Tout comme la filière hydrogène, en plein essor, ce rendez-vous a profité de sa troisième édition pour passer à l’échelle. La cuvée 2020 a reflété le dynamisme du marché avec le plein d’exposants et un programme riche en conférences.
Pendant deux jours, les 4 et 5 février derniers, Hyvolution a donc accueilli 2 161 visiteurs professionnels (2,5 fois plus qu’en 2018) dont 15 % provenant de l’international (avec notamment des délégations provenant de l’Angleterre et du Québec). Le salon a par ailleurs accueilli 120 exposants et marques contre 60 en 2018. On pouvait retrouver sur place toute la chaîne de valeur avec les acteurs de la recherche, de l’industrie (Faurecia, Plastic Omnium, Toyota), et de l’énergie (ENGIE, Total), mais aussi les collectivités qui sont de plus en plus des donneurs d’ordre. Etaient notamment présentes les régions Normandie, Bourgogne Franche Comté, Occitanie, Grand Est, AURA et le Grand Sud. Dédié aux échanges et orienté « business », le salon a permis de réaliser 490 rendez-vous d’affaires.
C’était aussi l’occasion de s’informer sur les dernières tendances à travers 25 conférences orientées marché, en accès libre sur le Studio TVH2. Le plateau TV était coorganisé avec l’AFHYPAC, l’ADEME et Hydrogen Europe. Si le bruit ambiant rendait parfois difficile l’écoute de ces conférences, les 10 h de programme en français et en anglais sont disponibles en replay sur youtube. Les sujets traités portaient notamment sur les bus, les camions et le train à hydrogène dans le domaine de la mobilité. Il a aussi été question de la stratégie des ports, de power-to-gas et du potentiel de l’hydrogène fatal dans l’industrie.
L’événement a été aussi l’occasion pour l’AFHYPAC (co-organisateur du salon avec GL Events) de plaider en faveur d’un voire de plusieurs Airbus de l’hydrogène. « Notre action va être de fédérer les acteurs et de regrouper les usages de façon à faire baisser les coûts, avoir des sortes de consortiums d’utilisateurs ce qui contribuera à rassurer ceux qui financeront les projets » a ainsi déclaré Philippe Boucly, son Président. « L’enjeu est désormais industriel. Il faut que l’on ait cette maitrise de la production afin de ne pas être obligés d’amener des composants d’autres pays », a-t-il expliqué. Une allusion à la voiture électrique à batterie, dont les composants critiques viennent d’Asie. « On va faire plusieurs airbus de l’hydrogène. Mon rêve serait qu’il y ait un grand constructeur de bus à hydrogène en France, un grand constructeur de piles – il y a Symbio mais il pourrait y avoir d’autres – et un grand constructeur d’électrolyseur », a souligné Philippe Boucly.
Sur les stands, une animation a fait le buzz. L'AFHYPAC avait affiché un schéma géant qui représente la chaîne industrielle de 'hydrogène en France. Une chaîne de valeur qui faisait apparaître l'installation de production d'hydrogène (hydrocarbures, biomasse, électrolyseur), le stockage (gazeux, liquide) et le transport, l'exploitation de stations (compression, sécurité, tuyauterie), la pile à combustible pour véhicule léger (contrôle, chaîne de traction) ou pour usage stationnaire. Les sociétés membres de l'AFYPAC ou qui visitaient le salon ont été invitées à agrafer leur carte de visite et à se positionner sur cette cartographie. Un vrai succès si l'on en juge par le nombre de cartes récoltées (plus de 200) et les photos prises sur le stand. « L’intérêt d’HyVolution est justement de pouvoir mettre autour d’une même table ces acteurs aux profils différents, du plus petit équipementier jusqu’au géant de l’énergie. Le salon permet de cartographier l’ensemble de ces acteurs », souligne François Le Naour (CEA), l’un des vice-présidents de l’association. A noter que la région Normandie avait pour sa part déployé sur son stand un écran interactif permettant de visualiser tous les projets en cours de déploiement.
L’animation était permanente avec des ateliers. Parmi les présentations, on peut notamment relever celle de l’Ecosse, qui accueillera la COP26 à Glasgow (du 9 au 19 novembre) et qui a de grandes ambitions dans l’hydrogène. L’organisation d’une dégustation de whiskies en fin de session a permis ensuite de fluidifier les échanges.
L’événement se déroulait aussi en extérieur. Les visiteurs pouvaient faire l’essai de la Toyota Mirai, ou encore découvrir l’utilitaire à hydrogène de la société Ulemco (d’origine britannique et qui propose de convertir des véhicules thermiques en modèles zéro émission). Mais, le clou de la manifestation était présence la remorque frigorifique à hydrogène de Chereau, développée dans le cadre du projet ROAD. Elle était floquée aux couleurs du transporteur Delanchy, qui la tracte avec un camion de Renault Trucks. Le message est cohérent, car ce transporteur est partenaire d’Energy Observer, le catamaran à hydrogène qui fait le tour du monde. Et justement, le carrossier Chereau a décidé lui aussi de s’associer à ce défi technique et écologique. L’entreprise normande a d’ailleurs convié les médias sur Hyvolution pour faire cette annonce – en présence de Victorien Erussard, le capitaine d’Energy Observer – et révéler quelle suite allait être donnée à sa remorque H2, qui se recharge en 10 mn et permet de réfrigérer sans aucune émission de CO2. Une dizaine de remorques de présérie seront assemblées d'ici 2022 sous le nom "Hydrogen Power". La brique hydrogène a été réalisée avec l'aide du FCLAB à Belfort et de la start-up H2SYS, qui a d'ailleurs été retenue comme partenaire technique. Pour le carrossier, l'hydrogène n'est "pas une niche, mais une révolution" et elle se félicite de figurer parmi "les pionniers".
L’édition 2020 a par ailleurs accueilli 4 temps forts : l’Info-Day du FCH-JU pour le lancement des appels à projets 2020 qui a accueilli plus de 120 participants ; la troisième session plénière du Hydrogen Valleys Partnership qui a rassemblé une centaine de participants issus 30 délégations régionales européennes ; la réunion plénière annuelle du Club « Power to Gas » de l’ATEE (Association Technique Energie Environnement) ; la réunion d’une délégation de députés issus du groupe d’étude Hydrogène à l’Assemblée nationale que préside Michel Delpon. Le salon a également accueilli quelques personnalités dont Arnaud Leroy, Président de l’ADEME, Alice Vieillefosse, directrice de cabinet à la DGEC et Helmut Morsi, conseiller à la direction générale Move de la Commission Européenne.
Ayant changé de dimension, Hyvolution aura lieu dorénavant tous les ans. La prochaine édition est d’ores et déjà annoncée pour les 10 et 11 février 2021 au Parc Floral de Paris.
