. Des projets pilotes sont par ailleurs en cours pour décarboner la production dans l'acier ou la chimie. "Dans le passé, l'hydrogène bas carbone a donné lieu à des faux départs. Cette fois, nous voyons de réjouissants progrès", souligne le directeur de l'AIE, Fatih Birol. Toutefois, "les gouvernements doivent agir rapidement pour abaisser les barrières qui brident sa croissance, essentielle si le monde veut garder une chance d'atteindre la neutralité carbone en 2050", peut-on lire dans le rapport. Selon l'AIE, "le principal obstacle" reste le coût de production. Pour rendre l'hydrogène vert compétitif, il faudra des mesures et financements pour compenser l'écart de prix avec l'hydrogène d'origine fossile (deux à sept fois moins cher). Les capacités en électrolyseurs, qui permettent de tirer l'hydrogène de l'eau via l'électricité, ont doublé depuis 5 ans, avec près de 400 projets en développement. Cela permettrait de produire 8 millions tonnes d'hydrogène d'ici 2030, loin encore des 80 millions prévus par l'AIE dans son scénario de neutralité carbone. Les pays dotés d'une stratégie ont prévu 37 milliards de dollars d'investissements et le secteur privé a annoncé 300 milliards de plus. Mais pour la neutralité climatique en milieu de siècle, il faudrait 1 200 milliards d'ici 2030, a calculé l'Agence.
